La vie devant moi

mardi, octobre 10, 2006

La vie devant moi - Vol. 3 - numéro 5

Thème du mois: la séduction

Pensées du mois

Vous savez ce qu'est le charme: une manière de s'entendre répondre «oui» sans avoir posé une question claire.
(Albert Camus)

Le
romantisme, c'est la libéralisation des dragues douces...
(Patrick Sébastien)

Aucune chance de les séduire en leur disant: «Vous n'êtes pas mal». Il faut aller au moins jusqu'à: «Vous êtes unique au monde», minimum qu'elles tolèrent.

(Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline)

Il la fit boire, il pensait la séduire. Elle le fit attendre et il n'y eut jamais entre eux le moindre commencement d'ivresse.
(Jacques Chancel)

Croyez-moi, quelque amour qui semble vous charmer :
- On n'aime
point, Seigneur, si l'on ne veut aimer
.
(Jean Racine)

Pour se
plaire il faut se ressembler beaucoup afin de s'entendre, et différer un peu afin d'avoir à se comprendre.
(Diane de Beausacq)

Si vous
voulez plaire aux femmes, dites-leur ce que vous ne voudriez pas qu'on dit à la vôtre.
(Jules Renard)

Saviez-vous que...?
Par Isabelle ricard
(Sources : Julie Pelletier, sexologue; Marc-André Juneau, M.A. sexologue clinicien et psychothérapeute; servicevie.com, psychologies.com)

  • Il est prouvé que les hommes qui participent davantage dans la maison et dans la gestion des tâches sont davantage actifs sexuellement avec leur partenaire.
  • Séduire une personne est un travail de longue haleine. Donc, toutes les situations sont bonnes pour séduire. Cela est particulièrement vrai au travail où les occasions de se croiser, de se rencontrer et de s'apprécier sont statistiquement plus élevées que lors d'une soirée dans un bar.

  • La première étape pour séduire une personne est d’attirer son attention. Une fois que cela est fait, il faut passer à l'action. Une manière de vérifier si vous avez des chances est de tenter de croiser le regard de votre partenaire potentiel. Si celui-ci s'attarde sur vous, c'est bon signe. S'il détourne les yeux, vous perdez votre temps.

  • Deuxièmement, il faut constater les résultats. Vous avez séduit votre flamme quand elle répond à vos gestes. Vous buvez, elle boit. Vous lui saisissez la main, elle la serre. Vous l'invitez à sortir, elle accepte. Voilà des signes qui démontrent que vous savez comment séduire.

  • Pour plaire aux femmes : inutile de faire valoir un physique avantageux ou de tenter de les flatter. Pour leur plaire, les hommes doivent surtout les écouter (pour 37 % des femmes), les faire rire (30 %) et les surprendre (21 %).

  • Seules 6 % indiquent qu'un homme doit d'abord les attirer physiquement et 4 % leur faire des compliments.

  • Voici les défauts qui repoussent le plus les femmes. Pour le quart des femmes (24 %), c'est l'égoïsme qui est rédhibitoire, mais le machisme vient juste après (17 %), suivi par trois défauts jugés inacceptables par une proportion similaire de femmes : la mauvaise foi (13 %), la paresse (13 %) et l'avarice (12 %).

  • Les femmes de moins de 35 ans sont particulièrement hostiles à l'attitude machiste : un quart d'entre elles (24 %) jugent que c'est le défaut le moins acceptable, quasiment à égalité avec l'égoïsme (26 %), tandis que les femmes de plus de 35 ans sont 13 % seulement à juger que le machisme est le défaut le moins acceptable, ces dernières étant plus choquées par des hommes paresseux (16 %) ou de mauvaise foi (15 %).

  • La figure de l'homme macho mais terriblement séduisant à la Marlon Brando, si elle peut encore attirer les femmes de plus de 35 ans, n'est plus de mise auprès des femmes plus jeunes…

Les résultats de notre sondage maison

Voici les résultats de notre enquête à laquelle ont participé 45 répondants (dont 36% d'hommes).

Les hommes: ce qui vous horripile et ce qui vous fait craquer

Voici les caractéristiques les plus repoussantes chez les hommes. Dans l'ordre:

1) la vulgarité et l'arrogance (ex-aequo) (15 %)

2) l'égoïsme et la malhonnêteté (ex-aequo) (8%)

3) la jalousie et le besoin de contrôler l'autre (ex-aequo) (5%)

4) l'avarisme (4%)

Vous avez aussi nommé: l'attitude de "p'tit Joe connaissant", la pédanterie, les traîneries, la rigidité dans l’éducation des enfants, la dépendance au jeu, la paresse, le matérialisme, la violence, le machisme, la superficialité, l'irrespect, la dépendance, l'impolitesse et la stupidité.

Voici maintenant les caractéristiques que vous avez jugées les plus attirantes chez les hommes. Dans l'ordre:

1) le sens de l'humour (20%)

2) une bonne manière de s'exprimer (10%)

3) la générosité, l'intelligence et l'honnêteté (4%) (ex-aequo)

Vous avez aussi nommé: la bonté, l'amabilité, la grandeur, le sourire, le fait d'être sportif, la simplicité, le respect, la culture, l'ouverture d'esprit, l'esprit d'initiative, l'empathie, la tendresse, la rationnalité, le comportement protecteur, la bonne humeur, l'authenticité, la politesse, les petites attentions pour l'autre, une mignonne gaucherie et l'optimisme.

Les femmes: ce qui vous agace au plus haut point et ce qui vous charme

Voici les caractéristiques les plus repoussantes chez les femmes. Dans l'ordre:

1) le caractère contrôlant (25%)

2) la grossièreté ou la vulgarité (25%)

3) la malhonnêteté ou l'hypocrisie (20%)

Vous avez aussi nommé: l'insouciance, la superficialité, l'arrogance, l'imbécilité, la lâcheté, la méchanceté, la jalousie, la dépendance, la curiosité excessive, le fait de rêver encore au prince charmant et le "poupounage".

Voici maintenant les caractéristiques que vous avez jugées les plus attirantes chez les femmes. Dans l'ordre:

1) la vivacité d'esprit (25%)

2) le sourire, la bonne humeur, le sens de l'humour (25%)

3) la féminité, la sensualité et la grâce (25%)

Vous avez aussi nommé: la beauté du corps féminin, l'indépendance, l'ambition, la douceur, la patience, le fait d'être affectueuse, la curiosité, le sens du partage, l'honnêteté, un féminisme qui s'affirme (mais non enragé!) et la gentillesse.

Merci à tous les participants!


Marinez-vous chez vos harengs?
Par Caroline St-Jean

Je n’avais vraiment pas envie de pérorer sur la drague et la séduction, je n’y connais rien, je n’y comprends rien. Alors, je vous propose une histoire de séduction…


Marinez-vous chez vos harengs?

Mon chum m’a crissée là, j’avais vu venir le coup, mais je n’avais pas le courage, de rompre. C’est fou comme on se sent confortable dans nos vieilles pantoufles. Je suis un peu triste, je vais devoir réapprendre à vivre seule, m’habituer à sortir les poubelles…Je vais recommencer à manger devant les nouvelles, parce que je préfère de beaucoup m’informer en regardant la face de Pascale Nadeau que de broyer du noir assise seule à table, constatant avec effroi que je bouffe encore des spaghettis.

Mon chum m’a crissée là, je vais devoir retourner sur le marché de la cruise. Ça c’est déprimant! Où aller à quarante ans passés? Aller s’asseoir seule au restaurant? Qui osera m’y aborder, surtout que lorsque je suis seule au restaurant, j’ai toujours le nez plongé dans un livre. Au supermarché? Les hommes qui font eux-mêmes leur épicerie sont souvent des hommes roses accompagnés de leurs marmots. Ouash, très peu pour moi. Au cinéma? Ben voyons donc, tout le monde a le regard fixé sur l’écran, sauf les jeunes hommes qui se noient dans le décolleté de leur blonde…Tiens, j’ai trouvé, je vais m’inscrire à un cours de mycologie. Ah! non! chanceuse comme je le suis, si j’y rencontre l’homme de ma vie, je suis certaine qu’au premier souper, je vais l’empoisonner avec une omelette aux champignons, parce que j’aurai confondu la chanterelle avec un de ses petits frères hallucinogènes, patogènes…gênant quoi! Allons-y pour la classique des classiques, la drague dans un bar.

Je décide de jouer le grand jeu, je prends un bain, je me parfume, je me coiffe, j’enfile un pantalon noir bien ajusté, un body noir au corsage en dentelle tout ce qu’il y a de plus émoustillant, puis un chemisier en fin crêpe de soie rouge. En fait, il ne me manque qu’une fleur dans les cheveux pour avoir l’air de Carmen…L’amour est enfant de bohème…Le look provoquant, ça marche à tout coup. Mon père a toujours dit que les hommes auraient besoin de vivre avec trois femmes pour être heureux, une mère, qui les materne et porte leurs beaux enfants ; une intellectuelle avec qui discuter de sujets brûlant d’actualité - les grands enjeux politiques, les hauts et les bas du Canadien - et une pute pour satisfaire leurs phantasmes sans avoir l’impression de trahir qui que ce soit. Pauvre papa, il n’a jamais compris que la plupart des femmes peuvent être tout cela à la fois!

Qu’à cela ne tienne, ce soir j’oublie la femme trois dans une. Ce soir, je vais jouer le grand jeu. Je ne vais sans doute pas rencontrer l’homme de ma vie, mais au moins, je vais sans aucun doute mettre la main au collet de l’homme de ma nuit et ce sera amplement suffisant. À force de toujours dormir avec le même homme, du même côté du lit, en cuiller, on finit par avoir la libido à off…et la tendresse automatisée. Petit baiser avant de fermer les lumières, quelques câlins pas trop suggestifs, on est fatigués, puis dodo douillet les jambes entrecroisées.

22 h, j’entre au café Martini, c’est assez tranquille, il n’y a que quelques tables d’occupées, visiblement les gens qui sont déjà là prolongent leur cinq à sept, parce qu’ils me semblent plutôt amochés. Je choisis de m’asseoir au bar. Le serveur s’approche de moi et, tout en continuant d’essuyer des verres, il me sourit et me demande : «qu’est-ce que je vous serre?» Il a dit vous. Wow! Il est bien élevé, c’est de plus en plus rare de nos jours. Peut-être aussi essaie-t-il de garder ses distances, son vous veut peut-être dire, aye! la vieille, je n’en ai rien à cirer de ta peine d’amour. Peine d’amour peine d’amour, j’exagère, disons nouvel état civil.

- Madame qu’est-ce que je vous serre?
- Pardonnez-moi, je réfléchissais.
- Quel est fruit de cette réflexion?
- Un verre de Nino Franco s’il vous plaît.
- Excellent choix madame!

Excellent choix, de quoi il se mêle celui-là, si j’avais les moyens, je commanderais du vrai champagne, mais, faut se rendre à l’évidence, douze dollars la coupe, c’est déjà bien assez cher. J’ai beau chialer intérieurement, il a vraiment quelque chose de déstabilisant ce serveur-là et ce n’est pas seulement parce qu’il a les cheveux noirs et les yeux verts.

- Une fraise dans votre mousseux madame?
- Pourquoi pas.

