La vie devant moi - Vol. 3 - numéro 5
Pensées du mois
Vous savez ce qu'est le charme: une manière de s'entendre répondre «oui» sans avoir posé une question claire.
(Albert Camus)
Le romantisme, c'est la libéralisation des dragues douces...
(Patrick Sébastien)
Aucune chance de les séduire en leur disant: «Vous n'êtes pas mal». Il faut aller au moins jusqu'à: «Vous êtes unique au monde», minimum qu'elles tolèrent.
(Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline)
Il la fit boire, il pensait la séduire. Elle le fit attendre et il n'y eut jamais entre eux le moindre commencement d'ivresse.
(Jacques Chancel)
Croyez-moi, quelque amour qui semble vous charmer :
- On n'aime point, Seigneur, si l'on ne veut aimer.
(Jean Racine)
Pour se plaire il faut se ressembler beaucoup afin de s'entendre, et différer un peu afin d'avoir à se comprendre.
(Diane de Beausacq)
Si vous voulez plaire aux femmes, dites-leur ce que vous ne voudriez pas qu'on dit à la vôtre.
(Jules Renard)
Saviez-vous que...?
Par Isabelle ricard
(Sources : Julie Pelletier, sexologue; Marc-André Juneau, M.A. sexologue clinicien et psychothérapeute; servicevie.com, psychologies.com)
Il est prouvé que les hommes qui participent davantage dans la maison et dans la gestion des tâches sont davantage actifs sexuellement avec leur partenaire.- Séduire une personne est un travail de longue haleine. Donc, toutes les situations sont bonnes pour séduire. Cela est particulièrement vrai au travail où les occasions de se croiser, de se rencontrer et de s'apprécier sont statistiquement plus élevées que lors d'une soirée dans un bar.
- La première étape pour séduire une personne est d’attirer son attention. Une fois que cela est fait, il faut passer à l'action. Une manière de vérifier si vous avez des chances est de tenter de croiser le regard de votre partenaire potentiel. Si celui-ci s'attarde sur vous, c'est bon signe. S'il détourne les yeux, vous perdez votre temps.
- Deuxièmement, il faut constater les résultats. Vous avez séduit votre flamme quand elle répond à vos gestes. Vous buvez, elle boit. Vous lui saisissez la main, elle la serre. Vous l'invitez à sortir, elle accepte. Voilà des signes qui démontrent que vous savez comment séduire.
- Pour plaire aux femmes : inutile de faire valoir un physique avantageux ou de tenter de les flatter. Pour leur plaire, les hommes doivent surtout les écouter (pour 37 % des femmes), les faire rire (30 %) et les surprendre (21 %).
- Seules 6 % indiquent qu'un homme doit d'abord les attirer physiquement et 4 % leur faire des compliments.
- Voici les défauts qui repoussent le plus les femmes. Pour le quart des femmes (24 %), c'est l'égoïsme qui est rédhibitoire, mais le machisme vient juste après (17 %), suivi par trois défauts jugés inacceptables par une proportion similaire de femmes : la mauvaise foi (13 %), la paresse (13 %) et l'avarice (12 %).
- Les femmes de moins de 35 ans sont particulièrement hostiles à l'attitude machiste : un quart d'entre elles (24 %) jugent que c'est le défaut le moins acceptable, quasiment à égalité avec l'égoïsme (26 %), tandis que les femmes de plus de 35 ans sont 13 % seulement à juger que le machisme est le défaut le moins acceptable, ces dernières étant plus choquées par des hommes paresseux (16 %) ou de mauvaise foi (15 %).
- La figure de l'homme macho mais terriblement séduisant à la Marlon Brando, si elle peut encore attirer les femmes de plus de 35 ans, n'est plus de mise auprès des femmes plus jeunes…
Les résultats de notre sondage maison
Voici les résultats de notre enquête à laquelle ont participé 45 répondants (dont 36% d'hommes).
Les hommes: ce qui vous horripile et ce qui vous fait craquer
Voici les caractéristiques les plus repoussantes chez les hommes. Dans l'ordre:
1) la vulgarité et l'arrogance (ex-aequo) (15 %)
2) l'égoïsme et la malhonnêteté (ex-aequo) (8%)
3) la jalousie et le besoin de contrôler l'autre (ex-aequo) (5%)
4) l'avarisme (4%)
Vous avez aussi nommé: l'attitude de "p'tit Joe connaissant", la pédanterie, les traîneries, la rigidité dans l’éducation des enfants, la dépendance au jeu, la paresse, le matérialisme, la violence, le machisme, la superficialité, l'irrespect, la dépendance, l'impolitesse et la stupidité.
