La vie devant moi

dimanche, décembre 19, 2004

La vie devant moi - numéro 12

Pensées du temps des fêtes

«Tu fais quoi pour Noël? - Je prends deux kilos.» (Anna Gavalda)

«Quand on décore un sapin de Noël, on a toujours l'impression qu'il nous faudrait une guirlande de plus.» (Une des lois de Murphy)

«Je voudrais neiger autour de toi, et me perdre dans la neige.» (Yves Préfontaine)

Chronique du dromadaire

Snobisme et gastronomie…
Par Caroline St-Jean

Hier soir, c’était soir de tempête. J’aime assez ce genre d’atmosphère. À l'apéro, ma copine Josée était invitée à l’ouverture officielle de la boutique de mon ami forgeron. Comme elle habite à Deux-Montagnes et que les routes n’étaient pas vraiment carrosables, elle s’est pointée chez moi à l’heure du souper. Je lui ai fait sauter quelques crevettes avec des légumes, le tout servi avec du riz vapeur. Elle avait apporté une bouteille de vin de dépanneur, because la SAQ est en grève. On s’est donc empiffrées, puis on a décidé d’aller affronter les intempéries. Il ventait fort, parfois le grésille nous fouettait le visage, mais quand même, comme diraient mes amis du lac, «c’était ben plaisant de voir toutes les décorations de Noël enfin poudrées avec autre chose que de la neige en canette.»

À notre retour, mon amie, qui est une marmotte, a décrété qu’il fallait aller se coucher, parce qu'elle, elle se levait tôt le lendemain. Moi, mercredi, je ne travaillais qu’à 10 h 30; elle, qui ne travaille pas les mercredis, projetait de se rendre de bonne heure à Tremblant pour dévaler les pentes. Je suis un oiseau de nuit et je ne suis pas du genre à écouter mes amis qui veulent décider à quelle heure je dois aller au lit. Alors, pendant que ma tante Josée ronflait, j’en ai profité pour zapper un peu. Je suis tombée sur l’émission de Chrystine Brouillette à Télé-Québec, Qui dit vin. Les invités étaient Bruno Pellletier et François Chartier, le sommelier. J’aime le vin, j’adore cuisiner et bien manger, mais là-là, il y a des limites. Depuis un certain temps, les émissions sur la bouffe pullulent, les chroniques culinaires aussi, tant des les journaux que dans les magazines. Je ne suis pas millionnaire, mais je gagne très bien ma vie (du moins, selon Statistiques Canada, je gagne seule, plus que la moyenne des familles québécoises, alors…). Eh bien croyez-moi, je ne suis plus capable de supporter les Di Stasio, Brouillette, Chartier et autres Daniel Vézina de ce monde. Passez-moi l’expression, «christ qu’ils sont snobs»!

Vendredi dernier, René Homier-Roy cuisinait avec Di Stasio. Que faisait-il? Un petit dessert tout simple. Des boules de melon au porto. Youhou! Même si mon ami Claude, acheteur compulsif, a au moins quatre cuillers parisiennes lui permettant de faire des boules de quatre grosseurs différentes, la majorité des Québécois n’ont pas ce gadget culinaire. En plus, ils ont autre chose à faire dans la vie que des boules de melon. Quant à moi, en plus de détester le cantaloup, le porto tawny 20 ans, si je mets la main là-dessus, je vais le boire, pas en faire de la marinade à cucurbitacées.

L’an dernier, Pinard donnait dans le jell-o maison aux oranges sanguines et muscat Beaume-de-Venise. Aye! Même si on prend un sachet de gélatine knox, un jell-o, c’est un jell-o, un dessert à peine digne de figurer au menu d’un hôpital de la Rive-Sud. Au risque de me répéter, si vous avez la chance d’avoir un bon muscat, buvez-le.

Daniel Vézina est le chef du Laurie-Raphaël, un restaurant de Québec à 200$ le couvert. Il signe régulièrement une chronique culinaire dans la grosse Presse à Desmarais. Esssayez de faire ses recettes. Si vous n’habitez pas à côté du marché Jean-Talon, si vous n’avez pas un fournisseur privé, comme lui, ce sera impossible. Il n’utilise que des produits introuvables : carottes blanches, patates bleues, mini-pâtissons, betteraves oranges, ail éléphant, huile de pistache. Je suis sans doute totalement dépassée, mais chez moi, les patates sont blanches, les carottes orange, les betteraves rouges et les gousses d’ail ordinaires, pas éléphantesques!