Il s’en donne du mal pour me plaire. C’est peut-être la politique de la maison, être toujours très attentionné avec les clients afin de mieux les fidéliser. Je suis un peu mal à l’aise, je ne sais pas trop quoi faire ni quoi dire. Alors, pour me donner une contenance, je fouille dans mon sac, à la recherche du vieux paquet de cigarettes auquel je n’ai recours qu’en cas d’urgence…

- Vous n’auriez pas des allumettes
- Désolée madame, il est maintenant interdit de fumer dans les bars.

Ce que je peux être bête des fois. Je fais semblant de rien, j’étire le bras, je prends mon verre, j’y plonge les doigts pour attraper la fraise qui me nargue…Je n’ai rien vu venir. Un homme s’approche de moi, mon cœur bat la chamade, il est vraiment très très séduisant, assez grand, les cheveux gris, les yeux marine…avant même que je n’ai pu faire ou dire quoi que ce soit, il soulève mes cheveux, puis il m’embrasse dans le cou délicatement.

- En voilà des manières!
- J’en brûlais d’envie. Je me présente, je m’appelle Paul Boisclair.

Pour embrasser une femme avant même de lui avoir parlé, ce n’est sûrement pas le frère de l’autre…

- Non madame, je ne suis pas le frère d’André.
- Vous lisez dans mes pensées?
- Habituellement non, mais cette question, on me la pose au moins une fois par jour. Et vous, quel est votre nom.
- Myriame
- Myriame…
- Bédard.
- Myriame Bédard, votre carabine, elle est où?
- Dans la voiture.
- Vous skiez?
- Oui, mais je ne patine pas, je fais du ski alpin.
- Moi, je préfère le ski de fond.

Avec les épaules qu’il a, il doit avoir toute une poussée. À vrai dire, je me défoncerais volontiers pour avoir le privilège de le suivre dans un sentier.

- Vous êtes sportif?
- Je n’suis pas un athlète, mais j’aime bien me retrouver en pleine nature. Une promenade dans le parc, ça vous dirait, le temps est si doux ce soir?

D’un trait, je vide mon verre. Je me retourne vers lui, je lui fais mon plus beau sourire. Je ne sais vraiment pas ce qui me pousse à accepter cette invitation, mais j’ai vraiment très envie de partir à l’aventure. En plus, je ne sais pas pourquoi, mais je me sens en sécurité. Je ne pensais vraiment pas rencontrer un homme aussi gentil, je ne le connais pas encore, mais je suis certaine que je ne serai pas déçue. Moi qui croyais ne pouvoir tomber que sur des âmes en peine tout juste bon à partager une brève partie de jambes en l’air…

Décidément ce soir, je suis à des lieux de l’éternel :

«Marinez-vous chez vos harengs»!

La séduction pour les nuls
Par Isabelle Ricard


La valse des maladroits

Vous l’aurez compris par mon titre, ce texte s’adresse surtout aux hommes! (Entendrais-je ces messieurs hurler leur agacement, leur mécontentement, leur désapprobation? Allez-y, hurlez… on est habituées!) Pourtant, en matière de séduction, s’il y a des hommes qui savent vraiment nous mettre dans un état d’émoi, de trouble, voire de commotion, on n’a pas besoin d’être une fine observatrice du genre humain pour remarquer qu’ils sont tout de même légion ceux qui nous exaspèrent, qui nous font rire par leur ridicule comportement de mâle désespéré en rut et qui en font toujours trop pour impressionner sans avoir compris qu’en matière de séduction, comme pour le reste, faire preuve de parcimonie dans la parole et dans le geste est nettement synonyme de bon goût!


Je pense entre autres à ce collègue de travail qui, chaque matin, quel que soit ce que les femmes [célibataires de préférence] portent, leur envoie un « Hey, sexy! » tellement rébarbatif qu’il compromet ses chances d’avoir un jour une discussion agréable avec l’une d’entre elles et augmente, par la même occasion, le niveau de mépris et de colère qui lui sont – ou lui seront - destinés. Le plus beau dans tout ça? Monsieur ne se rend compte de rien! Je pense également au type tellement imbu de lui-même, tellement arrogant qu’il ne peut concevoir qu’on ne soit pas pâmées devant lui ou encore à celui dont les blagues idiotes et vulgaires, qu’il raconte un ton trop haut en espérant attirer l’attention, lui donnent l’air d’un morron fini auquel on ne voudrait surtout pas être associées.

Il y a également l’ennuyeux qui s’accroche avec l’énergie du désespoir si on a la naïveté de lui adresser une parole de politesse ou un bonjour lorsqu’on n’en a vraiment pas le choix. Il faut ensuite se sauver – littéralement – en prétextant n’importe quoi pour le tenir à l’écart. On ne voudrait surtout pas être là lorsqu’il se risquera (Dieu nous en préserve!) à lancer une invitation des plus inopportunes. Bon, j’arrête ici mon énumération, il y a tellement de catégories de nuls…et on les côtoie quotidiennement! Je sais bien que tous ces hommes ne sont pas nécessairement des imbéciles, mais ils sont assurément maladroits, mal informés, non observateurs, incapables de détecter le langage corporel et non familiers avec le concept de séduction. Avec la bonté naturelle et la grandeur d’âme que vous me connaissez tous (!), j’ai décidé d’expliquer quelques petits principes de base à ces pauvres hommes atteints de déficience charismatique.

L’approche physique ou l’éveil des sens

Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’il y a plusieurs façons de séduire une femme. Si la nature vous a doté d’un physique avantageux ou encore que vous avez assez d’assurance pour dégager un magnétisme naturel, vous pouvez tenter de séduire par l’approche physique. Bien entendu, cette approche devra se faire en excluant tous les comportements mentionnés ci-haut, sinon vous saboterez tous vos efforts.

Il n’y a pas vraiment d’ordre d’importance à respecter, mais si j’étais vous, je mettrais d’abord l’accent sur l’odorat (j’ai une petite préférence pour les plaisirs olfactifs). Un parfum qui va bien peut vite devenir synonyme d’espoir, de réconfort, de désir…voire de fantasme. C’est peut-être cliché, mais un chandail qui traîne imprégné du parfum d’un être qu’on convoite est un trésor inestimable qu’on hume en cachette, les yeux fermés, et qu’on serre contre soi. De plus, un cou légèrement voilé par un parfum enivrant est une invitation à s’y attarder quelques secondes de trop. C’est un effluve inspirant qui détourne la tête, même lorsqu’on est concentré; c’est un signe distinctif qui est comme une promesse; c’est un souvenir instantané chargé de trouble lorsque le hasard nous renvoie un arôme familier. (Vous aurez déjà compris que les parfums sont pour moi comme les petites madeleines de Proust…)

Le deuxième sens à exploiter est le toucher. Ceux qui sont très tactiles dans leurs interventions en général ont, selon moi, un grand avantage sur les autres (excepté, bien entendu, si cette manie est doublée de caractéristiques repoussantes, auquel cas, le contact est répulsif et le haut-le-cœur est plus probable que le coup de foudre). Si vous n’avez pas déjà une tendance naturelle à toucher l’avant-bras de vos interlocuteurs (pour appuyer une idée importante ou pour signaler votre enthousiasme), le haut des épaules ou le dos (en signe d’encouragement ou d’affection)… ce serait peut-être une bonne idée de vous y mettre subtilement. Un contact physique fréquent (s’il semble être bien accepté), marié à un rétrécissement progressif de la bulle qui vous sépare de la personne désirée lors de vos échanges, est un bon moyen d’attiser l’intérêt. Évidemment, dans ce domaine, un bon dosage est nécessaire. Un effleurement est beaucoup plus efficace que n’importe quel geste trop évident. Il a l’avantage d’être ambigu : «Était-ce voulu? Ce frôlement délicieux était-il le fruit du hasard ou d’un calcul astucieux?» Ah, les déchirants moments qu’elle passera à se questionner sur vos intentions!

En troisième lieu, dans toute bonne tentative de séduction, il ne faut point négliger la modulation du son de sa voix. Habituellement, le ton est plus langoureux, le débit plus lent, le rythme plus doux lorsqu’on s’adresse à une personne qu’on convoite. Un ton plus grave est tellement plus sensuel que le ton trois fois trop aigu du rire forcé destiné à attirer l’attention ou encore au débit ultra rapide de celui qui pense se mettre en évidence par son babillage intempestif au lieu de se servir de ses oreilles pour écouter. Ah, soit dit en passant, les grossièretés, les jurons, les «si j’aurais» et les autres erreurs de langage atroces et évidentes écorchent la douce oreille de la belle dame…

Finalement, ce ne sera pas un grand scoop, qu’on le veuille ou non, que cela contredise ou non nos valeurs fondamentales, l’apparence compte! Cela ne veut pas dire qu’il faille absolument être beau ou très beau pour plaire, cela veut tout de même dire que si on n’exploite pas son plein potentiel, la demoiselle s’en apercevra. C’est toujours agréable de remarquer qu’avant de venir nous conter fleurette, le courtisan s’est fraîchement rasé, a mis des vêtements qui le mettent en valeur, a le regard pétillant, insistant et concentré (comprendre : il ne se retourne pas pour regarder passer la fillette en mini-jupe), et il est tout sourire…

(Vous aurez compris que j’occulte le goût, vous n’en êtes pas rendus là…)

L’approche humoristique

Vous n’avez pas les caractéristiques requises pour la séduction physique? Vous en êtes capables, mais vous sentez qu’il faudrait un petit quelque chose de plus avant d’entreprendre cette démarche? Vous pouvez, si vous en avez le talent et l'intelligence, user de l’approche humoristique. Attention toutefois, cela demande une vivacité d’esprit, une finesse de pensée et une conscience de son environnement qui font défaut à plusieurs d’entre vous. En effet, certains confondent humour de bon goût et humour de fond de taverne. Vous pouvez laisser de côté – définitivement – vos blagues sexistes, racistes, cochonnes, homophobes ou simplement discriminatoires, elles sont – et ce, sans appel – totalement inappropriées et vous font passer – ou devrais-je plutôt dire vous révèlent – pour des êtres rustres et vulgaires. Pour que l’humour séduise, il doit être subtil, recherché, un rien audacieux; il doit démontrer hors de tout doute votre intelligence, votre esprit hors du commun (lors de répliques amusantes ou virulentes lorsqu’il y a déjà complicité) et votre capacité à rire de vous, à ne pas vous prendre au sérieux. Bref, il devra instaurer une connivence qui aura l’art de plaire et d’inspirer confiance.

L’approche stratégique ou marathonienne

Certains candidats, jugés battus d’avance, peuvent réussir une entreprise de séduction haut-la-main s’ils appliquent adéquatement la stratégie marathonienne. Bien entendu, vous avez intérêt à être certains de votre choix, car si c’est l’approche la plus risquée et la plus improbable, c’est aussi celle qui donne les résultats les plus probants lorsqu’elle réussit. Cette tactique s’effectue à long terme (il ne faut quand même pas exagérer! J’ai un ami qui en a abusé pendant deux ans! Heureusement, ses efforts furent couronnés, mais le désespoir n’était pas loin!) et elle consiste à entrer insidieusement dans la vie de la personne que vous voulez séduire, en démontrant, d’une part, votre intérêt pour elle et en devenant, d’autre part, une personne indispensable qu’elle voudra connaître toujours davantage. Par contre, ce moyen n’est pas pour les égoïstes, car cela demande des heures et des heures d’observation et d’écoute pour connaître ses goûts, ses intérêts, ce qui est important pour elle, ce qui la fait rire, ce qui lui fait de la peine, ce qu’elle aime partager, ce qu’elle veut garder pour elle… Pragmatiques, impatients, égocentriques et individualistes s’abstenir!