Voici maintenant les caractéristiques que vous avez jugées les plus attirantes chez les hommes. Dans l'ordre:
1) le sens de l'humour (20%)
2) une bonne manière de s'exprimer (10%)
3) la générosité, l'intelligence et l'honnêteté (4%) (ex-aequo)
Vous avez aussi nommé: la bonté, l'amabilité, la grandeur, le sourire, le fait d'être sportif, la simplicité, le respect, la culture, l'ouverture d'esprit, l'esprit d'initiative, l'empathie, la tendresse, la rationnalité, le comportement protecteur, la bonne humeur, l'authenticité, la politesse, les petites attentions pour l'autre, une mignonne gaucherie et l'optimisme.
Les femmes: ce qui vous agace au plus haut point et ce qui vous charme
Voici les caractéristiques les plus repoussantes chez les femmes. Dans l'ordre:
1) le caractère contrôlant (25%)
2) la grossièreté ou la vulgarité (25%)
3) la malhonnêteté ou l'hypocrisie (20%)
Vous avez aussi nommé: l'insouciance, la superficialité, l'arrogance, l'imbécilité, la lâcheté, la méchanceté, la jalousie, la dépendance, la curiosité excessive, le fait de rêver encore au prince charmant et le "poupounage".
Voici maintenant les caractéristiques que vous avez jugées les plus attirantes chez les femmes. Dans l'ordre:
1) la vivacité d'esprit (25%)
2) le sourire, la bonne humeur, le sens de l'humour (25%)
3) la féminité, la sensualité et la grâce (25%)
Vous avez aussi nommé: la beauté du corps féminin, l'indépendance, l'ambition, la douceur, la patience, le fait d'être affectueuse, la curiosité, le sens du partage, l'honnêteté, un féminisme qui s'affirme (mais non enragé!) et la gentillesse.
Merci à tous les participants!
Marinez-vous chez vos harengs?
Par Caroline St-Jean
Je n’avais vraiment pas envie de pérorer sur la drague et la séduction, je n’y connais rien, je n’y comprends rien. Alors, je vous propose une histoire de séduction…
Marinez-vous chez vos harengs?
Mon chum m’a crissée là, j’avais vu venir le coup, mais je n’avais pas le courage, de rompre. C’est fou comme on se sent confortable dans nos vieilles pantoufles. Je suis un peu triste, je vais devoir réapprendre à vivre seule, m’habituer à sortir les poubelles…Je vais recommencer à manger devant les nouvelles, parce que je préfère de beaucoup m’informer en regardant la face de Pascale Nadeau que de broyer du noir assise seule à table, constatant avec effroi que je bouffe encore des spaghettis.
Mon chum m’a crissée là, je vais devoir retourner sur le marché de la cruise. Ça c’est déprimant! Où aller à quarante ans passés? Aller s’asseoir seule au restaurant? Qui osera m’y aborder, surtout que lorsque je suis seule au restaurant, j’ai toujours le nez plongé dans un livre. Au supermarché? Les hommes qui font eux-mêmes leur épicerie sont souvent des hommes roses accompagnés de leurs marmots. Ouash, très peu pour moi. Au cinéma? Ben voyons donc, tout le monde a le regard fixé sur l’écran, sauf les jeunes hommes qui se noient dans le décolleté de leur blonde…Tiens, j’ai trouvé, je vais m’inscrire à un cours de mycologie. Ah! non! chanceuse comme je le suis, si j’y rencontre l’homme de ma vie, je suis certaine qu’au premier souper, je vais l’empoisonner avec une omelette aux champignons, parce que j’aurai confondu la chanterelle avec un de ses petits frères hallucinogènes, patogènes…gênant quoi! Allons-y pour la classique des classiques, la drague dans un bar.
