La vie devant moi

lundi, février 14, 2005

La vie devant moi - Vol.2 - numéro 3

Pensées de la semaine
- Spécial Saint-Valentin -

"Ce que j'aime dans ton visage, c'est l'arrivée d'une lampe ardente en plein jour." (Paul Éluard)

"Être amoureux, c'est se créer une religion dont le dieu est faillible." (Jorge Luis Borges)

"La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve, et vous auriez vécu si vous aviez aimé."
(Alfred de Musset)

"L'instant où naît l'amour : la femme ne résiste pas à la voix qui appelle son âme épouvantée; l'homme ne résiste pas à la femme dont l'âme devient attentive à sa voix."
(Milan Kundera)


Saviez-vous que...
Par Isabelle Ricard
(source: l'infopublisac.ca)

  • Pour séduire le consommateur et se différencier, pour nous manipuler et nous donner envie d'acheter, les compagnies sollicitent de plus en plus tous nos sens.

  • Dans les cinémas, la machine à pop corn est branchée sur le système de ventillation pour nous donner l'irrésistible envie d'en manger. Dans les grandes surfaces où il y a une boulangerie ou des pâtisseries, des ventillateurs poussent l'odeur du pain frais vers les consommateurs.

  • L’industrie alimentaire travaille depuis longtemps sur les sons comme le crépitement du lait versé sur les céréales, le craquement des croustilles. Les fabricants de cosmétiques n’hésitent pas à analyser la qualité du «pop» produit par l’ouverture d’un pot de crème. La marque Dior a même travaillé le son de la brosse d’un mascara sortant de son étui.

  • Les couleurs orange et rouge donnent faim ou, du moins, donnent envie de manger. Repassez donc en mémoire les logos des restaurants que vous connaissez bien...

Chronique du dromadaire
En avoir ou pas?
Par Caroline St-Jean

Je viens tout juste d’avoir 40 ans. Je sais que je le dis à chaque semaine, mais c’est parce que j’essaie de m’habituer à cette nouvelle réalité. Pour être honnête, je dirais que dans ma tête, j’ai l’impression d’être à peine plus âgée que mes élèves de cinquième secondaire. La seule différence entre eux et moi, outre le fait que ce soit moi qui soit devant la classe, c’est mon compte en banque. Loin de moi l’envie de me vanter, mais après 13 ou 14 ans dans l’enseignement, je suis inévitablement plus à l’aise financièrement que mes élèves. Dans ma tête, donc, je n’ai pas 40 ans. Ne vous questionnez pas sur ma santé mentale, je ne suis pas la seule à avoir le sentiment d’être beaucoup plus jeune que mon âge. L’autre jour, à la radio, René Homier-Roy disait avoir l’impression d’avoir encore trente ans. C’est certain que parfois, quand je me lève le matin et que je dois me rouler hors du lit, parce que j’ai mal au dos; ou encore lorsque je quitte précipitamment un sofa et qu’avant d’avoir fait deux ou trois pas, j’ai l’impression qu’un dix roues m’est passé sur le corps, je sais que j’ai 40 ans; mais le jeudi soir, quand je quitte l’école et que je n’ai qu’une seule envie, m’envoyer une bouteille de rouge derrière la cravate et aller m’amuser avec mes amis, je ne suis plus certaine de l’âge que j’ai. Le vendredi matin, quand je ramasse ma carcasse et qu’un violent mal de tête m’assaille, je sais que j’ai 40 ans, mais…Vous aurez compris, quant à mon âge réel, je suis tout à fait ambivalente.