Compliquée la séduction, dites-vous? Bien sûr, mais c’est ce qui fait la beauté de la chose… C’est un jeu amusant à la fois pour le séducteur et pour l’être séduit. Il n’y a pas de méthodes infaillibles ni de manières parfaites pour séduire quelqu’un. Cela se fait parfois dans des conditions étranges et, malheureusement, aucune stratégie ne vaudra les heureux hasards de la vie.


Chronique du citadin barbare
Ce que femme veut

Par David Tellier

Qu’est-ce que vous voulez? Une bonne fois pour toute, j’aimerais qu’une représentante de la gente féminine me dise ce que vous attendez de nous. Clairement. Est-ce que c’est juste moi ou nous, les hommes, sommes complètement perdus et avons l’impression d’avoir loupé un épisode lors de la distribution des rôles? Les femmes n’aiment plus les hommes roses. Tant mieux. Elles n’aiment plus les machos. D’accord. Elles recherchent donc quelque chose de très nuancé entre ces deux extrêmes. Pourrait-on être plus précis?!

Elles nous veulent galants, mais pas trop. Et encore, certaines prennent la galanterie pour une insulte. Elles nous veulent cultivé et intelligent. Toutefois, il ne faut pas trop le montrer, sinon elles nous taxent d’arrogant ou de suffisant. Elles nous veulent virils en certaines circonstances. Au lit… et lorsque vient le temps d’effectuer des réparations sur la maison ou sur l’auto. Par contre, dès qu’on rentre après avoir accompli nos tâches « d’homme », il faut vite redevenir un être sensible qui comprend instantanément qu’elles sont exténuées et qu’elles ont besoin d’aide pour la préparation du souper. C’est alors le temps de sortir le génie créatif qui est en nous pour apprêter un met rapide, peu calorifique et exquis!

Elles veulent encore que nous les trouvions indispensables. Que nous les aimions au point de ne pouvoir vivre sans elles. Mais gare à celui qui prend ces mots au sérieux! Ça doit rester une métaphore! Les femmes d’aujourd’hui sont indépendantes. Si elles veulent entendre des mots d’amour de ce type, elles ne tolèrent pas qu’on partage la grande majorité de leur temps et de leurs activités. Il faut être AUTONOME. Ce qui veut dire ne pas les embêter dans leur horaire quotidien et attendre qu’elles nous fassent signe, sans avoir l’air de s’ennuyer d’elles pour mourir.
Elles ne veulent surtout pas un mec mou (sans mauvais jeu de mots) ou soumis. Néanmoins, ce sont toujours elles qui décident du rythme auquel la relation évolue et du sens vers lequel il évolue. Si nous ne sommes pas contents et que nous les brusquons : au suivant! Même phénomène lorsqu’elles ont des sorties prévues entre copines ou avec des collègues de travail : ce n’est surtout pas le moment de leur dire que nous avons un besoin fou et pressant d’être seuls avec elles. Dans la situation inverse, il nous faudrait satisfaire sur le champ la demande de madame sous peine de représailles.

Souvent, elles nous traitent « d’adolescents attardés » si par malheur nous avons des passions ou des loisirs jugés trop « bébés » pour elles. Par contre, si nous n’avons pas cela, nous passons pour des êtres ennuyants, trop sérieux et incapables de s’amuser. J'en déduit qu'il faut savoir dévoiler un petit côté ludique bien retenu! Elles nous souhaitent encore ambitieux. Mais pas matérialiste ni superficiel. Peut-on traduire cela par le fait qu'il faut faire de l'argent, tout en faisant semblant de ne pas y accorder d'importance? Il faut que ce soit assez visible pour que les amis et les parents de Madame s'en rendent compte et l'envient, sans aborder de près ou de loin le sujet économique. Il nous faut également être protecteurs, mais pas paternalistes. Fermes, mais pas grossiers. Attentifs, compréhensifs et écoutants, mais on doit garder pour nous les conseils ou les mots de réconforts sous peine d’avoir l’air contrôlant.


Pas facile à suivre la femme d’aujourd’hui! Pas facile non plus à satisfaire. Si nous étions aussi exigeants que vous, mesdames, une harde de féministes crierait déjà au machisme et au scandale! Non, l'homme actuel est un être naïf quasi sans exigences, qui attend d'être sélectionné, jaugé, évalué, puis choisi ou rejeté parmi la masse des êtres sans importance. Il a bien quelques préférences... Il rêve bien la nuit à la brunette enjouée et souriante avec laquelle il travaille... Il sait bien, pourtant, que peu importe son désir, son intérêt voire son amour... TOUT dépendra d'elle!

Les perles du MEQ
Par Jacinthe Boivin-Moffet


Jacinthe a amassé les perles du MEQ de la session de correction de mai 2006. Le thème était l'aide humanitaire.

Orthographe, syntaxe, vocabulaire et compagnie

  • Les gens qui écoutent les concerts se sentent austères pendant quelques heures et ensuite ils n’y pensent plus pendant 20 ans.
  • Il y a une chose me tricote l’esprit.
  • Elle a été témoine des violences.
  • Il y a des sommes destinées à l’aide d’urgence qui dorment dans les coffres alors qu’elles pourraient être utilisées dans les pays en crisse comme le Congo et le Soudan.
  • Les menaces proférées par les fans de certains chansonniers, comme Bono, 50 cent et Sting…
  • Lorsque tous les cadavres ont été récoltés…
  • On peut comprendre mon point de vue à l’aide de l’adverbe suivant : au lieu de donner un poisson…
  • Je crois que l’efficacité reste à désirer.
  • La question qui me chatouille l’esprit…
  • Pour ma part, je consiste à dire que…
  • Des maisons en terre crutes
  • Si l’étranger continue de la sorte ils auront des centaines de morts sous les bras
  • … les infirmes dépenses que nous aurons fait pour ces pays…
  • Le seul organiste que je connaisse qui offre une aide appropriée est celui du cardinal Léger.
  • Les catastrophes naturelles, les infusions de sang et la pauvreté extrême ne datent pas d’hier.
  • En premier lieu, jetons-nous sur le côté politique.

Logique ?

  • Certains affirment que l’aide humanitaire existe pour une raison. C’est de venir en aide aux gens qui en ont besoin. Ces personnes ont perdu leurs familles, leurs maisons, leurs biens et peut-être même leurs vies.
  • Plantez des champs auxquels leur famine n’aura pas accès.
  • Toutes les catastrophes ont droit à nos services.
  • Il y a des crises qui n’atteignent pas leurs objectifs.
  • Cependant, après le calme de la tempête…
  • Aujourd’hui, plus que maintenant, les pays touchés par ces catastrophes ont besoin d’argent pour succomber à leur perte.
  • C’est la raison pour laquelle l’aide humanitaire a été mise à pied.
  • Je suis complètement en défaveur que l’efficacité de l’aide humanitaire accordée aux pays en crise soit adéquate.
  • Certains disent que les pays en font déjà assez trop.
  • Les villageois ne pouvaient payer leurs besoins.
  • Vous devriez d’abord vous baser sur les besoins fondamentaux comme la famine, l’eau, les médicaments.
  • Je resterai avec mon point de vue, que l’efficacité de l’aide humanitaire accordée aux pays en crise me méprisera toujours.
  • Selon moi, ma position sur l’efficacité de l’aide humanitaire est très nulle.
  • Je suis en discorde avec l’efficacité de l’aide humanitaire.
  • Vous, Ministre des Affaires étrangères, aimerais-tu qu’on laisse vote gentillesse au vide ?
  • Notre planète et les gens qu’elle consiste forment une équipe très délicate.
  • On devrait envoyer à l’Afrique des biens qui les aideront à se développer, comme des professeurs.
  • Le présent ou le futur, lequel est le plus important, logiquement, ça serait le futur, car si on s’occupe seulement du présent, le présent du futur va être identique à celui d’aujourd’hui.
  • Les gouvernements prêtent de l’argent à ces pays pauvres en sachant très bien qu’ils ne pourront pas être remboursés. C’est un peu comme déshabiller Saint-Pierre pour habiller Saint-Paul.
  • C’est pas en les habituant à nous que ces gens vont survivre. Théoriquement, on devrait les aider à déménager chez eux.
  • Pour ma part, je dirais un non affirmatif.
  • L’aide internationale envers les pays en chute libre se dévoile d’une beauté rare.
  • [Monsieur le ministre], vous faites des grands efforts pour matérialiser nos êtres en détresses…
  • Les personnes pauvres ne sont pas plus responsables que nous des ébats de dame nature.
  • … Ou bien encore offrir cet argent pour régler des problèmes de santé tels que la malnutrition, le sida, la corruption, etc.
  • […] on tente de résoudre les problèmes en lançant de l’argent dessus.
  • L’être humain a été créé pour survivre à sa mort.
  • Les personnes qui nous aident le plus dans notre socialité sont souvent l’ONG et le G8.
    Le ministre des affaires étrangères est l’organisme le mieux placé pour traiter sur les objectifs visés pour l’aide humanitaire.
  • L’aide humanitaire a pour but de redonner la vie à ceux qui sont sur le chemin de la perdre.
  • De nos jours, plusieurs catastrophes naturelles surviennent sans prévenir les pays concernés.
  • Cela est comme un homme qui se blesse la jambe, mais les trois autres sont en parfaite forme.

Les films

Voici une suggestion de films à voir pour ceux qui ont envie d'histoires de séductions:

1) Les liaisons dangereuses (Dangerous Liaisons) (1989, John Malkovitch, Uma Thurman, Glenn Close, Michelle Pfeiffer)

2) Valmont (1989, Colin Firth, Annette Bening, Meg Tilly)

3) Cyrano de Bergerac (1990, Gérard Depardieu, Anne Brochet, Vincent Pérez)

4) Quand Harry rencontre Sally (When Harry Met Sally) (1989, Billy Crystal, Meg Ryan, Carrie Fisher)

5) Entretien avec un vampire (Interview with a Vampire) (1994, Tom Cruise, Brad Pitt, Stephen Rea)

Les capsules de Guy Bertrand
(Source : Radio-canada.ca)




  • La robe est lousse!
    « Lousse » est un anglicisme. Selon le contexte, on peut traduire l’adjectif anglais loose par LÂCHE, AMPLE, FLOTTANT, LARGE, DÉNOUÉ, DÉTACHÉ, DESSERRÉ, etc. Pour qualifier une robe, AMPLE peut avantageusement remplacer « lousse ».

  • C'est leur nouvelle ligne de produits
    « Ligne de produits » est un calque de l’anglais. En français, on appelle GAMME DE PRODUITS une série de produits comparables appartenant à une même catégorie. En contexte, le mot gamme suffit. Rappelons qu’on appelle respectivement haut de gamme et bas de gamme l'ensemble des produits les plus chers et les moins chers dans une même série.

  • Loquace (prononciation)
    Loquace se prononce LO-KASS. La prononciation « lo-kwass » est considérée comme vieillie. Il ne faut pas confondre les adjectifs loquace et éloquent. Loquace qualifie une personne qui ne se fait pas prier pour parler (dans la langue courante, on utilise plus souvent le quasi-synonyme bavard). En revanche, on utilise l’adjectif éloquent pour qualifier une personne qui s’exprime avec aisance et persuasion.