Je décide de jouer le grand jeu, je prends un bain, je me parfume, je me coiffe, j’enfile un pantalon noir bien ajusté, un body noir au corsage en dentelle tout ce qu’il y a de plus émoustillant, puis un chemisier en fin crêpe de soie rouge. En fait, il ne me manque qu’une fleur dans les cheveux pour avoir l’air de Carmen…L’amour est enfant de bohème…Le look provoquant, ça marche à tout coup. Mon père a toujours dit que les hommes auraient besoin de vivre avec trois femmes pour être heureux, une mère, qui les materne et porte leurs beaux enfants ; une intellectuelle avec qui discuter de sujets brûlant d’actualité - les grands enjeux politiques, les hauts et les bas du Canadien - et une pute pour satisfaire leurs phantasmes sans avoir l’impression de trahir qui que ce soit. Pauvre papa, il n’a jamais compris que la plupart des femmes peuvent être tout cela à la fois!
Qu’à cela ne tienne, ce soir j’oublie la femme trois dans une. Ce soir, je vais jouer le grand jeu. Je ne vais sans doute pas rencontrer l’homme de ma vie, mais au moins, je vais sans aucun doute mettre la main au collet de l’homme de ma nuit et ce sera amplement suffisant. À force de toujours dormir avec le même homme, du même côté du lit, en cuiller, on finit par avoir la libido à off…et la tendresse automatisée. Petit baiser avant de fermer les lumières, quelques câlins pas trop suggestifs, on est fatigués, puis dodo douillet les jambes entrecroisées.
22 h, j’entre au café Martini, c’est assez tranquille, il n’y a que quelques tables d’occupées, visiblement les gens qui sont déjà là prolongent leur cinq à sept, parce qu’ils me semblent plutôt amochés. Je choisis de m’asseoir au bar. Le serveur s’approche de moi et, tout en continuant d’essuyer des verres, il me sourit et me demande : «qu’est-ce que je vous serre?» Il a dit vous. Wow! Il est bien élevé, c’est de plus en plus rare de nos jours. Peut-être aussi essaie-t-il de garder ses distances, son vous veut peut-être dire, aye! la vieille, je n’en ai rien à cirer de ta peine d’amour. Peine d’amour peine d’amour, j’exagère, disons nouvel état civil.
- Madame qu’est-ce que je vous serre?
- Pardonnez-moi, je réfléchissais.
- Quel est fruit de cette réflexion?
- Un verre de Nino Franco s’il vous plaît.
- Excellent choix madame!
Excellent choix, de quoi il se mêle celui-là, si j’avais les moyens, je commanderais du vrai champagne, mais, faut se rendre à l’évidence, douze dollars la coupe, c’est déjà bien assez cher. J’ai beau chialer intérieurement, il a vraiment quelque chose de déstabilisant ce serveur-là et ce n’est pas seulement parce qu’il a les cheveux noirs et les yeux verts.
- Une fraise dans votre mousseux madame?
- Pourquoi pas.
Il s’en donne du mal pour me plaire. C’est peut-être la politique de la maison, être toujours très attentionné avec les clients afin de mieux les fidéliser. Je suis un peu mal à l’aise, je ne sais pas trop quoi faire ni quoi dire. Alors, pour me donner une contenance, je fouille dans mon sac, à la recherche du vieux paquet de cigarettes auquel je n’ai recours qu’en cas d’urgence…
- Vous n’auriez pas des allumettes
- Désolée madame, il est maintenant interdit de fumer dans les bars.
Ce que je peux être bête des fois. Je fais semblant de rien, j’étire le bras, je prends mon verre, j’y plonge les doigts pour attraper la fraise qui me nargue…Je n’ai rien vu venir. Un homme s’approche de moi, mon cœur bat la chamade, il est vraiment très très séduisant, assez grand, les cheveux gris, les yeux marine…avant même que je n’ai pu faire ou dire quoi que ce soit, il soulève mes cheveux, puis il m’embrasse dans le cou délicatement.
- En voilà des manières!
- J’en brûlais d’envie. Je me présente, je m’appelle Paul Boisclair.
Pour embrasser une femme avant même de lui avoir parlé, ce n’est sûrement pas le frère de l’autre…
- Non madame, je ne suis pas le frère d’André.
- Vous lisez dans mes pensées?
- Habituellement non, mais cette question, on me la pose au moins une fois par jour. Et vous, quel est votre nom.
- Myriame
- Myriame…
- Bédard.
- Myriame Bédard, votre carabine, elle est où?
- Dans la voiture.
- Vous skiez?
- Oui, mais je ne patine pas, je fais du ski alpin.