Puisqu’elle m’a inspiré ce texte, parlons de Chrystine Brouillette. Je veux bien croire que c’est payant d'écrire des polars dont le personnage principal, ironiquement, à un nom de vulgaire biscuit «Graham» ; je comprends que dans une émission sur le vin, il ne peut être question que de piquette, mais entre la cuvée du Marchand à 10,00$ le litre et un château Giscours à je ne sais combien, n’y-a-t-il pas des vins abordables et buvables? À l’émission d’hier, il était question d’un syrah 2 000 à 60$. Achetez-vous souvent des bouteilles à 60$? Moi, jamais. Si je le faisais, je ferais banqueroute: on est alcoolique ou on ne l'est pas. Le prix des vins que Mme Brouillette présente, ce n’est pas la seule chose qui m’horripile, il y a aussi le vocabulaire. À cet égard, M. Chartier me reverse. Hier, il a dit au sujet du syrah 2 000 à 60$ : «ce vin est jeune, l’ouvrir maintenant, comme on vient de le faire, c’est presque un infanticide. » Oui, oui, un infanticide. J’imagine que son chien s’appelle Sophie, tant qu’à faire un transfert sur les enfants… Il a aussi dit qu’un vin était compoté, qu’un autre sentait la violette et les olives noires (mûries au soleil de Toscane j’imagine!). Encore là, excusez mon côté inculte, mais je n’ai aucune idée de ce que peut sentir une violette ; et malheureusement, au pif, je n’arrive pas à distinguer l’odeur d’olives noires mûries au soleil de Toscane de celles mûries au sud de Barcelone. Quant au vin compoté, les seules compotes que je connaisse sont celles de pommes et d’oignons. Je ne comprends pas comment un vin rouge peut être «compoté». Sent-il les pommes ou les oignons? Les petits fruits rouges peut-être? Il y a toujours des p'tits fruits rouges dans les vins, selon les spécialistes. Et le raisin dans tout ça? Comment se fait-il que le vin ne sente pas le raisin?

M. Chartier ne s’est pas arrêté là, il a affirmé sans sourciller qu’un vin sentait la brioche aux bleuets bien sucrée et il a rajouté, surtout pas les muffins. Et vlan pour Tim Horton! M. Chartier a suggéré avec son divin vin –l’infanticide- une gigue de cerf accompagné de riz sauvage et d’une poêlée de champignons sauvages ou de salsifis. Pas de patates bleues rôties dans la graisse d’oie du Périgord? Quelle insulte à la gastronomie! Je ne sais pas où il fait ses courses, mais au Québec en décembre, les champignons sauvages sont rares. Où trouve-t-on une gigue de cerf, est-il braconnier ce M. Chartier? Et les salsifis? Je sais que c’est un tubercule, mais je n’ai pas la moindre «salsifis» d’idée d’où c'qu'on peut trouver ça! J’ai le même problème avec l’huile de truffes qui se retrouve dans toutes les recettes branchées des magazines snobs du genre « Flaveur ». De toute façon, si je ne m’abuse, une truffe, c’est un champignon à plus de 1 000$ le kilo. Or, quand on presse un champignon, il rend de l’eau, pas de l’huile. Tous ces toqués devraient donc dire de l’huile aux truffes. Parlant de toqués, Labrie ne donne pas sa place lui non plus. La dernière fois que je l’ai vu à la télévision , il cuisinait des cœurs de quenouilles du Bas-du-Fleuve et un poisson au persil de mer de la Gaspésie. La quenouille d'un fossé du lac Cloutier, ça ne fait pas l’affaire, ni le persil du Métro du coin? Ah! Bon! On en apprend tous les jours.

Pour en finir avec le snobisme, je vais y aller d’une longue énumération. Oyé! Oyé! gens du peuple, comme vous, y’a plein d’autres choses qui me rendent dingue :

- Le retour en force des Martinis. Je déteste et le gin et le Martini et les olives vertes farcies aux poivrons…rouges, il va sans dire!

- Les cigares et le porto. Le porto passe toujours, mais les cigares, c’est dégueulasse, parlez-en à Pierre Bélanger.