Un peu d'humour

mercredi, septembre 13, 2006

La vie devant moi - Vol.3 - numéro 4

Thème du mois : Être une femme en 2006

Pensées du mois

Que les femmes seraient agréables si elles ne tenaient pas absolument à être heureuses!
(Marcel Achard)

Oh! l'éternel féminin, comme disait le monsieur dont la femme n'en finissait pas de mourir.

(Alphonse Allais)

Chez nous c'est moi le patron, ma femme est seulement celle qui prend les décisions.

(Woody Allen)

-- Elle me trouve intelligent, courageux.

-- Je te conseille de ne pas te marier avec une femme qui te ment déjà.
(Almanach Vermot)

Pourquoi contredire une femme? Il est tellement plus simple d'attendre qu'elle change d'avis!

(Jean Anouilh)

Les femmes! Ah! les femmes! Elle sont comme l'argent. On aimerait pouvoir les jeter par la fenêtre.

(Boni, marquis de Castellane)

Les femmes pardonnent parfois à celui qui brusque l'occasion, mais jamais à celui qui la manque.

(Talleyrand)

La force des femmes n'est pas dans ce qu'elles disent mais dans le nombre de fois qu'elles le disent.

(Marcel Achard)


Saviez-vous que...?
Par Isabelle Ricard

(Source: revue Québec Science du mois de mars 2006)

  • Depuis 20 ans, les filles sont plus nombreuses que les gars dans les universités du Québec. Elles investissent plus massivement que leurs confrères des secteurs comme les relations industrielles, l'architecture, la dentisterie, la médecine, l'administration et l'agriculture.

  • Le visage d'une belle femme allume chez les hommes les mêmes aires cérébrales que la nourriture, l'eau, la drogue ou le sexe. Cela expliquerait la raison pour laquelle ils se laissent facilement distraire par un joli minois! Plus un homme trouve un visage séduisant, plus l'activité augmente dans les noyaux gris centraux de son cerveau.

  • Les femmes mesurent et pèsent 8% de moins que les hommes.

  • Il naît plus de garçons que de filles (105 garçons pour 100 filles), mais la mortalité infantile touche davantage les garçons.

  • Dans certaines tribues africaines, une femme n'est séduisante que si elle a apporté la preuve de sa fertilité. Avant d'envisager le mariage, elle doit donc avoir fait un ou deux enfants.

  • Des compagnies indiennes ont contribué à creuser l'écart entre hommes et femmes en offrant aux femmes enceintes l'amniocentèse, leur évitant ainsi la dot que les parents de la mariée doivent verser à la famille du futur époux. Une étude menée en 1986 révélait qu'à Bombay, sur 8 000 foetus avortés à la suite d'une amniocentèse, 7 999 étaient de sexe féminin.

  • Au Québec, les bébés filles ont la cote puisque 39% des femmes enceintes interrogées disent désirer une fille, contre 22% qui préfèreraient avoir un garçon.

  • On remarque ces dernières années que dans les milieux extrêmement pollués, il naît deux fois plus de filles que de garçons. C'est le cas, entre autres, dans une communauté autochtone du sud de l'Ontario.


Chronique du dromadaire
La condition de la femme, quelle femme?

Par Caroline St-Jean

Soyons honnêtes, quand j’ai ouvert le courriel qu’Isabelle venait de m’envoyer et que j’ai lu quel serait le sujet de son prochain journal, j’ai eu un haut-le-cœur. Ah! Non, pas une autre réflexion sur les pauvres petites créatures persécutées que nous sommes. Tout de suite, je me suis dit, je n’y arriverai pas. Ensuite, je me suis dit, je vais être mordante à souhait. Pourquoi? Parce que je n’aime pas les femmes. Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été, comme le disent si bien les Anglais «one of the guys».

Toute petite, je détestais les poupées et autres barbies. Je préférais de loin les jeux de construction, les Lego, les Multifit et les Johnny West. J’avais même les chevaux et la diligence Johnny West. Quand je jouais dehors, c’était avec des gars. Je jouais à la revanche sur le mur arrière de la maison de mes parents avec le p’tit voisin quand il faisait doux ; l’hiver, je jouais au hockey avec mes frères (1). Au chalet, je me tenais avec les deux Patrice et mon ami Martin. Il y avait parfois des filles qui se joignaient à nous, mais entre-elles, la chicane pognait tout le temps et elles finissaient par s’en aller.

Au primaire, à la récréation, je ne jouais pas aux élastiques, ni à la marelle, je trouvais ça têteux. L’hiver, je jouais au soccer avec les gars, les autres saisons, je jouais au ballon chasseur. Même à ce jeu, je ne faisais pas comme la plupart des filles «courir dans tous les sens pour ne pas être tuées sans jamais essayer d’attraper le ballon». Non. Moi, je l’attrapais souvent et j’avais une assez bonne «garnotte» quand je le lançais.

Ce n’est qu’au secondaire que je me suis réellement liée d’amitié avec des filles. Pas par choix, mais bien parce que je fréquentais une école où il n’y avait que des filles. J’ai vraiment eu beaucoup de plaisir avec des copines du secondaire, mais moi, les fins de semaine, j’allais au chalet, alors qu’elles, restaient à Montréal. Les lundis matin, quand mes amies se racontaient leurs 400 coups, je ne me sentais pas vraiment concernée. Ces amies du secondaire, je les ai toutes perdues de vue. Je ne peux donc pas conclure que c’était de vraies amies.

Mes vraies amies, je les ai rencontrées au chalet, vers l’âge de 15 ans. Depuis, nous n’avons jamais passé beaucoup de temps sans nous voir ; et à chaque fois que nous nous revoyons, c’est comme si nous nous étions quittées la veille. Quand j’ai lu le sujet imposé par Isabelle, j’ai sursauté et je me suis dit, je n’ai rien à dire au sujet de la condition féminine parce qu’en général, les femmes ne m’intéressent pas tellement.

Mais non, mais non, ne grimpez pas dans les rideaux, ne me traitez pas de cinglée. Ce que j’essaie simplement de dire, c’est que le modèle, le stéréotype des femmes branchées proposé par les médias en 2 006, modèle auquel se conforme plusieurs femmes qui gravitent dans mon entourage, me laisse de glace. Je ne tripe pas sur ce qui est «tendance», juste le mot me fait grincer des dents. Je ne m’habille pas comme la chienne à Jacques, mais je ne change pas ma garde-robe à chaque changement de saison. Je vis très bien avec deux paires de chaussures, je ne m’achète jamais de maquillage, je ne porte pas de dessous en dentelle à 100$ le morceau, je n’ai que deux sortes de crème hydratante, une pour le corps, l’autre pour le visage, «Neostrata», parce que Pierre Ricard, le dermatologue, a dit qu’elle était vraiment efficace pour contrer le vieillissement prématuré de la peau.

Dans les centres commerciaux, ce que je préfère, ce sont les magasins qui vendent des trucs de cuisine, de l’électronique, des CD et des livres. J’adore les épiceries et les marchés (en général, les femmes détestent faire le marché)…Au risque de me répéter, je ne suis pas une vraie fille ; et quand je lis les magasines de filles qui sont censés m’intéresser, je ne me sens pas du tout concernée. Rassurez-vous, même si je suis assez «tom boy», je n’ai pas l’air d’une «butch» et je ne suis pas gai. Où est le problème alors?

Je crois avoir mis le doigt sur le bobo. Il n’y a pas de condition de la femme en
2 006. Il y a des femmes, toutes sortes de femmes. Des plus barbies, des séductrices, des pet-secs, des femmes de pouvoir, des bêtes de sexe, des hétéro, des bis, des gais, des «je le sais-tu moi qui je préfère…Des ingénieurs, des ingénues, des sages-femmes, des «pas sages pantoutes». Des B.S., des B.C.B.G, des astronomes, des «c’est quoi ton signe, moi je suis verseau ascendant recto» (2). Il faut arrêter de vouloir tout compartimenter.

Par exemple, il est certes vrai que les femmes ne gagnent toujours que 70% du salaire des hommes. Cependant, la discrimination ou le sexisme à eux-seuls n’expliquent pas tout en matière d’inéquité. Pour des raisons disons «historiques», les femmes n’ont eu accès aux universités et au marché du travail que depuis peu de temps. Si certaines femmes gagnent moins que les hommes, parfois c’est injustifié, mais parfois aussi, elles sont moins bien rémunérées, parce qu’elles sont moins scolarisées et ont moins d’expérience, ayant arrêté de travailler quelques années, le temps de faire des enfants. Statistiquement par ailleurs, les femmes, même si elles réussissent mieux que les garçons à l’école, continuent de bouder les sciences et les mathématiques et choisissent des professions qui sont des ghettos féminins (enseignantes, infirmière, coiffeuses), des professions souvent moins bien payées que les chasse-gardées masculines (pompiers, mécaniciens, plombiers).

En général donc, les filles qui permettent aux éditeurs de Clin-d’Oeil et de Elle Québec de survivre m’ennuient profondément. En particulier par contre, il y a plein de femmes que j’admire, tant des femmes publiques que des amies intimes. Louise Beaudoin, Pauline Marois, Simone Chartrand, Pauline Julien, Marie Tiffo, Ariane Moffat, Jorane, Julie Payette, Lucille Teasdale, Pascale Nadeau, Nancy Huston. Josée, Christine, Julie, Diane, Dominique, Élyse, Isabelle (ouf! je ne l’ai pas oubliée), France, Sylvie, Stéphanie, etc.

Quand on parle de condition de la femme, il faut je crois, éviter de généraliser. Il y a des femmes qui vivent toutes sortes d’expériences, qui ont toutes sortes de jobs différents (parfois pas de job), il y en a avec des enfants, d’autres sans enfants, des féministes et des allergiques à la cause, des femmes engagées, des femmes découragées, des écolos, des maniaques de gros chars, des superficielles, des intellectuelles, des doucereuses, des violentes, des réfléchies, des idiotes finies, etc. etc. Et si ce raisonnement s’applique aux femmes, ils s’appliquent aussi aux hommes. Il faudrait donc s’intéresser d’avantage aux individus que se complaire, hommes et femmes, chacun de son côté, dans une guerre sans merci : la guerre des sexes!


(1) Dans les faits, mes frères me mettaient plein de protection, ils me plaçaient dans les buts, puis ils me bombardaient de tirs!
(2) J’ai emprunté cette joke à Daniel Lemire, elle est tirée de l’émission «Smash!»



La condition de la femme
Par Guylaine Breault


La femme court. Elle court après son temps la plupart du temps. Elle doit nécessairement être en bonne condition! De quelles conditions parle-t-on? Économique, physique, familiale, affective…

Pour ce qui est de sa condition économique, elle s’est améliorée considérablement depuis quelques décennies et ça semble vouloir se poursuivre. Tant mieux !

Sa condition physique est aussi nettement meilleure étant donné qu’elle court autant.

Sa condition familiale est, je crois, catastrophique. La femme ne sait plus où donner de la tête. Dans son rôle de mère, la femme vit de la culpabilité à chaque matin lorsqu’elle dépose les petits à la garderie. Elle tente tant bien que mal de se rassurer en se disant que les enfants y seront bien traités et qu’elle doit absolument travailler, mais, dans son for intérieur, elle entend une petite voix qui lui rappelle que le jeune enfant a besoin de sa mère à temps plein et que cet enfant a besoin d’elle pour développer son sentiment de sécurité et sa confiance. Ce déchirement dure et dure. Elle ne fait que s’habituer à vivre avec une telle culpabilité, jamais ce sentiment ne disparaîtra. Certaines femmes excellent dans le camouflage tandis que d’autres tentent de se racheter en étant présentes le reste du temps et en s’accordant rarement des moments de répits.