- Moi, je préfère le ski de fond.
Avec les épaules qu’il a, il doit avoir toute une poussée. À vrai dire, je me défoncerais volontiers pour avoir le privilège de le suivre dans un sentier.
- Vous êtes sportif?
- Je n’suis pas un athlète, mais j’aime bien me retrouver en pleine nature. Une promenade dans le parc, ça vous dirait, le temps est si doux ce soir?
D’un trait, je vide mon verre. Je me retourne vers lui, je lui fais mon plus beau sourire. Je ne sais vraiment pas ce qui me pousse à accepter cette invitation, mais j’ai vraiment très envie de partir à l’aventure. En plus, je ne sais pas pourquoi, mais je me sens en sécurité. Je ne pensais vraiment pas rencontrer un homme aussi gentil, je ne le connais pas encore, mais je suis certaine que je ne serai pas déçue. Moi qui croyais ne pouvoir tomber que sur des âmes en peine tout juste bon à partager une brève partie de jambes en l’air…
Décidément ce soir, je suis à des lieux de l’éternel :
«Marinez-vous chez vos harengs»!
La séduction pour les nuls
Par Isabelle Ricard
La valse des maladroits
Vous l’aurez compris par mon titre, ce texte s’adresse surtout aux hommes! (Entendrais-je ces messieurs hurler leur agacement, leur mécontentement, leur désapprobation? Allez-y, hurlez… on est habituées!) Pourtant, en matière de séduction, s’il y a des hommes qui savent vraiment nous mettre dans un état d’émoi, de trouble, voire de commotion, on n’a pas besoin d’être une fine observatrice du genre humain pour remarquer qu’ils sont tout de même légion ceux qui nous exaspèrent, qui nous font rire par leur ridicule comportement de mâle désespéré en rut et qui en font toujours trop pour impressionner sans avoir compris qu’en matière de séduction, comme pour le reste, faire preuve de parcimonie dans la parole et dans le geste est nettement synonyme de bon goût!
Je pense entre autres à ce collègue de travail qui, chaque matin, quel que soit ce que les femmes [célibataires de préférence] portent, leur envoie un « Hey, sexy! » tellement rébarbatif qu’il compromet ses chances d’avoir un jour une discussion agréable avec l’une d’entre elles et augmente, par la même occasion, le niveau de mépris et de colère qui lui sont – ou lui seront - destinés. Le plus beau dans tout ça? Monsieur ne se rend compte de rien! Je pense également au type tellement imbu de lui-même, tellement arrogant qu’il ne peut concevoir qu’on ne soit pas pâmées devant lui ou encore à celui dont les blagues idiotes et vulgaires, qu’il raconte un ton trop haut en espérant attirer l’attention, lui donnent l’air d’un morron fini auquel on ne voudrait surtout pas être associées.
Il y a également l’ennuyeux qui s’accroche avec l’énergie du désespoir si on a la naïveté de lui adresser une parole de politesse ou un bonjour lorsqu’on n’en a vraiment pas le choix. Il faut ensuite se sauver – littéralement – en prétextant n’importe quoi pour le tenir à l’écart. On ne voudrait surtout pas être là lorsqu’il se risquera (Dieu nous en préserve!) à lancer une invitation des plus inopportunes. Bon, j’arrête ici mon énumération, il y a tellement de catégories de nuls…et on les côtoie quotidiennement! Je sais bien que tous ces hommes ne sont pas nécessairement des imbéciles, mais ils sont assurément maladroits, mal informés, non observateurs, incapables de détecter le langage corporel et non familiers avec le concept de séduction. Avec la bonté naturelle et la grandeur d’âme que vous me connaissez tous (!), j’ai décidé d’expliquer quelques petits principes de base à ces pauvres hommes atteints de déficience charismatique.
L’approche physique ou l’éveil des sens
Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’il y a plusieurs façons de séduire une femme. Si la nature vous a doté d’un physique avantageux ou encore que vous avez assez d’assurance pour dégager un magnétisme naturel, vous pouvez tenter de séduire par l’approche physique. Bien entendu, cette approche devra se faire en excluant tous les comportements mentionnés ci-haut, sinon vous saboterez tous vos efforts.