- Les tranches de concombre farcies au saumon fumé. Faut vraiment avoir du temps à perdre pour farcir un concombre. Vive les barquettes de céleri au cheez-wheeze!

- Les pâtés sur galettes de riz, je n’aime pas la texture de gypse des galettes, désolée, je n’ai pas la dentition des écureuils!

- Les sushis! J’aime les sushis, mais trop c’est comme pas assez. On dirait que 95% de mes amis sont Japonais. Ils sont où les cubes faits de jambon cuit et de Philadelphia?

- Les piments d’espelette. Que voulez-vous, j'habite trop loin de l'Épicier!

- Les vieux vinaigre balsamique à 80$ les 200ml. J’ai reçu en cadeau un vieux vinaigre de 8 ans (je sais, pour Chartier, c’est un vinaigre en couche-culotte, mais bon, 20$ pour du vinaigre, je trouve déjà cela cher), quand la bouteille a été vide, je l’ai remplie avec du vinaigre Pasterne à 3$ le litre que j’avais réduit de moitié. Vous auriez dû voir certains de mes invités se péter les bretelles avec mon bon vieux vinaigre sirupeux si goûteux…

Aujourd’hui, je me concentre sur la bouffe, mais le snobisme n'est pas qu'affaire de bouffe :

- Certains me regardent de haut parce que je n’ai pas de skis paraboliques. Pourtant, je n’ai pas de difficulté à tourner mes bons vieux Kastle jaune fluo 195 cm.

- Je n’ai pas de vélo à 3 000$, et même si ma belle-sœur insiste pour que j’investisse dans une telle bécane, je continue de penser qu’un vélo à 3 000$, ce n’est pas un investissement, c’est une dépense, une grosse dépense…

- Je n’ai pas de cellulaire, je déteste parler au téléphone et je ne tombe jamais en panne (tous mes amis qui ont un cellulaire prétendent que c’est « en cas de panne »). De toute façon, je ne comprends pas qu’ils en aient un, il le laisse toujours fermé.

- Je n’ai pas non plus de voile Flex à 800$…il me faudrait des skis paraboliques…

- Je ne porte pas de casque en ski, j'aime vivre dangereusement!

- Je n'ai ni Kanuk, ni habit Spider à 1 000$. Je ne gèle jamais, alors des warm-up motton gueere de l'Équipeur, ça me convient tout à fait.

- Je n'ai pas de véhicule utilitaire sport. Ça pollue et ça donne un faux sentiment de sécurité qui permet de s'enfoncer plus creux qu'en voiture, lorsqu'on prend le champ.

Ouf! Je vais m'arrêter ici, je suis essoufflée et convaincue que la liste est interminable. De toute façon, il faut que j'aille m'occuper du foie gras au torchon qui mijote sur le feu. Quelqu'un connaît-il le nom d'un bon sauterne à 40$ les 350 ml?

Faut croire qu'on est toujours un peu le snob de quelqu'un d'autre…
(Libre adaptation d'un vers de Lelièvre, "on est toujours un peu l'Iroquois de quelqu'un").

Cela dit, le foie, je l'ai eu en cadeau, sans doute d'amis snobs auxquels je ferai goûter mon vieux vinaigre!!!


Lettre au Père Noël
Par Isabelle Ricard


Cher Père Noël,


Puisque j’ai été bien sage cette année (depuis le 1er janvier, je n’ai pas vomi aux différents partys où j’ai été invitée; je n’ai pas volé d’individus qui ne le méritaient pas; je n’ai méprisé que les gens qui ont volontairement choisi la médiocrité intellectuelle – et encore, ils ne l’ont sans doute pas compris, car j’ai été subtile – ; je n’ai menti qu’avec discernement et dans des situations d’extrême nécessité – comme d’avoir un stage à l’école de mon choix – ; je n’ai ridiculisé que Jean Charest – mais ça, c’est un point plutôt positif, non? – ; je me suis abstenue de dire à certains élèves qu’ils mâchaient leur gomme comme des ruminants, que leurs bourrelets sortaient de leurs jeans et que manifestement la drogue ne leur avait pas laissé beaucoup de cellules; je ne me suis pas déclarée malade plus de deux fois au travail pour aller magasiner avec ma sœur; je n’ai pensé qu’une vingtaine de fois – au plus – qu’en cas d’incendie, je sauverais mon chat avant n’importe lequel des individus logeant dans le même édifice que moi – évidemment, mon conjoint excepté! – ; j’ai réduit de moitié mes exigences concernant les tâches ménagères, pour permettre à mon copain de suivre le rythme (!); j’ai au moins permis à trois personnes, pendant l’année, d’avoir le dernier mot; j’ai caché ma joie aux amateurs de hockey quand j’ai appris qu’il n’y aurait pas de parties à la télévision cette saison – enfin, le sourire était discret – ; je n’ai harcelé qu’à contrecœur le pauvre homme qui a le malheur d’être directeur du programme en enseignement à l’UQÀM et finalement, je ne crois pas avoir embêté tant de monde que ça avec mes angoisses existentielles du retour à l’école.)