Ce déchirement prématuré a un impact direct dans sa condition affective. Son conjoint, comme homme, ne vivra pas cette période de la même façon. Il peut comprendre, mais la culpabilité ne le rongera pas comme elle ronge la femme. Peut-être cet homme sera-t-il facilitant en supportant de son mieux sa douce moitié ou peut-être n’accordera-t-il aucune attention particulière à ses états d’âme, pourvu que se vie à lui ne soit pas trop bouleversée. Elle se questionnera. La condition de la femme est-elle plus rose? Est-ce mieux de rester à la maison pour s’occuper des dix enfants et des repas ou est-ce préférable de culpabiliser de ne pas être présente à tous les merveilleux exploits des petits? La femme essaye d’avoir deux vies simultanément. Elle coupe sur le nombre d’enfants et sur les heures de travail en pataugeant. Elle garde sa tête hors de l’eau et fait de son mieux afin de survivre à cette course après le temps. Le temps qu’elle n’aura plus avec son poupon qu’elle ne croyait pas possible d’aimer autant. Le temps qu’elle n’aura plus pour terminer comme elle voudrait son travail afin de le rendre impeccable. Le temps qu’elle n’aura plus pour savourer un repas en tête à tête avec son amoureux. Quand enfin le temps filera moins vite, les enfants seront partis étudier dans la grande ville, la retraite brillera et l’amoureux sera un peu endormi dans son fauteuil.

La femme cherche l’équilibre dans sa condition mais la vie va trop vite. Souvent, la vie décide pour elle du chemin à prendre. J’admire la femme d’aujourd’hui. Je la trouve belle, rayonnante, énergique et dynamique. Je sais qu’elle est tiraillée, bouleversée, sensible et ambitieuse. Elle s’interroge, elle cherche les meilleures conditions possibles pour sa vie au travail et celle à la maison. L’appel de la maternité qui lui ronge le ventre fera mentir la balance. Plus jamais l’équilibre ne sera possible.

Et qu’en est-il de la condition masculine?


Serpents et échelles

Par Isabelle Ricard


Être une femme, en 2006, est-ce bien différent que d’être un homme? Je ne peux qu’avoir une perspective limitée et subjective, mais je suis totalement convaincue que oui, c’est encore très différent, à tout le moins en ce qui concerne les gens de ma génération.

Malgré tout ce qu’on peut faire, posséder, réaliser… en tant que femme de nos jours, je crois que ce qui est le plus caractéristique des jeunes trentenaires scolarisées, c’est une grande vulnérabilité. Nous avons été élevées avec des désirs de perfection, des modèles idéalisés de femmes pouvant avoir des enfants, une vie de couple satisfaisante et une carrière florissante. On nous a fait miroiter qu’on était capable de tout, du meilleur; qu’on pouvait obtenir tout, le meilleur, et que cela se ferait relativement facilement si on savait planifier, rentabiliser notre temps, faire les bons choix et les bonnes associations.

En ce qui a trait à l'emploi, toutefois, on a omis de nous mentionner que la carrière enrichissante était mieux de se faire dans un milieu masculin, car là où les employés sont majoritairement des femmes, les conditions de travail, le salaire, les contraintes sont encore très loin d’égaler ceux des milieux d’hommes. Ces milieux féminins sont dévalorisés, leur importance est minimisée, à la fois par les gouvernements et par la société en général. C’est frustrant et c’est aberrant!

Je fais un métier que j’aime beaucoup, mais je sais que ma carrière sera de moins en moins enrichissante, je le constate aisément en observant plusieurs collègues qui ont maintenant plus de frustrations que de plaisir à enseigner. Les conditions ne vont pas s’améliorer, elles vont se dégrader. Je continuerai d’aimer enseigner, mais je sais que l’énergie dont j’aurai besoin pour me former une carapace contre tout le reste sera de plus en plus difficile à récupérer. J’ai trente ans, je suis en bonne santé, je dors bien, je mange bien, je fais du sport… et je suis tout de même épuisée après une rentrée scolaire mouvementée par maints irritants hors de mon contrôle. J’ai les nerfs à fleur de peau, je suis un peu déprimée, j’ai l’impression de manquer de temps devant la charge de travail à accomplir. Pourtant, je n’ai pas d’enfants, pas de responsabilités familiales, je n’ai même pas de vie de couple pouvant me causer des ennuis ou accaparer mon temps.

Comment pourrais-je bien concilier tout ça si j’en avais? Je n’en sais rien, je n’imagine pas. Aurais-je d’autres priorités? Ne verrais-je plus mes amis? Couperais-je le cinéma, le sport, la lecture et l’écriture? Me contenterais-je de faire le miminum dans mon enseignement? Pourrais-je vraiment vivre ainsi? Et tout ça, cette manière de vivre, mes activités, mon emploi, où est-ce que tout cela me mènera dans cinq ans, dans dix, dans vingt? Est-ce que j’avais tort de plaindre les pauvres filles qui avaient des enfants dès le début de la vingtaine et qui ont aujourd’hui deux ou trois marmots à la veille de terminer leur primaire? Est-ce qu’on doit obligatoirement choisir entre la famille et la carrière?

Les hommes de mon âge ont-ils ce genre de préoccupation? Non, pas que je sache! Ils sont plutôt - et très majoritairement - des adeptes du « vivre au jour le jour » - comme si c’était intelligent ou comme si ça réglait tout. Ou bien ils n’ont aucune envie d’avoir une famille ou bien ils feraient des enfants à la première venue sans se poser de questions, sans penser plus loin que le bout de leur nez. Ils ont la même attitude au travail. Heureusement pour eux, ils n'ont pas de pression sociale les obligeant à justifier leurs choix, car d’eux, on n’exige jamais la perfection!

J’ai des collègues masculins qui font appliquer les règlements de l’école quand bon leur semble, quand cela les arrange, sans se préoccuper du fait qu’à toutes les fois qu’ils laissent passer un cellulaire en classe, un retard ou un habillement non réglementaire, ils nous nuisent à tous. Sous prétexte que ça ne dérange pas leur enseignement, pour ne pas avoir de problème avec les élèves, pour paraître plus cool, ils font un choix égoïste.

En ce qui concerne la vie de couple, j’ai beaucoup d'amis de la gente masculine dont la priorité, au retour du travail, est d'avoir leurs "moments de détente" (végéter sur le sofa, filer devant l'écran d'ordinateur ou de télévision, etc.). Sans généraliser, je peux affirmer que je connais de jeunes femmes qui sont responsables en très grande partie de tout ce qui concerne les enfants du couple; l'éternel débat sur les tâches domestiques est encore, malheureusement, d'actualité, car le gars de trente ans moyen est comme un adolescent attardé, il faut lui dire quoi faire (il ne prend pas beaucoup d'initiatives), il faut l'obliger à quitter son jeu vidéo favori pour qu'il nous AIDE! à faire la liste d'épicerie ou à nettoyer la salle de bain - il n'a pas encore compris que ce n'est pas une faveur qu'il nous fait en faisant sa part, mais que c'est une responsabilité normale qu'on ne devrait pas avoir à lui rappeler. Bref, lui aussi, en pensant d'abord à lui - les concepts de "couple", de "famille" et de "long terme" lui étant, la majorité du temps, complètement étrangers - fait un choix égoïste.

Pour conclure, je dirais que la jeune femme de 2006 a l'impression de jouer une partie d'échecs avec un partenaire qui ne sait jouer qu'aux serpents et échelles. Étrangement, c'est la stratégie la plus complexe qui est la plus vulnérable, car pour réaliser toute l'ampleur des conséquences qui surviennent, pour reconnaître toute la portée de nos actes, pour ressentir profondément la peur, la peine, la joie, l'inquiétude, l'espoir, cela demande une vue d'ensemble qui échappe à celui qui laisse entièrement le hasard s'occuper de son destin. Je sais que j'exagère un peu en séparant ainsi les rôles selon les sexes, par contre - et malheureusement - le phénomène n'en existe pas moins pour autant.

Chronique du citadin barbare
Qui n'a pas peur de la femme d'aujourd'hui?
Par David Tellier

Me voilà de nouveau célibataire, mon ex ayant enfin compris que je ne la rendrais jamais heureuse. Les femmes d'aujourd'hui n'ont pas besoin de nous pour être heureuses. Pire, elles sont plus heureuses sans nous. Qu'est-ce que j'ai à apporter à la femme contemporaine? Elle a tout. Elle sait tout. Elle peut tout faire. Et mieux que moi. Elle a besoin de moi au moment où elle veut séduire, où elle veut tester son charme et son pouvoir sur moi. Lorsque la preuve en est faite, elle s'en retourne, rassurée à son quoditien bien rangé.

Pourtant, je la désire, cette femme. Je la veux désespérément à mes côtés. Je la veux intelligente. Mais sa perspicacité, son sens logique, sa capacité à voir arriver les choses bien avant moi me désarçonne. Je la veux belle, féminine, élégante. Et la savoir aussi séduisante me rend jaloux. Cela me cause une peur panique de ne pas pouvoir la retenir. Je la souhaite sensible et douce. Je me sens alors coupable d'être parfois si méchant et si peu attentif à ses besoins. Je la choisis indépendante. Cette autonomie me paralyse et je me sens perdu: je n'ai plus aucun rôle à jouer dans sa vie.

Je la séduis tout de même, la femme d'aujourd'hui. Puis, je la tiens très vite pour acquise. Je ne m'intéresse pas à ce qu'elle garde secrètement pour ne le dévoiler qu'à moi qui ne l'écoute pas. Je lui dis distraitement que je l'aime. Elle me quitte. Je la perds. Je me sens perdu. C'est quoi le foutu problème des Montréalaises que je rencontre? Ah!? Elles veulent être écoutées et comprises. Elles veulent se sentir appuyées et aimées. Drôle d'idée...

Les perles du MEQ
Par Jacinthe Boivin-Moffet


Jacinthe a amassé les perles du MEQ de la session de correction de mai 2006. Le thème était l'aide humanitaire.

Géographie 101

  • Les Nations-Unies, notre voisin du Sud…
  • Par exemple, l’ouragan Katrina, au Nouvel Orient
  • Puis des millions de personnes qui meurent à cause du tsunami, en particulier par la pauvreté, et ce, en Afrique.
  • L’Hondurence (le Honduras)
  • Le tiers monde, ramassis de pays dont la plupart sont au Sud de la planète…
  • Plusieurs pays pauvres se sont fait touchés par des catastrophes tel que l’Afrique.
  • Des milliers de gens vivent dans la misère, comme au tsunami, par exemple.
  • Lors du désastre arrivé au tsunami le 26 décembre 2004, des centaines de milliers de dollars ont été inutilisés et pourtant, le tsunami est loin d’avoir retrouvé son état habituel.
  • Il faut secourir le Tsunami!
  • Le Tsunami, le Congo et le Soudan sont toutes des pays qui sont touchés par la pauvreté et par d’autres problèmes majeurs.

De qui parle-t-on ici?

  • Nous devrions envoyer beaucoup plus de professionnels et leur apprendre à se servir eux-mêmes d’un marteau et d’un clou.
  • Elles ramassaient de l’argent qui leur servait à offrir à manger à l’école des enfants exploités comme des esclaves.
  • Il faut que les catastrophes soient écrites dans les journaux afin de pouvoir les aider.
  • Contrairement à tous ceux qui pensent que l’argent est utilisé comme de l’eau, on voit bien que maintenant, ils dorment dans les coffres.