Il n’y a pas vraiment d’ordre d’importance à respecter, mais si j’étais vous, je mettrais d’abord l’accent sur l’odorat (j’ai une petite préférence pour les plaisirs olfactifs). Un parfum qui va bien peut vite devenir synonyme d’espoir, de réconfort, de désir…voire de fantasme. C’est peut-être cliché, mais un chandail qui traîne imprégné du parfum d’un être qu’on convoite est un trésor inestimable qu’on hume en cachette, les yeux fermés, et qu’on serre contre soi. De plus, un cou légèrement voilé par un parfum enivrant est une invitation à s’y attarder quelques secondes de trop. C’est un effluve inspirant qui détourne la tête, même lorsqu’on est concentré; c’est un signe distinctif qui est comme une promesse; c’est un souvenir instantané chargé de trouble lorsque le hasard nous renvoie un arôme familier. (Vous aurez déjà compris que les parfums sont pour moi comme les petites madeleines de Proust…)
Le deuxième sens à exploiter est le toucher. Ceux qui sont très tactiles dans leurs interventions en général ont, selon moi, un grand avantage sur les autres (excepté, bien entendu, si cette manie est doublée de caractéristiques repoussantes, auquel cas, le contact est répulsif et le haut-le-cœur est plus probable que le coup de foudre). Si vous n’avez pas déjà une tendance naturelle à toucher l’avant-bras de vos interlocuteurs (pour appuyer une idée importante ou pour signaler votre enthousiasme), le haut des épaules ou le dos (en signe d’encouragement ou d’affection)… ce serait peut-être une bonne idée de vous y mettre subtilement. Un contact physique fréquent (s’il semble être bien accepté), marié à un rétrécissement progressif de la bulle qui vous sépare de la personne désirée lors de vos échanges, est un bon moyen d’attiser l’intérêt. Évidemment, dans ce domaine, un bon dosage est nécessaire. Un effleurement est beaucoup plus efficace que n’importe quel geste trop évident. Il a l’avantage d’être ambigu : «Était-ce voulu? Ce frôlement délicieux était-il le fruit du hasard ou d’un calcul astucieux?» Ah, les déchirants moments qu’elle passera à se questionner sur vos intentions!
En troisième lieu, dans toute bonne tentative de séduction, il ne faut point négliger la modulation du son de sa voix. Habituellement, le ton est plus langoureux, le débit plus lent, le rythme plus doux lorsqu’on s’adresse à une personne qu’on convoite. Un ton plus grave est tellement plus sensuel que le ton trois fois trop aigu du rire forcé destiné à attirer l’attention ou encore au débit ultra rapide de celui qui pense se mettre en évidence par son babillage intempestif au lieu de se servir de ses oreilles pour écouter. Ah, soit dit en passant, les grossièretés, les jurons, les «si j’aurais» et les autres erreurs de langage atroces et évidentes écorchent la douce oreille de la belle dame…
Finalement, ce ne sera pas un grand scoop, qu’on le veuille ou non, que cela contredise ou non nos valeurs fondamentales, l’apparence compte! Cela ne veut pas dire qu’il faille absolument être beau ou très beau pour plaire, cela veut tout de même dire que si on n’exploite pas son plein potentiel, la demoiselle s’en apercevra. C’est toujours agréable de remarquer qu’avant de venir nous conter fleurette, le courtisan s’est fraîchement rasé, a mis des vêtements qui le mettent en valeur, a le regard pétillant, insistant et concentré (comprendre : il ne se retourne pas pour regarder passer la fillette en mini-jupe), et il est tout sourire…
(Vous aurez compris que j’occulte le goût, vous n’en êtes pas rendus là…)
L’approche humoristique
Vous n’avez pas les caractéristiques requises pour la séduction physique? Vous en êtes capables, mais vous sentez qu’il faudrait un petit quelque chose de plus avant d’entreprendre cette démarche? Vous pouvez, si vous en avez le talent et l'intelligence, user de l’approche humoristique. Attention toutefois, cela demande une vivacité d’esprit, une finesse de pensée et une conscience de son environnement qui font défaut à plusieurs d’entre vous. En effet, certains confondent humour de bon goût et humour de fond de taverne. Vous pouvez laisser de côté – définitivement – vos blagues sexistes, racistes, cochonnes, homophobes ou simplement discriminatoires, elles sont – et ce, sans appel – totalement inappropriées et vous font passer – ou devrais-je plutôt dire vous révèlent – pour des êtres rustres et vulgaires. Pour que l’humour séduise, il doit être subtil, recherché, un rien audacieux; il doit démontrer hors de tout doute votre intelligence, votre esprit hors du commun (lors de répliques amusantes ou virulentes lorsqu’il y a déjà complicité) et votre capacité à rire de vous, à ne pas vous prendre au sérieux. Bref, il devra instaurer une connivence qui aura l’art de plaire et d’inspirer confiance.