Je disais donc que, puisque j’ai eu un comportement exemplaire au cours de la dernière année, vous pourriez, cher Père Noël, jeter un œil sur ma liste de demandes pour le 25 décembre. Voici ce que je désirerais plus que tout cette année :

  • SVP, faites en sorte que les employés des SAQ obtiennent ce qu’ils désirent, car ils assurent vraiment un service ESSENTIEL.

  • Pourriez-vous faire en sorte que Paul Martin subisse une petite humiliation historique et soit obligé de démissionner? (Évidemment, au moment où les libéraux seront au plus bas dans les sondages et qu’ils n’auront aucune chance d’être élus, même minoritaires).

  • Est-ce qu’une attaque cardiaque sévère pour Jean Charest serait trop demander? À la limite, je me contenterais d’une aphonie permanente.

  • J’aurais aussi besoin d’une reconnaissance gouvernementale du travail exécuté par les enseignants et un retrait des politiques visant à contrôler et à quantifier les minutes passées à l’école.

  • De même, je voudrais une législation environnementale plus sévère et de la sensibilisation à outrance pour les demeurés qui jettent encore leurs papiers et leurs mégots de cigarettes partout.

  • Une interdiction de fumer dans les bars et les discothèques serait également la bienvenue.

  • À la demande générale, il faudrait des cours d’art dramatique pour Éric Salvail et pour Caroline Néron (ou leur enlèvement par les extra-terrestres).

  • J’aimerais aussi une baisse significative des droits sur le bois d’œuvre canadien.

  • Serait-ce possible de devancer la sortie du film Star Wars épisode 3 pour la semaine prochaine? Comme ça, j’aurais fini d’en entendre parler!

  • Je sais que vous m’avez répondu, l’an dernier, que vous ne pouviez rien faire pour la téléportation, mais j’ai pensé que vous pouviez réviser votre position avec ma nouvelle suggestion : avoir des tickets modérateurs et ainsi l’utiliser avec retenue, qu’en dites-vous?

  • Pourrait-il y avoir une campagne publicitaire monstre sur les ondes de TVA et dans le Journal de Montréal pour avertir les gens que oui, le ridicule peut tuer – du moins il en donne envie – ?

  • Enfin, dans un registre plus égoïste, j’aimerais : gagner une croisière de deux semaines dans les Caraïbes en mai, pour qu’André et moi puissions fêter notre 10e anniversaire d’une manière convenable (donc, alcool inclus); savoir instantanément danser le tango – je sais que ce sera plus difficile de faire en sorte qu’André le sache aussi, mais faites ce que vous pouvez – ; avoir un minimum de volonté me permettant de faire ½ heure d’un sport quelconque à chaque jour; côtoyer uniquement des gens intelligents et intéressants – bon, je ne demande pas qu’ils aient tous 180 de quotient intellectuel, mais pourraient-ils tous avoir un répertoire élaboré qui ne fasse pas mention de la température, du nombre de « dodos » qu’il reste avant les fêtes ni de la manière détaillée d’utiliser l’autobronzant.- ; enfin, j’aimerais beaucoup être aussi heureuse pendant l’année à venir qu’au cours de l’année qui s’achève, car parmi les vulgaires habitants de cette planète, j’ai rencontré cette année beaucoup de gens épatants, impressionnants, chaleureux, amusants…



Cher Père Noël, je te remercie à l’avance pour les efforts que tu mettras à satisfaire mes demandes, tu as sans doute remarqué qu’elles étaient beaucoup moins nombreuses que l’an dernier. Au fait, j’ai remarqué que tu n’as pas bien rempli ta part du contrat en décembre 2003, peut-être y étais-je allée un peu fort avec la disparition convoitée des États-Unis, du Moyen-Orient, de la Corée du Nord et de Stéphane Dion. C’est pour cela que cette année mes demandes sont plus que raisonnables.

Recette de la semaine

Sauce au curry rouge de Caroline

- ½ t. lait de coco non sucré
- 1 c. soupe de beurre d’arachides croquant
- 1 à 2 c. soupe de pâte de tomates
- gingembre au goût
- pâte de curry rouge (très peu, c’est piquant)
- Jus de limette


o Réduire le lait de coco de moitié
o Ajouter tous les ingrédients
o Bien mélanger et cuire 10-15 minutes
o Ajouter le jus de limette et le zeste
o Servir avec du riz ou des vermicelles de riz et avec des légumes sautés (fèves germées, poivrons, pousses de bambous, etc.) et de la viande (poulet, bœuf ou crevettes)
o Ajouter de la coriandre

Chronik Ludik

par Francis K. Lalumière

Traumatismes festifs

Je me rappelle les longues soirées du temps des fêtes de ma jeunesse. Des soirées qui s’étiraient jusqu’aux première lueurs de l’aube (pas d’école le lendemain!) ; des soirées généralement ponctuées de séances ludiques. Amusantes? Pas toujours. Twister allait encore, si d’autres joueurs se prêtaient au jeu, littéralement. Battleship n’était pas désagréable, mais il avait le désavantage de ne pouvoir accommoder que deux joueurs. Sorry ou son alter ego Trouble? On commençait à tomber dans le nul.

Mais le jeu qui remportait la palme des fêtes était toujours, sans contredit, Monopoly, lequel, lorsqu’on y joue en suivant les règles officielles, est un divertissement tolérable une fois par année. Le problème survient du fait que personne ne joue de la « bonne » façon à Monopoly, qui devient rapidement un marais où les règles maison foisonnent. Qui met fin au jeu dès qu’un premier joueur n’a plus d’argent? (La plupart des joueurs continuent jusqu’à ce qu’un seul joueur soit encore « dans le rouge ».) Qui ne considère la case « Stationnement gratuit » que comme une case neutre? (La plupart des gens l’utilisent comme la case « jackpot » qui permet de remporter les taxes et autres frais déposés dans le centre du plateau, plutôt qu’à la banque.) Qui met une propriété aux enchères lorsqu’un joueur refuse d’acheter la carte qui correspond à la case que son pion vient d’atteindre? (Encore une fois, la plupart des joueurs continuent simplement à jouer quand l’un d’eux refuse d’acheter une propriété.)
Et ainsi de suite… Mais même avec les bonnes règles, Monopoly demeure un jeu limité. Mieux vaut se rabattre sur les suggestions suivantes, peu coûteuse et ô combien emplies de réjouissances.

GALLOPING PIGS (2 à 4 joueurs)
Une course de cochons. Pure et simple. Ah, mais saurez-vous faire avancer le bon cochon au bon moment?

MAMMA MIA! (2 à 5 joueurs)
Un petit jeu de cartes, simple et rapide, où les joueurs tentent de cuisiner une panoplie de pizzas selon des recettes particulières. Le problème? Tous les joueurs utilisent une banque d’ingrédients commune…

BOHNANZA (2 à 7 joueurs)
Les joueurs travaillent à des plantations de fèves… Un autre jeu de cartes, avec des échanges effrénés et des tactiques inusitées.

RICOCHET ROBOT (2 joueurs et plus – aucune limite)
Un jeu de plateau construit comme une résolution de casse-tête, où les joueurs jonglent avec quelques règles simples pour rivaliser avec leurs voisins dans la quête de la solution la plus courte possible.

ACQUIRE (2 à 6 joueurs)
Les joueurs sont des actionnaires qui tentent de tirer le maximum de profits à travers la fusion de leurs corporations. Pour les mordus des jeux d’affaires qui n’arrivent pas à couper le cordon ombilical avec Monopoly
(Bon, je l’admets, Acquire est plus cher que les autres, mais il vaut amplement la dépense.)


C’est Noël, alors je me permets de vous faire deux cadeaux. Il s’agit de deux « jeux de party » des plus faciles à organiser et très populaires – croyez-en mon expérience.


P’TIT CHANGE
Pour trois joueurs et plus
Durée d’une partie : environ 15 minutes
Chaque joueur commence la partie avec les éléments suivants dans sa réserve :
- 1 pièce de 25 sous
- 2 pièces de 10 sous
- 3 pièces de 5 sous
- 4 pièces de 1 sou
Désignez au hasard le premier joueur.
À tour de rôle, chaque joueur doit mettre une de ses pièces en jeu (au centre de la table). Il peut ensuite retirer du jeu (et remettre dans sa réserve) de la monnaie qui équivaut tout au plus à la valeur de la pièce qu’il a mise en jeu, moins un sou.
Par exemple, si je mets une pièce de 10 sous en jeu, je peux reprendre jusqu’à 9 sous, si possible. La plupart du temps, il ne me sera pas possible de reprendre le maximum; alors au lieu de 9 sous, j’en reprendrai 6 – ou 7 si je suis chanceux…
Un joueur qui joue sa dernière pièce et ne peut plus reprendre de monnaie est éliminé.
Le dernier joueur restant remporte la partie.


LES LOUPS-GAROUS
Pour 8 joueurs ou plus
Durée d’une partie : de 15 à 20 minutes
Publié l’an dernier sous le titre de Les loups-garous de Thiercelieux, ce jeu demeure néanmoins un divertissement « traditionnel » qui existait bien avant qu’un éditeur ne décide de s’en approprier la formule.
Mis à part le maître de jeu, chaque joueur incarne soit un villageois, soit un loup-garou, soit la voyante. Le but des villageois est d’identifier et d’exécuter les deux loups-garous, alors que le but des loups-garous est de dévorer tout le village.
Retirez d’un jeu de cartes standard les deux valets noirs : ce seront les loups-garous.
Retirez également la dame de cœur : ce sera la voyante.
Retirez finalement une carte rouge qui n’est pas une figure pour chaque joueur restant (sauf le maître de jeu).
À 8 joueurs, vous aurez donc 7 cartes : aucune pour le maître de jeu, les deux valets noirs, la dame de cœur et 4 cartes rouges quelconques.
Désignez un maître de jeu. Celui-ci mélange les cartes et en distribue une, face cachée, à chaque joueur. Chacun consulte sa carte afin de connaître son identité, qu’il doit garder secrète.
Le maître de jeu lance ensuite la partie avec la première ronde qui, comme toutes les rondes, doit progresser selon la séquence suivante.
(Le maître de jeu annonce chaque étape à voix haute.)

1. Le village s’endort.
Tout le monde ferme les yeux et baisse la tête.

2. Les loups-garous se réveillent.
En silence, les deux joueurs qui détiennent un valet noir lèvent la tête et ouvrent les yeux. Ils décident ensuite, toujours en silence, qui sera leur première victime et l’indique (en silence!) au maître de jeu.

3. Les loups-garous se rendorment.
Les deux loups-garous ferment les yeux et baissent la tête.

4. La voyante se réveille.
En silence, le joueur qui détient la dame de cœur lève la tête et ouvre les yeux. Il indique un joueur de son choix au maître de jeu, qui répond, avec un signe de la tête (« oui » ou « non ») s’il s’agit d’un loup-garou.

5. La voyante se rendort.
La voyante ferme les yeux et baisse la tête.

6. Le village se réveille.
C’est le matin et le maître de jeu annonce que tel joueur (celui choisi par les loups-garous) a été dévoré durant la nuit. Le joueur en question se retire du jeu. Les villageois restant (et les loups-garous!) doivent maintenant choisir ensemble l’un d’eux qu’ils iront pendre. Ils tentent d’éliminer un loup-garou, bien entendu…

Tous les villageois peuvent argumenter, accuser, se défendre, et tenter de convaincre ses voisins que le bon choix, c’est tel ou tel joueur. Les loups-garous vont bien entendu essayer de détourner l’attention vers quelqu’un d’autre.

La voyante doit utiliser l’information qu’elle accumule de façon discrète, sans quoi les loups-garous vont s’assurer qu’elle sera la prochaine victime la nuit tombée…

Une fois la victime choisie (par vote à main levée), celle-ci révèle sa carte et se retire du jeu. Si c’est un loup-garou, tant mieux! Si c’est un villageois, dommage… Mais c’est bien pire dans le cas de la voyante, l’arme secrète des villageois.

La partie reprend de plus belle au début de la séquence exposée ci-dessus, et le maître de jeu mène une nuit après l’autre jusqu’à ce qu’un des deux cas suivants se présente :
a) Les deux loups-garous sont éliminés. Les villageois gagnent!
b) Il reste autant de villageois que de loups-garous (2 et 2, ou 1 et 1). Les loups-garous gagnent.

Joyeuses fêtes!

Les films

Par Isabelle Ricard

À voir - Ocean's Twelve (Le Retour de Danny Ocean) avec Georges Clooney, Brad Pitt, Julia Roberts, Matt Damon, Catherine zeta-Jones, etc. Évidemment, pour aimer ce film, il faut avoir apprécié le premier volet Ocean's Eleven. Il est certain que cette suite n'égale pas le premier film qui avait l'avantage de l'effet de surprise et de l'originalité du scénario. Par contre, c'est une véritable joie de retrouver les mêmes personnages attachants. À Radio-Canada, un journaliste a, je crois, trouvé la formule juste en disant que c'était "comme revoir de vieux amis qu'on n'a pas vus depuis longtemps". Toutefois, contrairement au premier film, les personnages sont dans une mauvaise posture du début à la fin et l'image des "héros" en prend un coup ! De plus, Julia Roberts joue sans doute la scène la plus surréaliste de sa vie, ce qui est très amusant. Une petite anicroche: j'ai personnellement trouvé une faille dans le raisonnement de l'auteur quant au dénouement du scénario... si on ne réfléchit pas trop, on passe tout de même un très bon moment.

Petites annonces

  • Films à vendre (en cassette vidéo) - pochette et film en très bon état: La Matrice (5$), Armageddon (5$), JFK: affaire non classée (5$), Coeur Vaillant (Braveheart) (5$), Les princes de la gâchette I et II (Young Guns) (5$ pour les deux). [Joindre André - Repentigny- Sidew0@hotmail.com]

  • Chers lecteurs, j'aimerais vous remercier pour vos commentaires et vos suggestions depuis la parution du premier numéro en juillet. Un gros merci aussi à mes collaborateurs envoient régulièrement des textes de qualité très intéressants. Je vous souhaite à tous de très joyeuses fêtes! J'en profite aussi pour vous rappeler que vous êtes tous invités à envoyer vos textes (d'une manière ponctuelle ou encore sur une base régulière) - tous les sujets sont permis! - vos recettes, vos critiques de films (elles n'ont pas besoin d'être extrêmement élaborées), vos petites annonces, vos citations préférées, vos demandes spéciales, vos réflexions, vos suggestions, etc. Il est certain que plus il y aura de personnes qui participeront au journal, plus ce dernier sera intéressant.

Les capsules de Guy Bertrand

  • Ce n'est pas un emballage passé date, c'est un emballage rétro.
    Pour qualifier un produit dont la date limite de consommation est dépassée, on doit utiliser l’adjectif PÉRIMÉ. Dans la phrase ci-dessus, cependant, il aurait fallu dire : Ce n’est pas un VIEIL emballage, c’est un emballage rétro

  • C'est un produit qui ne se « dissolvera » pas dans l'eau.
    La conjugaison des verbes du troisième groupe peut présenter certaines difficultés. Disons simplement qu’au futur simple de l’indicatif, dissoudre se conjugue comme suit : je dissoudrai, tu dissoudras, il (ou elle) dissoudra, nous dissoudrons, vous dissoudrez et ils (ou elles) dissoudront. Il aurait donc fallu dire : C’est un produit qui ne se DISSOUDRA pas dans l’eau.

  • Les femmes sont discriminées.
    Cette utilisation du verbe discriminer est calquée sur l’anglais. Il aurait été plus juste de dire : Les femmes SONT VICTIMES DE DISCRIMINATION. Et si on préfère ne pas utiliser le terme victime, on peut également dire : Les femmes FONT L’OBJET DE DISCRIMINATION.