Vous ai-je dit que j’ai eu 40 ans cette année? Qui dit 40 ans dit questionnement. En fait, le questionnement dont je veux parler commence dans la vie d’une femme vers l’âge de trente ans. En avoir ou pas… un ou des enfants, là est la question. Personnellement, je ne me suis pas posé la question à l’âge de trente ans, parce qu’à cette époque, dans ma tête, j’en avais vingt… En plus, j’ai toujours cru qu’un enfant, cela se faisait à deux. Comme je n’ai jamais eu de coq stable dans ma vie, je n’ai jamais envisagé avoir un enfant… du moins avant 37 ans. J’ai peut-être 20 ans dans ma tête, mais j’ai vécu la crise de la quarantaine vers 37 ans. C’est dans ma nature, je fais tout plus vite que les autres (je lis vite, je cuisine vite, je skie vite, non je ne bai… (j’arrête ici je vais me garder une petite gêne.) Donc, j’ai fait ma crise de la trentaine à 37 ans. C’est durant l’année de mes 37 ans que j’ai réalisé que mon horloge biologique sonnait très très fort. Bien sûr, j’ai un amant stable, mais justement parce que c’est un amant, il n’était pas question d’avoir un enfant de lui. L’insémination alors? Je l’ai dit tout à l’heure, je n’ai jamais envisagé d’avoir un enfant seule. Résultat : je n’aurai jamais d’enfants. Je sais que pour certaines personnes, ne pas avoir d’enfants, c’est insensé. Je suis certaine que si j’avais eu un conjoint stable, j’aurais eu des enfants: j’adore les enfants, je m’occupe très étroitement de mes neveux (je sais que ce n’est pas la même chose que d’en élever, mais tout de même, je sais changer une couche, donner un biberon, gronder un enfant roi qui croit qu’il peut tout faire). Si j’avais eu un conjoint, j’aurais eu des enfants, mais l’occasion ne s’est pas présentée et je vis très bien avec cette réalité. J’en ai déjà parlé, vivre seule demande un certain sens de l’organisation, si on ne veut pas vivre dans la solitude la plus totale, mais vivre seule comporte aussi de nombreux avantages. La plupart de mes amis qui ont des enfants sont épuisés (surtout les gars) ou au bord de la crise de nerfs (surtout les filles), sans compter que toute la pression que ce stress inflige au couple.

La grande question – en avoir ou pas - sera vraisemblablement la question de l’heure cette année au Québec, voire dans la majorité des pays industrialisés, parce que plus les pays sont «civilisés», moins le taux de natalité est élevé. Pourquoi? Sans doute pour une foule de raisons, particulièrement parce que les gens qui vivent dans les pays riches ont accès à la contraception et peuvent se payer le luxe de réfléchir à la question…et d’attendre tellement le bon moment, qu’en fin de compte, ils n’ont pas d’enfants, parce que lorsqu’ils se réveillent, ils sont trop vieux.

Je ne fais pas partie des femmes qui ont choisi de ne pas avoir d’enfants. C’est arrivé comme cela, un peu par hasard. Certaines femmes, par contre, ne veulent vraiment pas d’enfants. Or, ce sujet est éminemment tabou. Les femmes qui disent ne pas vouloir d’enfants passent pour des dégénérées. Pourtant, au Québec, le taux de natalité chez les femmes en âge de procréer est de 1,47 enfants. Si on considère que, dans ce 1,47, il y a quelques femmes qui sont devenues enceintes par accident et qui n’ont pas eu le courage de se faire avorter (ou qui ont eu le courage de ne pas se faire avorter), il faut conclure que la plupart des Québécoises en âge de procréer veulent peu ou pas d’enfants. Je n’ose songer au pauvre petit 0,47, sa vie doit être bien pénible, mais je me demande tout de même pourquoi le sujet demeure tabou si le chiffre, 1,47, est le reflet de la réalité. En tous cas, les femmes en âge de procréer devront se poser la question très sérieusement. Elles ont beau dire qu’elles veulent des enfants, dans la réalité, elles ne trouvent pas le temps de passer aux actes. Si la tendance se maintient, nous allons bientôt disparaître, parce que nous ne nous reproduisons pas suffisamment pour assurer notre descendance.