L’approche stratégique ou marathonienne
Certains candidats, jugés battus d’avance, peuvent réussir une entreprise de séduction haut-la-main s’ils appliquent adéquatement la stratégie marathonienne. Bien entendu, vous avez intérêt à être certains de votre choix, car si c’est l’approche la plus risquée et la plus improbable, c’est aussi celle qui donne les résultats les plus probants lorsqu’elle réussit. Cette tactique s’effectue à long terme (il ne faut quand même pas exagérer! J’ai un ami qui en a abusé pendant deux ans! Heureusement, ses efforts furent couronnés, mais le désespoir n’était pas loin!) et elle consiste à entrer insidieusement dans la vie de la personne que vous voulez séduire, en démontrant, d’une part, votre intérêt pour elle et en devenant, d’autre part, une personne indispensable qu’elle voudra connaître toujours davantage. Par contre, ce moyen n’est pas pour les égoïstes, car cela demande des heures et des heures d’observation et d’écoute pour connaître ses goûts, ses intérêts, ce qui est important pour elle, ce qui la fait rire, ce qui lui fait de la peine, ce qu’elle aime partager, ce qu’elle veut garder pour elle… Pragmatiques, impatients, égocentriques et individualistes s’abstenir!
Compliquée la séduction, dites-vous? Bien sûr, mais c’est ce qui fait la beauté de la chose… C’est un jeu amusant à la fois pour le séducteur et pour l’être séduit. Il n’y a pas de méthodes infaillibles ni de manières parfaites pour séduire quelqu’un. Cela se fait parfois dans des conditions étranges et, malheureusement, aucune stratégie ne vaudra les heureux hasards de la vie.
Chronique du citadin barbare
Ce que femme veut
Par David Tellier
Qu’est-ce que vous voulez? Une bonne fois pour toute, j’aimerais qu’une représentante de la gente féminine me dise ce que vous attendez de nous. Clairement. Est-ce que c’est juste moi ou nous, les hommes, sommes complètement perdus et avons l’impression d’avoir loupé un épisode lors de la distribution des rôles? Les femmes n’aiment plus les hommes roses. Tant mieux. Elles n’aiment plus les machos. D’accord. Elles recherchent donc quelque chose de très nuancé entre ces deux extrêmes. Pourrait-on être plus précis?!
Elles nous veulent galants, mais pas trop. Et encore, certaines prennent la galanterie pour une insulte. Elles nous veulent cultivé et intelligent. Toutefois, il ne faut pas trop le montrer, sinon elles nous taxent d’arrogant ou de suffisant. Elles nous veulent virils en certaines circonstances. Au lit… et lorsque vient le temps d’effectuer des réparations sur la maison ou sur l’auto. Par contre, dès qu’on rentre après avoir accompli nos tâches « d’homme », il faut vite redevenir un être sensible qui comprend instantanément qu’elles sont exténuées et qu’elles ont besoin d’aide pour la préparation du souper. C’est alors le temps de sortir le génie créatif qui est en nous pour apprêter un met rapide, peu calorifique et exquis!
Elles veulent encore que nous les trouvions indispensables. Que nous les aimions au point de ne pouvoir vivre sans elles. Mais gare à celui qui prend ces mots au sérieux! Ça doit rester une métaphore! Les femmes d’aujourd’hui sont indépendantes. Si elles veulent entendre des mots d’amour de ce type, elles ne tolèrent pas qu’on partage la grande majorité de leur temps et de leurs activités. Il faut être AUTONOME. Ce qui veut dire ne pas les embêter dans leur horaire quotidien et attendre qu’elles nous fassent signe, sans avoir l’air de s’ennuyer d’elles pour mourir. Elles ne veulent surtout pas un mec mou (sans mauvais jeu de mots) ou soumis. Néanmoins, ce sont toujours elles qui décident du rythme auquel la relation évolue et du sens vers lequel il évolue. Si nous ne sommes pas contents et que nous les brusquons : au suivant! Même phénomène lorsqu’elles ont des sorties prévues entre copines ou avec des collègues de travail : ce n’est surtout pas le moment de leur dire que nous avons un besoin fou et pressant d’être seuls avec elles. Dans la situation inverse, il nous faudrait satisfaire sur le champ la demande de madame sous peine de représailles.