Cette chère culture…

  • Dans la vie sociale, en Inde, les femmes et les enfants sont maltraités.
  • Ces femmes n’auraient pas d’estime en soie.
  • Selon Jeffrey Sachs, George Bush ne manque jamais de dénoncer l’administration américaine, qui consacre 415 milliards de dollars par année aux dépenses d’armement.

Déformation de contenu

  • Des sacs de ciment et de fer à bâton (béton...)
  • Geldor, le chanteur de rock qui a formé le G8…
  • Il y a eu une gigantesque secousse sismique qui a provoqué la mort de plusieurs personnes et a aussi détruit leurs maisons fabriquées en terre cuite. (Il s’agit ici de maisons en terre crue… On pourrait difficilement s’étonner que des maisons en terre cuite s’écroulent à cause de secousses sismiques!)

Les capsules de Guy Bertrand

  • Juin (prononciation)
    Au Canada français, on a tendance à prononcer ju-un le mot juin. Cette prononciation est fautive. Dans l’ensemble de la francophonie, juin se prononce exactement comme il s’écrit, c’est-à-dire JU-IN. Certaines personnes prononcent également jou-in. Toutefois, comme on ne prononce pas jou-illet, il n’y a pas de raison de prononcer jou-in!

  • Joindre les rangs
    GROSSIR LES RANGS (DE) signifie se joindre à un groupe ou à un organisme pour en augmenter l’effectif. Par contre, l’expression joindre les rangs (de) est un calque de l’anglais qu’il convient de remplacer par SE JOINDRE (À), SE RALLIER (À) ou SE RANGER DU CÔTÉ (DE).

  • « Il est d'origine juive »…
    On peut dire d’une personne qui est originaire du Portugal qu’elle est d’origine portugaise. En parlant d’une personne, l’origine est associée à un lieu et non pas à une religion. On ne peut donc pas dire qu’une personne est « d’origine juive », pas plus qu’on ne dirait que cette personne est « d’origine catholique » ou « d’origine bouddhiste ». Il aurait été plus juste de dire, selon la réalité qu’on voulait exprimer : IL EST JUIF, IL VIENT D’UNE FAMILLE JUIVE ou SES ANCÊTRES ÉTAIENT JUIFS.

Un peu d'humour

jeudi, août 10, 2006

La vie devant moi - Vol. 3 - numéro 3

Numéro spécial - Absence, présence et omniprésence

Pensées du mois

La notoriété, c'est lorsqu'on remarque votre présence; la célébrité, c'est lorsqu'on note votre absence.
(Georges Wolinski)

Dans l'attente, on souffre tant de l'absence de ce qu'on désire qu'on ne peut supporter une autre présence.
(Marcel Proust)

L’une des plus curieuses spécialités de l’homme est de donner un pouvoir de torture à l’absence.
(Hector Bianciotti)

Il n'est rien de si absent dans le monde que la présence d'esprit.
(Antoine Rivaroli)

Je n'ai pas peur de la mort, mais quand elle se présentera, j'aimerais autant être absent.
(Woody Allen)

Il y a des femmes dont on ne supporte ni la présence ni l'absence... c'est sans solution.
(Pierre Vaillard)

Qui te craint en ta présence te nuit en ton absence.
(Proverbe italien)

Saviez-vous que…?
Le désir et l’absence
Par Isabelle Ricard
(Source : revue de psychanalyse Filigr@ne, automne 2005)

  • Selon certains psychanalystes, le désir arrive fréquemment là où nous ne l’attendons pas et il est souvent dû à un leurre de notre esprit qui associe des éléments inconscients de notre cerveau à des détails réels perçus chez l’objet du désir.
  • Le premier moteur du désir serait l’absence – absence d’un être aimé faisant partie du passé ou étant temporairement hors de notre vie. Évidemment, cet être aimé ne peut être remplacé, mais les traits d’autres personnes éveillent, par métonymie, la figure de cet être qui nous manque.
  • La déchirure ressentie lors d’un abandon fait jaillir le désir et ce dernier monte vers autrui – accompagné ou non d’un amour avec un grand ou un petit « a » – en nous rappelant sans cesse que nous sommes insuffisants à nous-mêmes, que nous sommes fondamentalement des êtres « de liens ».
  • Autrement dit, nous sommes des êtres vulnérables à la souffrance liée à la proximité et à la séparation, soumis aux fluctuations du désir – dont la satisfaction ou la non-satisfaction expose nos vies à la joie et au désespoir.
  • De toute évidence, le désir n'est pas soumis aux mêmes règles de fonctionnement chez les uns et les autres. C’est notre caractère qui détermine la « cause » du désir, ainsi que notre imaginaire et notre symbolique propres qui nous poussent vers une quête satisfaisante ou non, source de plaisir ou de frustration.
  • La douleur liée à la perte du premier objet d'attachement est presque ineffaçable chez l’humain (perte à laquelle nous avons survécu et que nous ne cessons de rechercher à travers toutes nos quêtes d'amour ultérieures). On dit qu’on a fini par dépasser ce stade lorsque plus aucun manque ne nous fait souffrir et qu’aucune absence ne nous obsède plus lorsque nous sommes seuls.
  • Il existe des personnes qui ont tellement été blessées par des aventures amoureuses antérieures, qu’au lieu d’orienter leurs désirs vers d’autres objets, elles se contentent de « rêver » à autrui, de ne vivre que dans les souvenirs. Il y a alors une tendance à fuir les nouveaux liens d'attachement pour ne pas supporter le risque que représente l'épreuve d'une nouvelle séparation. Pour n'avoir plus à faire de deuils, ces personnes préféreront choisir de vivre à une bonne distance d’eux-mêmes, de leurs désirs et des autres.

L'absence omniprésente
Par Rosanne Bérard

Je suis assise dans ma chaise, ma chaise berçante. Celle dans le salon près de la fenêtre qui donne sur le champ de patates l’autre côté de la rue. Je le regarde sans le voir. Pascal se promène dans la rue avec son tricycle. Il commence à pédaler. Il avance un pas, il en recule deux. C’est plus facile reculer quand on commence. Il est tellement concentré, tellement beau à voir. Je souris. Le téléphone sonne. Les grincements de ma chaise me tirent de ma torpeur. Je regarde le champ de patates, la rue déserte. Je pleure.

Chronique du dromadaire
Et l’absence est venue…
Par Caroline St-Jean

Encore une chronique au thème imposé : absence, présence et omniprésence, thèmes à traiter en groupe ou un à la fois. Qu’ai-je à dire? Le couple absence-présence, indubitablement rappelle l’école ou le travail. Il s’agit en fait que de termes qui renvoient à l’assiduité des subalternes ou des élèves. Les big boss, eux, ne sont ni présents ni absents, ils sont là ou ils sont en réunion, c’est-à-dire, selon la saison, en ski ou au golf! Absence-présence sont aussi des thèmes associés à diverses mesures de contrôle, des acceptions faisant référence à la routine, au quotidien, aux horaires de travail, au passage du temps.

Banal, très banal!

Je l’avoue d’emblée, ce thème ne m’inspire pas grand-chose de rigolo. Hier soir, à l’heure de l’apéro, un ami m’a téléphoné pour m’annoncer la mort de Jean-Sébastien, quelqu’un qui n’était pas un ami intime, mais tout de même, quelqu’un que j’ai côtoyé à plusieurs reprises parce que lui et moi fréquentions le même restaurant, avions des amis communs, prenions plaisir à régler le sort du monde en s’envoyant des litres de vin derrière la cravate!

Mourir dans un accident de la route, dans la jeune trentaine, c’est toujours «un accident bête», c’est toujours «trop jeune pour mourir». Si je cherche précisément dans quel contexte le mot absence prend tout son sens, je ne peux que penser à la femme de Jean-Sébastien, à ses enfants, mais surtout à ses parents pour qui cette absence insupportable sera aussi une blessure de laquelle ils ne guériront jamais.

À part le simple geste anodin de ne pas se présenter à l’école ou au travail, le mot absence signifie perte, douleur. Dans une magnifique chanson dont le titre est Incident à Bois-des-Filions, chanson qui raconte l’histoire d’un gars qui a perdu sa blonde, noyée dans la rivière des Mille-îles, Michel Rivard chante : «L’amour, la mort, ça prend son pli sur le même support.» Je crois que tout est là, l’absence est étroitement liée à la disparition d’un amour, conjoint ou autre, qu’il soit mort ou qu’il nous ait été enlevé, quelle qu’en soit la raison.

Chaque jour des gens meurent avant qu’on ait eu le temps de leur dire : «Adieu, je t’aime». Chaque année des gens disparaissent, sans qu’on ne sache jamais s’ils se sont enfuis ou s’ils ont été enlevés ou pire encore assassinés. Je pense notamment à Julie Surprenant. Chaque jour, des couples se défont, en créant une onde de choc pour les enfants concernés, pour le conjoint concerné, lorsque la garde partagée n’est pas envisagée, n’est pas envisageable. Serge Lama a écrit une chanson qui parle de cette manifestation toute particulière de l’absence.

Et l'absence est venue peser sur ma détresse/
Dans la chambre déserte où manque ses jouets/ Rien n'le remplacera, ni mes futures maîtresses,/ Ni mon travail, ni le beau temps,/ Je suis démuni comme un père qui vient de perdre son enfant/ Et je suis malheureux. (Serge Lama, L’enfant d’un autre)

Les hasards de la vie ont fait en sorte que je n’ai jamais vécu ce genre de situation, ressenti ce genre d’absence. Par contre, j’ai des neveux et des petits-cousins que j’aime énormément; et j’ai peine à imaginer comment je réagirais s’ils disparaissaient. Tout de même, j’ai des amis qui ont vécu ce genre de situation et qui ont réussi à maintenir le lien avec les enfants de leur ex-conjoint. Je crois que les ex-conjoints concernés ont fait preuve d’une grande maturité. Je crois que les aléas de la vie à deux ne devraient jamais faire en sorte que des enfants se sentent abandonnés, parce que leur parent adoptif s’est fait larguer ou a décidé de tirer sa référence. Je crois qu’aucun ex-conjoint qui a tissé des liens avec les enfants d’un autre ne devrait vivre la détresse décrite par Serge Lama.

*** Ici il va sans dire que le mot ex-conjoint englobe le féminin. Je déteste la féminisation à outrance, cela rend les textes lourds voire illisibles.

Par ailleurs, les hasards de la vie n’ont jamais fait en sorte que je perde un être cher d’une manière tragique. Je n’ai vécu de près que la mort de mes grands-parents. Ce fut d’avantage une petite épreuve qu’un grand choc. Ce ne fut pas un grand choc, parce que leur mort était prévisible, ils étaient tous les deux malades avant de rendre l’âme. Mais ce fut une épreuve, parce que j’étais jeune et que c’était la première fois que je devais passer deux jours dans un salon mortuaire à côté d’un cercueil dont le couvercle ouvert permettait aux parents et amis de dire au revoir au visage cireux de mes grands-parents; c’était la première fois que je ressentais cette maudite absence. Mes grands-parents passaient les fins de semaine et les vacances au chalet de mes parents. L’absence s’est manifestée sous forme de vide immense. Mon grand-père ne serait plus jamais assis dans le grand fauteuil près de la fenêtre, je ne serais plus jamais réveillée par les chansons grivoises qu’il fredonnait en s’injectant de l’insuline le matin. Ma grand-mère ne brasserait plus jamais son gâteau quotidien, à l’huile bras, elle ne prendrait plus jamais son quatrième petit-déjeuner avec moi (ma grand-mère avait l’habitude de re-manger un petit quelque chose à chaque fois que quelqu’un s’asseyait au comptoir pour déjeuner le matin).