J’ai dit tout à l’heure que ce serait le sujet de l’heure cette année. La Presse mène le bal en proposant un dossier sur les femmes avec enfants «au bord de la crise de nerfs»; sur la montée «intégriste américaine», les républicains prônant le retour des femmes à leur vraie place, c’est-à-dire au foyer avec leur ribambelle d’enfants (je parle ici des républicains, mais j’ai vu Jean-François Chicoine, à l’émission «Il va y avoir du sport», se révolter contre les parents qui envoient de jeunes enfants (avant trois ans) à la garderie, et qui, selon lui, engendrent des enfants insécures, sujets aux pires maux imaginables, tant physiques que psychologiques…)

J’ai aussi vu Sophie Laurin, Marie-Louise Arsenault, Patrick huard et Nathalie Petrowski parler de la sortie prochaine du film Maman last call. Ils étaient tous conscients qu’avouer publiquement qu’on ne veut pas d’enfants, c’est tabou, mais ils soulignaient avec justesse qu’en réalité, les gens qui en ont sont débordés; et ceux qui n’en n’ont pas sont morts de trouille à l’idée d’en avoir. J’ai lu le roman duquel le film est tiré voilà 10 ans, je me souviens d’un passage qui m’avait presque traumatisée. Plusieurs filles étaient réunies autour d’une table, elles disaient qu’à huit (ou peu importe le nombre), elles avaient eu 12 enfants, mais que, dans la réalité, elles n’en avaient que trois. Bref, chacune d’elle s’était fait avorter plus d’une fois. J’ai réfléchi, j’ai pensé à mes amies. Le phénomène évoqué dans le livre n’était pas l’apanage de Nathalie Petrowski et de son groupe d’amies. La plupart de mes amies se sont aussi déjà fait avorter.

Je ne veux pas faire la morale, moi-même je n’ai pas eu d’enfants, je veux simplement amorcer la réflexion et les discussions. Je souhaite aussi que celles qui entre allègrement dans la trentaine ne manquent pas le bateau si, bien évidemment, elles croient qu’elles désirent vraiment avoir des enfants. Sans doute que certains lecteurs se sentiront exclus, quand on parle de maternité, compte tenu du rôle secondaire que les mâles ont à jouer dans la procréation(cinq minutes d’efforts soutenus), c’est probablement inévitable, mais à bien y réfléchir, c’est peut-être aussi parce que certains mecs se sentent peu concernés; et parce que plusieurs filles – control freak – laissent peu de place aux hommes que nous nous retrouvons avec un taux de natalité si bas. À force de courir après notre queue, nous nous éloignons sans doute des vraies valeurs. Il faudrait peut-être remettre les enfants au cœur de nos vies plutôt que de les en exclure (comme on le fait d’ailleurs avec les vieux que l’on «dompe» dans les centres d’accueil). La grosse maison, la deuxième voiture, le cellulaire, le porto à 30$ la demi-bouteille, les cours de ski, de soccer, de volley, l’école privée, le cinéma maison, les cigares "à 60$ la pof…"(1) C’est vrai que cela ne laisse pas beaucoup de place ni de budget pour un 0,73 ième autre enfant!


(1) Jean Leloup dans la chanson "Johnny Go", de l'album Le Dôme.





Recette de la semaine
Une entrée: le rouleau de prosciutto, chèvre et poires de Caroline

- 5 feuilles de filo
- Beurre fondu
- 4-5 tranches de prosciutto
- fromage au choix : chèvre (buchette madame Clément ou tout autre chèvre, jalsberg, émenthal ou cheddar fort)
- 1 boîte de poires en moitié (rinsées et égoutées)



  • Sur un plan de travail étendre une feuille de filo, badigeonner de beurre, ajouter une autre feuille de filo, badigeonner... et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il y ait cinq feuilles d'épaisseur.

  • Sur le bord du filo près de vous, déposer des tranches de prosciutto sur toute la largeur du filo. Recouvrir de fromage de chèvre ou d'un des autres fromages. Recouvrir le fromage de tranches de poires.

  • Rouler comme un joint. Replier les bouts comme un cadeau. Coller les bouts avec du beurre, badigeonner tout le rouleau.

  • Cuire au four, sur une plaque à 400 degrés F. Environ 30 minutes, jusqu'à ce que ce soit bien doré. Évitez le papier parchemin, ça garde la pâte molle.

  • Couper en morceaux (comme des shushis).

N.B : on peut remplacer les poires par des pommes si on n'aime pas les poires.

Chronique disque

Par Benoît Mirandette

Cette semaine, je vous présente deux albums qui m'ont beaucoup surpris, à cause du changement de style des deux artistes.