Souvent, elles nous traitent « d’adolescents attardés » si par malheur nous avons des passions ou des loisirs jugés trop « bébés » pour elles. Par contre, si nous n’avons pas cela, nous passons pour des êtres ennuyants, trop sérieux et incapables de s’amuser. J'en déduit qu'il faut savoir dévoiler un petit côté ludique bien retenu! Elles nous souhaitent encore ambitieux. Mais pas matérialiste ni superficiel. Peut-on traduire cela par le fait qu'il faut faire de l'argent, tout en faisant semblant de ne pas y accorder d'importance? Il faut que ce soit assez visible pour que les amis et les parents de Madame s'en rendent compte et l'envient, sans aborder de près ou de loin le sujet économique. Il nous faut également être protecteurs, mais pas paternalistes. Fermes, mais pas grossiers. Attentifs, compréhensifs et écoutants, mais on doit garder pour nous les conseils ou les mots de réconforts sous peine d’avoir l’air contrôlant.
Pas facile à suivre la femme d’aujourd’hui! Pas facile non plus à satisfaire. Si nous étions aussi exigeants que vous, mesdames, une harde de féministes crierait déjà au machisme et au scandale! Non, l'homme actuel est un être naïf quasi sans exigences, qui attend d'être sélectionné, jaugé, évalué, puis choisi ou rejeté parmi la masse des êtres sans importance. Il a bien quelques préférences... Il rêve bien la nuit à la brunette enjouée et souriante avec laquelle il travaille... Il sait bien, pourtant, que peu importe son désir, son intérêt voire son amour... TOUT dépendra d'elle!
Les perles du MEQ
Par Jacinthe Boivin-Moffet
Jacinthe a amassé les perles du MEQ de la session de correction de mai 2006. Le thème était l'aide humanitaire.
Orthographe, syntaxe, vocabulaire et compagnie
- Les gens qui écoutent les concerts se sentent austères pendant quelques heures et ensuite ils n’y pensent plus pendant 20 ans.
- Il y a une chose me tricote l’esprit.
- Elle a été témoine des violences.
- Il y a des sommes destinées à l’aide d’urgence qui dorment dans les coffres alors qu’elles pourraient être utilisées dans les pays en crisse comme le Congo et le Soudan.
- Les menaces proférées par les fans de certains chansonniers, comme Bono, 50 cent et Sting…
- Lorsque tous les cadavres ont été récoltés…
- On peut comprendre mon point de vue à l’aide de l’adverbe suivant : au lieu de donner un poisson…
- Je crois que l’efficacité reste à désirer.
- La question qui me chatouille l’esprit…
- Pour ma part, je consiste à dire que…
- Des maisons en terre crutes
- Si l’étranger continue de la sorte ils auront des centaines de morts sous les bras
- … les infirmes dépenses que nous aurons fait pour ces pays…
- Le seul organiste que je connaisse qui offre une aide appropriée est celui du cardinal Léger.
- Les catastrophes naturelles, les infusions de sang et la pauvreté extrême ne datent pas d’hier.
- En premier lieu, jetons-nous sur le côté politique.
Logique ?
- Certains affirment que l’aide humanitaire existe pour une raison. C’est de venir en aide aux gens qui en ont besoin. Ces personnes ont perdu leurs familles, leurs maisons, leurs biens et peut-être même leurs vies.
- Plantez des champs auxquels leur famine n’aura pas accès.
- Toutes les catastrophes ont droit à nos services.
- Il y a des crises qui n’atteignent pas leurs objectifs.
- Cependant, après le calme de la tempête…
- Aujourd’hui, plus que maintenant, les pays touchés par ces catastrophes ont besoin d’argent pour succomber à leur perte.
- C’est la raison pour laquelle l’aide humanitaire a été mise à pied.
- Je suis complètement en défaveur que l’efficacité de l’aide humanitaire accordée aux pays en crise soit adéquate.
- Certains disent que les pays en font déjà assez trop.
- Les villageois ne pouvaient payer leurs besoins.