Même si jusqu’ici la vie m’a épargnée, je peux quand même imaginer ce que les proches de Jean-Sébastien vont vivre cette semaine, dans les mois et les années à venir. Toutefois, puisque je ne suis pas poète, je vais laisser à quelqu’un qui s’exprime mieux que moi le soin de résumer ma pensée en rendant hommage à ceux qui sont confrontés à l’absence

L’absence

C'est un volet qui bat/
C'est une déchirure légère/Sur le drap où naguère/ Tu as posé ton bras/ Cependant qu'en bas/ La rue parle toute seule/Quelqu'un vend des mandarines/ Une dame bleu-marine/ Promène sa filleule/ L'absence, la voilà

L'absence

D'un enfant, d'un amour/L'absence est la même/ Quand on a dit je t'aime/Un jour.../ Le silence est le même

C'est une nuit qui tombe/ C'est une poésie aussi/ Où passaient les colombe/ Un soir de jalousie/ Un livre est ouvert/ Tu as touché cette page/ Tu avais fêlé ce verre/ Au retour d'un grand voyage/ Il reste les bagages/ L'absence, la voilà

L'absence

D'un enfant, d'un amour/ L'absence est la même/ Quand on a dit je t'aime/ Un jour.../ Le silence est le même

C'est un volet qui bat/ C'est sur un agenda, la croix/ D'un ancien rendez-vous/ Où l'on se disait vous/ Les vases sont vides/ Où l'on mettait les bouquets/ Et le miroir prend des rides/ Où le passé fait le guet/ J'entends le bruit d'un pas/ L'absence, la voilà

L'absence

D'un enfant, d'un amour/ L'absence est la même/ Quand on a dit je t'aime/ Un jour.../ Le silence est le même

(Chanson de Serge Reggiani, écrite par Jean-Lou Dabadie)

Le réconfort n’existe plus
Par Isabelle Ricard

La première grande absence de ma vie se nomme Charlemagne. On dirait un nom de grand-père, me direz-vous. Vous aurez raison – quoique ma sœur désirerait ardemment affubler sa future progéniture de ce prénom, mais « le monde n’est pas encore prêt pour ça », conclue-t-elle avec déception. – Je disais donc que la disparition de mon grand-père (euphémisme à-propos pour la jeune fille que j’étais) est à l’origine du premier grand manque de ma vie. Je ne pense plus très souvent à mon grand-père paternel – nous vivons dans une société de distraction où les nouveaux gadgets, les nouvelles rencontres ont tôt fait de nous faire oublier que nous avons un passé… Toutefois, plusieurs fois par année – et presque toujours dans les mêmes circonstances - me revient ce manque, cette sensation désespérante que, pour moi, le véritable réconfort n’existe plus.

Lorsque j’étais enfant, mes grands-parents me gardaient souvent. C’est bien évidemment ma grand-mère qui avait la tâche de m’amuser pendant la journée, de préparer ma soupe préférée que j’engloutissais comme la gourmande que je suis, de me faire prendre mon bain et mettre en pyjama à une heure raisonnable. Toutefois, c’est à mon grand-père que revenait celle de me consoler, de me réconforter, de prendre sur ses épaules tous mes soucis d’enfant au moment de sombrer vers le sommeil. Combien de soirées ai-je passées la tête appuyée sur ses genoux, alors qu’il me caressait les cheveux, les oreilles et le front jusqu’à ce que je m’endorme? Combien de fois ai-je résisté au sommeil parce que j’avais peur – mon imagination débordante a toujours fait apparaître maints loups malveillants ou fantômes malintentionnés – ou parce que j’étais malade? Tel un gardien bienveillant que rien ne pouvait décourager, mon grand-père n’a jamais failli à sa mission : il n’y a pas une fois où la tendresse des caresses de Charlemagne n’ait cessé avant mon sommeil profond. Même lors de mes insomnies enfantines ou lors de mes somnolences fiévreuses, je n’ai jamais douté des mains chaudes, fortes et réparatrices qui veillaient sur moi jusqu’à ce que je sois en sécurité, dans mon sommeil.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu peur du moment du coucher. Peut-être parce que pour moi le sommeil a toujours été difficile à atteindre. Je ne suis définitivement pas de ceux qui s’endorment n’importe où, n’importe quand, dès que la fatigue se fait sentir. De ce fait, il a toujours représenté le but ultime, la victoire sur l’inquiétude et la veille, le repos enfin arrivé, l’espace sécuritaire où mon esprit cesse d’être en éveil, cesse de se poser trop de questions. Je ne sais pas si grand-papa pouvait percevoir cela, mais il était pour moi une sorte de passeur, un élément transitoire vers l’apaisement.

J’ai beau être une adulte, je ne dors pas plus facilement aujourd’hui. Et mes nuits sont parfois peuplées de cauchemars beaucoup plus inquiétants que les loups d’antan. S’il m’arrive de m’endormir tôt ou aisément, il y a des nuits où je me réveille en sursaut, complètement terrorisée par des images amplifiées d’un livre, d’un film, d’une anecdote ou par celles d’une perfide invention de mon imagination… Légèrement impressionnable (!), je suis parfois complètement paralysée par l’angoisse provoquée par mes projections oniriques. Je cherche alors des mains rassurantes, quand elles y sont, pour me ramener doucement vers la sérénité du repos nocturne. Force est de constater, avec les années, que la petite fille que je redeviens dans ces moments-là ne trouve pas toujours d’écho satisfaisant pour la réconforter.

Pour mon grand-père, j’étais sans doute un trésor, un symbole d’amour et d’avenir, une petite chose précieuse qui côtoyait à la fois le monde des merveilles et des monstres et qu’il faillait parfois accompagner. J’ai l’impression parfois d’être encore cette petite chose-là, émerveillée et curieuse devant tous les mystères du jour, mais épouvantée et vulnérable dans toutes les zones d’ombre. N’est pas un passeur qui veut et peu possèdent une lumière suffisante pour me rassurer, parce qu’être présent ne signifie pas qu’être là, cela signifie irradier l’univers de l’autre par sa présence, ce qui donne à ce rôle une responsabilité que plusieurs – moi la première – ne peuvent pas toujours supporter.

Ne reste donc que l'absence, que le doute vertigineux, que le fil suspendu où je m'aventure toute seule - quelquefois avec aisance, parfois avec appréhension - sans mains chaudes et lénifiantes sur mon front. N'empêche, bienheureux ceux qui, de jour comme de nuit, ont trouvé le réconfort nécessaire pour pallier chaque inquiétude, chaque problème de conscience, chaque idée noire, chaque question existentielle, chaque chagrin, chaque absence... car c'est ce réconfort inconditionnel qui permet la régénération des forces et la quiétude de l'esprit. Bienheureux ceux qui ont cette force en eux et ne la recherchent pas chez les autres, car - c'est bien connu - on dort les uns contre les autres. On vit les uns avec les autres. On se caresse, on se cajole. On se comprend, on se console. Mais au bout du compte, on se rend compte, qu'on est toujours tout seul au monde, toujours tout seul au monde.

Les perles du MEQ

Par Jacinthe Boivin-Moffet

Jacinthe a amassé les perles du MEQ de la session de correction de mai 2006. Le thème était l'aide humanitaire.

Je n’y aurais pas pensé…

  • C’est comme donner une Ferrari à quelqu’un au salaire minimum et après lui demander de l’assurer.
  • Nous devons envoyer l’armée ou les cols bleus en mission de paix.
  • Chaque année, nous donnons généreusement pour faire manger des enfants. Pourquoi ne pas simplement envoyer des chefs cuisiniers en stage?
  • Il serait triste que les Africains utilisent la méthode radicale pour obtenir gain de cause. Je parle ici du cannibalisme qui, bien qu’efficace, n’est pas souhaitable.
  • Finalement, les ONG sont comme les gens normaux : ils essaient de se sauver du travail qui pourrait durer trop longtemps.
  • L’aide humanitaire n’est pas totalement inefficace, mais il boite beaucoup. Ce qu’il faudrait, c’est le plâtrer un bon coup et le relancer correctement. Comment, maintenant, pourrions-nous plâtrer ces entorses disgracieuses ?
  • Tout le monde part sans un regard derrière, laissant habitations et habitants à moitié reconstruits.
  • L’aide humanitaire devrait être un peu comme faire l’épicerie, il faut faire des choix variés, mais surtout chercher les aubaines.
  • L’aide humanitaire sert à éduquer les enfants et leur donner une école où ils peuvent apprendre et peut-être un jour devenir génies ou informaticiens. (Il faut croire que ce sont les deux seules options…)
  • Voyez-vous que l’argent est mal gaspillé?
  • Le gouvernement construit de nouveaux villages pour les sinistrés, mais ils le font comme on dit en bon Québécois «à la butch».
  • L’ONG est un hôpital et les pays sont les patients. Puis tout le monde attend une ligne pour se faire soigner.
  • Finalement, monsieur le Ministre, vous regardez les nouvelles à la télévision, n’est-ce pas? Vous êtes donc au courant que les ONG sont et restent indifférents à la culture des pays démunis. Ils pourraient tous aller mener des légumes à un clan de cannibales.

L’ouverture d’esprit en quelques leçons

Note : la plupart de ces perles font références aux habitants de pays du tiers-monde ou de pays ravagés par des catastrophes naturelles.

  • Ce serait comme si nous apprenions à des enfants, mais pour une cause plus sérieuse…
  • Est-il nécessaire de nous montrer des gens tristes, affamés et sales pour nous faire réagir?[…] Les missionnaires qui se font télédiffuser […] sont en présence de familles défavorisées et plutôt que de leur apprendre à se servir de n’importe quoi […] ils préfèrent les regarder et pleurer.
  • La population sont de vrais chiens de Pavlov en attendant les secours, ils ne peuvent pas se prendre en main, on dirait.
  • Il faut agir comme si on les [les démunis] remettait à neuf sur le marché avec de l’intelligence.
  • Des maladies évitables tuent près de 6 500 Africains chaque jour, c’est-à-dire 2,4 millions à chaque année. D’après vous, ministre, est-ce un nombre suffisant?
  • Croyez-vous que des gens, qui comme en Afrique, vivent de malnutrition, de sida et de corruption, peuvent se sentir en sécurité ?
  • Les pays pauvres ont besoin de notre aide : ils sont aussi pauvres mentalement que financièrement.
  • Dans un pays comme l’Afrique, le manque n’est pas que matériel. Ils n’ont même pas la même mentalité que nous.

Chronique du citadin barbare
Absence, présence et omniprésence

Par David Tellier

Les absents ont toujours tort

« J’ai parfois peur que par malchance/ On ne me fasse payer mes absences/ Absent la fois des peines d’amour/ Pas là la fois de quelques bonheurs/ Tous mes amis se vengent-ils en chœur? » (Daniel Bélanger, Projection dans le bleu)

Selon ma blonde, il faut toujours être présent. Penser aux anniversaires de ses amis. S’informer de l’état « psychologique et émotionnel » d’un collègue au bord de la rupture. Se renseigner sur l’état de santé de la belle-mère...