Le premier album est Écoute-moi donc de Dany Bédar. Selon moi, Dany prouve, avec cet album, qu'il est un grand auteur-compositeur-interprète. Ces textes sont profonds et touchants et les mélodies de même. Toutefois, à part la chanson "Écoute-moi donc", je trouve que les ballades de l'album sont décevantes.

Le deuxième est l'album éponyme de Gabrielle Destroismaisons. On dirait que cette dernière change de voie comme de gérant (elle a quitté la maison de disque de Guy cloutier). Cette fois-ci, elle a collaboré à l'écriture de l'album. Le disque comprend: cinq chansons écrites par elle-même, des collaboration avec Richard Pelland (le dernier du trio de la tournée boum-box) et des collaborations de Richard Petit. J'aime bien l'album, on voit en Gabrielle Destroismaisons l'éveil d'une nouvelle maturité.



Coups de foudre
Par Isabelle Ricard

Comme tout bon étudiant universitaire, il m’arrive de manquer des cours (pas encore assez selon moi). Jusque là rien de bien surprenant. Cette semaine, pour faire la conversation plus que par réel intérêt pour ce que j’ai manqué la semaine dernière, j’ai demandé à Gabriel, le gars assis en arrière de moi, s’il y avait eu quelque chose d’important ou d’intéressant au dernier cours auquel je n'avais pas assisté. Comme on avait fait connaissance au premier cours et que je l’avais jugé assez qualifié pour en faire mon coéquiper pour le travail de session (d’accord, mon prochain article pourrait s’intituler « je suis snob »!), je me disais qu’il valait mieux se connaître un peu avant de commencer le travail, histoire de lui faire accepter subtilement le sujet sur lequel je veux travailler (il étudie en géographie et il ne sait pas encore que nous allons travailler sur les difficultés d’apprentissage en français!).

Donc, plein de bonne volonté (trop), Gabriel m’a fait un bref résumé enthousiaste et quasi exhaustif du dernier cours. Ensuite, il m’a prêté son cahier de notes pour que j’y jette un coup d’œil. Par politesse, je l’ai feuilletté lentement en pensant à autre chose et en cherchant vaguement la date du dernier cours (après tout, cela m’importe bien peu ce que j’ai pu manquer, c’est d’ailleurs la raison de mon absence) jusqu’à ce que quelque chose attire brusquement mon attention : en gros, en lettres doubles et colorées, en diagonal de la marge, il y avait mon prénom. Bon d’accord, ce n’est pas forcément MON prénom, il existe plusieurs Isabelle. Par contre, c’est moi qui suit tout juste dans son champ de vision pendant le cours et donc pendant qu’il prend ces notes-là. Ensuite, j’avais déjà un peu l’impression qu’il rougissait et qu’il ne pouvait pas soutenir mon regard quand je lui parlais. Enfin, je lui ai remis ses notes en faisant semblant de rien (j’imagine qu’il ne se souvenait pas que c’était là de toute façon).

Je ne sais pas pourquoi cet incident m’a saisie, je crois que c’est parce que cela m’a ramenée à mes souvenirs d’adolescente, alors que j’écrivais dans mon agenda les noms des garçons qui me plaisaient, à cette époque où j’avais plusieurs coups de foudre la même semaine! Ce comportement me fait sourire, car je trouve le procédé vraiment enfantin, même si je me souviens de la force intérieure incontrôlable qui pousse la main à tracer les lettres du prénom de la personne convoitée. Ces souvenirs m’ont rendu un peu triste, il y a bien longtemps que je n’ai pas éprouvée cette force incontrôlable. Personnellement, passé la période de l’adolescence et de ses nombreux et futils élans du cœur, j'ai vécu deux grands coups de foudre, mais une multitude de petits. C’est déjà beaucoup diront peut-être certains à qui la chose n’est jamais arrivée. C'est bien peu diront les habitués (pour ne pas dire les abonnés) à ce genre d'attaques soudaines.

Le cœur qui palpite si fort qu’on imagine que tous peuvent l’entendre, les mains moites, les jambes qui tremblotent, le soudain et honteux bégaiement qui handicape toute conversation, la nervosité mélangée à l’espoir de voir l’autre ou pire (mieux) de lui parler… pour qui n’a jamais ressenti le phénomène, tout cela ressemble à de la mauvaise littérature à l’eau de rose, mais lorsque l’angoissant et délicieux souvenir de cet état revient à la mémoire, on ne sait plus trop si l’on veut tout à fait se remettre de ce malaise. Je vous ai dit que j’avais eu deux grands coups de foudre. Le premier m’est tombé dessus alors que je faisais partie d’un comité environnemental au cégep de Joliette. Le local du comité était vitré et le local d’à côté était celui du club de jeux de rôles. Évidemment, c’était tout à fait prévisible : un local bondé de garçons portant la cape et l’épée, les cheveux mi-longs, l’allure mi-chevaleresque mi-bohème. Il y en a un qui a longtemps marqué mon imaginaire romantique: les cheveux bouclés, aux épaules, d’un blond-roux-châtain inimitable; les yeux bleus et pétillants; inséparable d’un long manteau noir et d’un étui à guitare… ah… Pour une adepte des contes d’Anderson, des frères Grimm et de Perreault, on ne pouvait pas trouver de matérialisation plus à propos.

Mon deuxième coup de foudre était bien différent. D’abord, c’était pour un garçon qui n’était pas du tout mon genre : trop grand, trop moqueur, trop bouffon, trop audacieux, trop irrévérencieux. Heureusement, il avait déjà une copine; en plus, mes robes colorées, les marguerites dans mes cheveux et mes jeans décorés de champignons dessinés avec des crayolas (il faut dire que le cégep est un micro environnement qui permet bien des extravagances regrettables!) l’ont plutôt tenu à distance pendant quelque temps. Toutefois, la foudre donnant des poussées d’adrénaline, même dix mois après la première rencontre, je me suis un jour invitée effrontément chez lui, ce qui lui a définitivement fait tourner la tête. Je dis définitivement parce que sa tête est toujours tournée vers moi : il s’agit de mon chum actuel.

Selon la mythologie populaire et les articles de Clin d’œil, les coups de foudre sont brûlants, mais très éphémères. Il n’en est rien! La foudre ne reste que quelque temps, mais l’incendie continue de se propager au rythme du temps : violent par grand vent, en petit crépitement par temps humide, vivant tant que des branches l’alimentent.

Bien sûr, il m’arrive très souvent de vivre de petits coups de foudre; c'est que je suis très facile à charmer (enfin, lorsque cela est involontaire de la part de ceux qui le font) : un sourire sympathique et séduisant, de grands yeux vifs et pétillants, un air mystérieux ou vaguement mélancolique, une attitude passionnée ou batailleuse, une conversation intelligente et audacieuse, une qualité ou un talent exceptionnel, une bonne dose de folie et d'humour, une vague ressemblance avec Johnny Depp... Il y en a tellement! Heureusement, mes nombreux coups de foudre sont comme ils se doivent d'être :
vifs, brefs, agréables; ils me font penser : s’il avait dix ans de moins, s’il en avait cinq de plus, si j’avais une seconde vie parallèle, si… Ça me fait rêver quelques minutes, ça me fait sourire, ça me fait penser que j’ai bien de la chance d’être sujette à la foudre... mon tempérament ne me permettrait pas de tolérer l’inertie cardiaque (au sens propre comme au figuré!). Parfois, je me dis modestement que, dans une autre vie, je devais être fille de Zeus…


Les films
Par Isabelle Ricard

À ne pas manquer:

  • *** Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet, avec Audrey Tautou (d'après un roman de Sébastien Japrisot). Drame amoureux sur fond de Première Guerre mondiale - Une jeune femme refuse de croire à la mort de son fiancé pendant la guerre. Elle mènera inlassablement son enquête jusqu'à ce qu'elle ait une preuve tangible de la mort de son amoureux ou jusqu'à ce qu'elle le retrouve. On reconnaît bien le style de Jeunet dans ce film, de même que plusieurs de ces acteurs fétiches. Ceux qui ont succombé au charme d'Amélie Poulin se sentiront en terrain connu et ne manqueront sûrement pas d'être attendris par l'univers de Mathilde (Audrey Tautou). Sur le plan cinématographique, le rythme, les images, le montage et la narration sont un pur enchantement. Le scénario est habilement ficellé et on se laisse envahir par le fol espoir de même que par les déceptions de Mathilde.

À voir si vous n'êtes pas trop blasés:

  • Coach Carter avec Samuel L. Jackson. Bien qu'inspiré d'une histoire vraie, le propos du film est un peu trop banal pour être d'un réel intérêt; à ce titre, le film Les choristes était plus convaincant. Il reste que si vous aimez les leçons de morale sur la détermination et les idéaux d'un professeur qui change la vie de ses élèves par le modèle qu'il leur propose, vous ne serez pas déçus par ce film. La seule chose intéressante, qui n'est toutefois pas traitée en profondeur, est la perception des parents d'élèves, de la direction et de la population en général, qui ressemble étrangement et tragiquement à la réalité. Disons que ce film pourrait être le début d'une bonne réflexion pour plusieurs professeurs qui calculent leurs actions en fonction de la charge de travail que cela apporte, ainsi que pour les parents qui ne comprennent pas à quoi peut bien servir l'école dans la vie.

  • À l'assaut du poste 13 avec Ethan Hawke, Gabriel Byrne et Laurence Fishburne. Ce film d'action au sujet pourtant bien simpliste m'a d'abord fait sourire en me disant : "encore un cliché, on sait à l'avance que..." D'ailleurs, les 30 ou 40 premières minutes ont failli me convaincre que le scénario entier serait du "déjà vu". Pourtant, j'avais tout faux. Au contraire, les rebondissements sont plutôt inattendus, la tension est palpable, le climat est délicieusement sombre, les personnages juste assez tordus pour être humains et le dénouement satisfaisant. Bref, c'est un bon divertissement pour ceux qui ont envie d'un film d'action.


À éviter:

  • Alfie avec Jude Law. Film plutôt ennuyeux où l'on partage sans émotions les tribulations d'un cynique célibataire dans la trentaine, égoïste, manipulateur, narcissique et allergique à tout engagement, en amour comme en amitié. Le protagoniste est tout sauf attachant, ses réflexions demeurent superficielles de même que ses conclusions à la fin du film. L'histoire se finit exactement comme elle le doit, sans surprise, sans émotion... comme elle a commencé.

  • Elektra avec Jennifer Garner. Film sans aucun intérêt... à moins d'avoir des problèmes de sommeil. Personnellement, j'ai déclaré forfait après 40 minutes, au moment où les assaillants d'Elektra se transforment en petite fumée verte après avoir rendu l'âme! Pathétique!


Petites annonces

  • Félicitations à Michèle Quintin pour la naissance de la petite Élodie, le 27 janvier dernier. Cette dernière pesait 6lb et mesurait 19'' et elle avait assurément bien hâte de venir au monde puisqu'elle a devancé de trois semaines la date prévue pour sa naissance.


Les capsules de Guy Bertrand

  • Trois-Rivières est la deuxième plus ancienne ville du Québec.
    Cette construction est typiquement anglo-saxonne. Il aurait été plus correct de dire : Trois-Rivières est LA DEUXIÈME VILLE DU QUÉBEC EN ANCIENNETÉ ou encore Trois-Rivières est LA VILLE LA PLUS ANCIENNE DU QUÉBEC APRÈS QUÉBEC.

  • Drastique ou draconien ?
    L’adjectif drastique est bien français, mais il n’a pas le sens de l’adjectif anglais drastic. En français, on emploie drastique pour qualifier un remède très puissant, généralement un purgatif. C’est d’ailleurs le seul sens véritablement attesté en français. Par ailleurs, pour exprimer une idée d’excessive sévérité, il faut plutôt utiliser les adjectifs radical, extrême, draconien ou, dans certains contextes, énergique ou contraignant. Certains dictionnaires attestent drastique au sens de draconien, mais cet emploi est encore très critiqué.

  • Je suis un grand utilisateur de la 80.
    Le mot autobus est masculin. Par conséquent, dans la langue de tous les jours, il faut utiliser l’article masculin lorsqu’on sous-entend le mot autobus. Il aurait donc fallu dire: Je suis un grand utilisateur DU 80 ou DE L’AUTOBUS 80.