- Vous devriez d’abord vous baser sur les besoins fondamentaux comme la famine, l’eau, les médicaments.
- Je resterai avec mon point de vue, que l’efficacité de l’aide humanitaire accordée aux pays en crise me méprisera toujours.
- Selon moi, ma position sur l’efficacité de l’aide humanitaire est très nulle.
- Je suis en discorde avec l’efficacité de l’aide humanitaire.
- Vous, Ministre des Affaires étrangères, aimerais-tu qu’on laisse vote gentillesse au vide ?
- Notre planète et les gens qu’elle consiste forment une équipe très délicate.
- On devrait envoyer à l’Afrique des biens qui les aideront à se développer, comme des professeurs.
- Le présent ou le futur, lequel est le plus important, logiquement, ça serait le futur, car si on s’occupe seulement du présent, le présent du futur va être identique à celui d’aujourd’hui.
- Les gouvernements prêtent de l’argent à ces pays pauvres en sachant très bien qu’ils ne pourront pas être remboursés. C’est un peu comme déshabiller Saint-Pierre pour habiller Saint-Paul.
- C’est pas en les habituant à nous que ces gens vont survivre. Théoriquement, on devrait les aider à déménager chez eux.
- Pour ma part, je dirais un non affirmatif.
- L’aide internationale envers les pays en chute libre se dévoile d’une beauté rare.
- [Monsieur le ministre], vous faites des grands efforts pour matérialiser nos êtres en détresses…
- Les personnes pauvres ne sont pas plus responsables que nous des ébats de dame nature.
- … Ou bien encore offrir cet argent pour régler des problèmes de santé tels que la malnutrition, le sida, la corruption, etc.
- […] on tente de résoudre les problèmes en lançant de l’argent dessus.
- L’être humain a été créé pour survivre à sa mort.
- Les personnes qui nous aident le plus dans notre socialité sont souvent l’ONG et le G8.
Le ministre des affaires étrangères est l’organisme le mieux placé pour traiter sur les objectifs visés pour l’aide humanitaire. - L’aide humanitaire a pour but de redonner la vie à ceux qui sont sur le chemin de la perdre.
- De nos jours, plusieurs catastrophes naturelles surviennent sans prévenir les pays concernés.
- Cela est comme un homme qui se blesse la jambe, mais les trois autres sont en parfaite forme.
Les films
Voici une suggestion de films à voir pour ceux qui ont envie d'histoires de séductions:
1) Les liaisons dangereuses (Dangerous Liaisons) (1989, John Malkovitch, Uma Thurman, Glenn Close, Michelle Pfeiffer)
2) Valmont (1989, Colin Firth, Annette Bening, Meg Tilly)
3) Cyrano de Bergerac (1990, Gérard Depardieu, Anne Brochet, Vincent Pérez)
4) Quand Harry rencontre Sally (When Harry Met Sally) (1989, Billy Crystal, Meg Ryan, Carrie Fisher)
5) Entretien avec un vampire (Interview with a Vampire) (1994, Tom Cruise, Brad Pitt, Stephen Rea)
Les capsules de Guy Bertrand(Source : Radio-canada.ca)
- La robe est lousse!
« Lousse » est un anglicisme. Selon le contexte, on peut traduire l’adjectif anglais loose par LÂCHE, AMPLE, FLOTTANT, LARGE, DÉNOUÉ, DÉTACHÉ, DESSERRÉ, etc. Pour qualifier une robe, AMPLE peut avantageusement remplacer « lousse ».
- C'est leur nouvelle ligne de produits…
« Ligne de produits » est un calque de l’anglais. En français, on appelle GAMME DE PRODUITS une série de produits comparables appartenant à une même catégorie. En contexte, le mot gamme suffit. Rappelons qu’on appelle respectivement haut de gamme et bas de gamme l'ensemble des produits les plus chers et les moins chers dans une même série.
- Loquace (prononciation)
Loquace se prononce LO-KASS. La prononciation « lo-kwass » est considérée comme vieillie. Il ne faut pas confondre les adjectifs loquace et éloquent. Loquace qualifie une personne qui ne se fait pas prier pour parler (dans la langue courante, on utilise plus souvent le quasi-synonyme bavard). En revanche, on utilise l’adjectif éloquent pour qualifier une personne qui s’exprime avec aisance et persuasion.