De un, je suis égoïste et mal élevé. Alors, je ne pense pas à tout ça. De deux, pourquoi s’embarrasser de ces obligations? Si quelqu’un a envie de se confier, pas besoin d’une invitation en règle. C’est connu, tous aiment raconter à la ronde les détails complets de leurs malheurs et de leurs petits bobos. Lors de mon anniversaire, je me fiche des appels et des cartes. C’est le cas pour la majorité des gens. Il faut évoluer avec son temps. En 2006, tu as besoin d’aide, demande-le; tu as des soucis, dis-le; tu veux fêter ton anniversaire avec tes amis, organise un party et ils apporteront boisson et cadeaux. C’est simple, c’est pratique. Je serai désormais présent quand on réclamera ma présence. Au diable la politesse extrême qui oblige à « prévoir à l’avance » les attentions et à « précéder » les besoins d’autrui. Il n’y a que les filles pour penser qu’on devrait être clairvoyant à ce point-là! Arrêtez de clamer que mes absences sont volontaires, irresponsables et égoïstes. Vous voulez quelque chose? Demandez-le. Clairement. Directement. Immédiatement.

Présence réduite

Avez-vous déjà entendu quelqu’un dire : «Ces temps-ci, je ne suis pas vraiment là»? Cela implique évidemment que la dite personne est «ailleurs»! Où se situe ce ailleurs? Personne ne saurait le dire. Quoi qu’il en soit, il justifie commodément plusieurs actes, plusieurs manquements et/ou plusieurs erreurs de jugement. C’est pratique d’être « ailleurs » pour ne pas expliquer autrement pourquoi on a fait ceci. Pourquoi on n’a pas fait cela. Pourquoi on ne répond pas à ceci. Pourquoi on ne regarde pas cela. Ne pas être là, c’est ne pas vouloir être responsable de ses actes. C’est ne pas accepter d’agir en adulte. C’est délibérément agir comme un con. C'est se déresponsabiliser en mettant ça sur le compte d’une faille psycho-temporelle. Si tu es ailleurs, c’est que tu as décidé d’aller voir ailleurs. Assume. Sois présent à ce que tu fais ou n’attends ni compréhension, ni compensation ni délai supplémentaire. À bon entendeur…

Trop et trop plein

Avez-vous remarqué que les femmes sont partout? Le 21e siècle n'en a plus que pour elles. Elles sont majoritaires à l'école, à la télévision, sur et dans les magazines, au parc, au resto, au centre commercial(!)... En plus, ce sont toujours leurs idées qui nous sont imposées (le menu du souper, les activités, la déco, les produits achetés, les programmes télévisés, les raisons pour avoir ou ne pas avoir d'animaux, les raisons pour avoir ou ne pas avoir d'enfants, les raisons pour avoir ou ne pas avoir de maison, etc.) La bouffe est rendue bio, végé, diète, allégée pour les soucis de poids et de santé de Madame. Les centres sportifs les mieux situés sont de plus en plus "pour femmes seulement". Les séries télé offrent de plus en plus de modèles féminins comme personnages principaux (Un homme mort, Annie et ses hommes, Fortier...). À la STM, les femmes ont le privilège de descendre entre deux arrêts de bus après 18h pour ne pas avoir à subir des risques d'agression de notre part. Si je vais chez Réno-Dépot avec ma blonde et qu'on cherche un article, la mesure la plus simple pour avoir de l'aide est que je m'éloigne d'elle. Au bout de quelques secondes, elle se fait apostropher par un commis pour lui offrir de l'aide. Au cinéma, il y a dix films nunuches pour un film de "char". Ras le bol!

Par-dessus tout, c'est dans la maison que les filles prennent le plus de place. Ce qui m’exaspère particulièrement est le nombre de « quossins » dont une fille a besoin pour survivre. Ma blonde possède (juste dans la salle de bain) : une crème hydratante pour le visage pour le jour, une pour la nuit, de la crème hydratante pour le corps, un gel nettoyant, un lait démaquillant, un lait démaquillant pour les yeux, de l’exfoliant pour le corps, de l’exfoliant pour le visage, de l’autobronzant, du baume à lèvre, du shampooing, du revitalisant, du traitement ravive-cheveux, du gel, du fixatif, de la mousse, de la pommade à base de cire pour cheveux (c’est quoi ça?), des masques pour le visage, du maquillage (je vous passe l'inventaire de sa trousse), des serviettes hygiéniques, des tampons, des protège-dessous, de l’antisudorifique et du déodorant (y a-t-il une différence?), de la mousse de bain, du lait pour le corps, des pastilles effervescentes pour le bain, du gel-douche, du parfum, de l’eau de toilette, du talc, des huiles essentielles, des pinces à épiler, de la cire à épiler, du gel à raser, une lime à ongles, un assortiment pour pédicure, etc. J’arrête ici. Je pourrais continuer encore un bout de temps! Victime de la publicité, du marketing, de la mode? Un petit peu! À la lecture du premier jet de mon texte, Isabelle m’a rappelé la blague suivante de François Morency. Contrairement à la fille (et il fait une énumération semblable à la mienne) le gars ne se sert que d’un produit de beauté : Irish Spring, ça lave le corps, le linge, les cheveux, la face. Vive la simplicité! Sans blague, à défaut de sentir qu'il y a de la place pour moi dans ce monde féminin, y aurait-il moyen de reprendre possession de ma salle de bain?

Les films
Par Isabelle Ricard


À voir :

  • La dame de l’eau (Lady in the Water) de M. Night Shyamalan, avec Paul Giamatti et Bryce Dallas Howard (fille du réalisateur Ron Howard et actrice principale du film The Village). Je crois que nul n'ignore à présent mon admiration - on pourrait même me traiter de groupie - pour Monsieur Shyamalan. C'est donc conquise à l'avance que je suis allée voir le 7e long métrage de ce réalisateur. Il s'agit d'un conte fantastique que nous offre le réalisateur de Signs et The Village, un conte cruel et sombre (ce qui n'est pas pour me déplaire), pas vraiment pour les enfants. Dans ce récit, Cleveland Heep, le concierge d’un immeuble, tombe un jour sur une jeune fille - Story - qui lui confie être une nymphe venue livrer un message à quelqu’un qui est en train d’écrire quelque chose d’important et qui ne le sait pas. Une fois le message transmis, la dame de l'eau doit repartir dans son monde, mais les dangers qui la guettent font en sorte qu'elle aura besoin de l'aide de tous les locataires de l'immeuble pour y arriver. C'est Bryce Dallas Howard qui incarne la dame de l'eau - elle était également l'actrice principale dans The Village. Elle a encore une fois un rôle presque muet. Mais alors qu'elle apparaissait forte et déterminée, malgré un handicap majeur, dans son précédent film; elle est, dans celui-ci, d'une fragilité presque navrante. Toutefois, son regard et l'expression de son visage sont un mode de communication par lequel elle excelle. De son côté, Paul Giamatti (qu’on a pu voir dans Sideways) s'impose dans le rôle charnière de Cleveland. Ses mimiques, ses difficultés d'élocution et ses gestes maladroits rendent son personnage attachant. Il a lui aussi la tête de l'emploi et il capte bien l'attention du spectateur. Ceux qui aiment le fantastique apprécieront sans aucun doute cette oeuvre étrange, un rien épeurante et toujours fascinante. Si enfants vous aimiez les contes de fées...

  • Bon Cop Bad Cop d'Érik Canuel, avec Patrick Huard, Colm Feore et Lucie Laurier. Il y a longtemps que je ne m'étais pas autant amusée en visionnant un film. Je crois même que je retournerai une 2e fois voir cette production au cinéma. Ce n'est pas que le scénario (toute la partie de l'enquête) soit vraiment crédible - même que si on s'arrête deux minutes pour y songer, ça n'a aucun sens - mais plutôt qu'il soit un prétexte pour s'amuser aux dépens de nos clichés, de nos différences - réelles ou stéréotypées -, de nos forces et de nos défauts. Patrick Huard incarne le portrait type du Québécois rebelle, brouillon, enfantin, impulsif qui doit travailler avec l'Anglo endimanché, respectueux des règles, méthodique et calme. Évidemment, malgré les inévitables frictions du début de leur collaboration à une enquête québéco-ontarienne (un corps ayant été retrouvé exactement au milieu de la pancarte délimitant la frontière entre les deux provinces), ils découvriront que la coopération est gage de succès et que les forces de chacun pallient les faiblesses de l'autre. Patrick Huard est drôle (surtout dans la scène où il assiste au spectacle de ballet de sa fille), baveux comme on l'aime et abore une petite gueule de fendant quand même bien attachante. Colm Feore lui donne la réplique avec brio, séduit par sa classe et son calme réconfortant et finalement surprend par ses contre-attaques cinglantes. Il y a aussi Lucie Laurier - paraît-il sublime - , Pierre Lebeau - rigolo - et Louis-José Houde, vraiment hilarant en médecin légiste verbo-moteur qui est visiblement un clone du gars des annonces de Lobelaw! Si le film ne vous décroche pas un sourire permanent, c'est que vous avez oublié votre sens de l'humour à la maison.

Les capsules de Guy Bertrand

(source: Radio-Canada.ca)

  • C’est très populaire comme item! En français, le mot latin item est un adverbe rarement usité. Il est synonyme des locutions en outre, de plus, de même. Par ailleurs, le substantif item est généralement considéré comme un anglicisme, sauf dans la langue de la psychologie. Dans le contexte de l’exemple ci-dessus, il aurait fallu utiliser les mots PRODUIT, ARTICLE ou ACCESSOIRE. Dans beaucoup de cas, on peut remplacer item par ARTICLE, notamment dans un contrat, une commande, un catalogue, etc. Dans la langue administrative, on parle d’un POINT ou d’une QUESTION à l’ordre du jour. Dans un budget ou un bilan, le terme consacré est POSTE. Enfin, on parlera des ÉLÉMENTS d’une liste ou d’une énumération.

  • Instituteur, enseignant ou professeur? Toute personne qui enseigne est un ENSEIGNANT. Les personnes qui enseignent au niveau primaire sont des INSTITUTEURS et des INSTITUTRICES. Ces termes appartiennent à la langue administrative, essentiellement. Dans la langue courante, on dira plutôt MAÎTRE et MAÎTRESSE. Enfin, on appelle PROFESSEURS et PROFESSEURES les personnes qui enseignent aux niveaux secondaire, collégial ou universitaire, ou dans un établissement privé. Nota : Seuls les professeurs d'université peuvent porter le titre de Professeur devant leur nom. On dira, par exemple : M. le Professeur X enseigne à l’université et son voisin, M. Y est professeur au cégep (et non pas M. le Professeur Y enseigne au cégep).

  • C’est Hydro qui a initié le projet. On peut initier quelqu’un à une société secrète, à la pratique d’une religion ou aux connaissances fondamentales dans un domaine, mais on ne peut pas initier une chose sans faire un anglicisme! Selon le contexte, on peut traduire le verbe anglais to initiate par LANCER, AMORCER, INAUGURER ou INSTAURER. Dans l’exemple ci-dessus, on aurait dû dire C’est Hydro qui A LANCÉ le projet ou C’est Hydro qui EST À L’ORIGINE du projet.

Section "Un peu d'humour"

Une démonstration de l'omniprésence de la femme dans le couple: