La vie devant moi - Vol.2 - numéro 9
"Le début de l'hygiène, c'est haïr les microbes des voisins."
(Réjean Ducharme)
"Ceux qui réussissent, réussissent exprès pour te faire chier bonhomme!" (Réjean Ducharme)
"Avec une femme, le meilleur moyen de ne pas obtenir une chose c'est de la demander." (Réjean Ducharme)
"La vie ne se passe pas sur la terre, mais dans ma tête." (Réjean Ducharme)
Chronique du dromadaire
Harry Potter et la petite tailleuse de pipes
Par Caroline St-Jean
Depuis quelques semaines, les journaux et les télé-journaux ont trouvé une infaillible façon de mousser leurs ventes, d’augmenter leurs cotes d’écoute. Ils ont revisité un sujet qui, de tout temps, est un très bon vendeur: le sexe. La prostitution, la pornographie et la pédophilie, les médias en ont abondamment parlé depuis l’automne dernier. Comment faire alors pour ramener le sujet sans qu’il ne sente le réchauffé? Le traiter sous un nouvel angle, scandaliser Mme tout le monde en lui disant que chez les pré-pubères, Barbie n’est plus très à la mode, sucer son pouce non plus. De nos jours, mesdames et messieurs, les petites filles ne jouent plus, elles s’agenouillent et taillent des pipes aux petits garçons. Quelle horreur!
Non seulement Mme Tartanpion est scandalisée, mais toutes les mamans du Québec se croient incompétentes. Si elles ont pris connaissance des données qu’ont permis de colliger les plus récentes enquêtes, elles sont convaincues que leurs petites filles ne se limitent pas à copier l’habillement de Britney Spears – pantalon taille basse, large ceinture blanche, t-shirt pastel bédaine hyper moulant – non madame, leurs petite filles jouent à l’infirmière avec leurs petits amis. C’est pas beau ça!
D’où vient aux demoiselles l’inspiration? Où ont-elles appris que les garçons fantasment sur les femmes-enfants portant l’uniforme? Dans les films XXX bien entendu. Partout, tout le temps, sur Internet, dans la publicité, dans les vidéo clips, les jeunes femmes légèrement vêtues se dandinent dans des pauses hyper suggestives, marchent à quatre pattes, suivies de beaux danseurs en torses et pantalons de cuir…et vous avez cru, madame chose, que lorsque la toune est terminée, la chanteuse se met d’amples pantalons de jogging et un non moins vaste kangourou avant de sagement rentrer à la maison changer la couche de sa poupée? Voyons donc!
Sans tomber dans le discours féministe cliché du genre «dans les médias les femmes ne sont que des objets sexuels qui servent à vendre des autos, de la bière et des CD», il faudra tout de même un jour être conséquents et cohérents. Il n’est peut-être pas possible d’interdire aux enfants d’écouter Musique Plus, mais il est alors impératif de leur expliquer que les chanteuses poupounes qui se magnent le cul, le fond pour faire du cash ; et qu’elles s’habillent en pute pour faire encore plus de cash. Les enfants sont intelligents, ils peuvent comprendre qu’il y a une différence entre la réalité et la fiction. Un vidéo clip, c’est du rêve, de la poudre aux yeux, peut-être même du marketing. Dans la vie, lorsque quelque chose nous dérange, il faut prendre le taureau par les cornes et régler le problème. Si les images consommées par nos enfants nous agressent, il faut les démystifier et en limiter l’accès. Un ordinateur, cela peut très bien s’installer dans la cuisine. Ainsi, les jeunes ne surferont jamais sans supervision parentale.
Tout à l’heure, je parlais de cohérence, je travaille dans une grande école secondaire et tous les jours, je croise des petites filles habillées en petites putes, les seins offerts, la bédaine à l’air, le string qui dépasse du jean. Où étaient leurs parents quand elles ont quitté la maison? Au travail? Au lit, en train de batifoler? Certains parents disent : «c’est ça la mode, je ne peux rien faire». Je suis désolée, mais je ne laisserais jamais ma fille s’habiller en pute pour aller à l’école, je ne permettrais pas non plus à mon adolescent de porter des culottes qui lui pendent aux mollets et qui laissent tout le loisir aux filles d’admirer ses boxers griffés. Dans tous les domaines de l’éducation, les parents ont un rôle à jouer. L’habillement et la sexualité, cela s’explique.
Par ailleurs, il faudrait cesser de dramatiser. Si, selon les statistiques, 12% des filles de 13 ans ont vécu des expériences sexuelles, c’est peut-être inquiétant, mais cela veut aussi dire que 88% des filles de 13 ans n’ont jamais fait l’amour. Les petites filles font n’importe quoi, elles croient que la sodomie réduit le risque de grossesse (évidemment!) et de MTS. Il est grand temps que les parents se réveillent. Si, en matière de sexualité, les ados sont ignorants, c’est peut-être parce que les parents ne leur en parlent pas assez. Si les parents laissent Britney et le Super vidéoclub du quartier faire l’éducation sexuelle de leurs enfants, qu’ils ne soient pas étonnés d’apprendre que leur petite sait faire autre chose avec sa langue que coller des timbres!
Personnellement, les émissions que j’ai vues et les articles que j’ai lus traitant des pratiques sexuelles des adolescentes ne m’ont pas renversée. Il faudrait se demander si l’échantillonnage était représentatif, si les jeunes ont répondu honnêtement aux questions, mais aussi, tenir compte du fait que ces sujets sont rentables en termes de ventes et de cotes d’écoute. En ce sens, d’ailleurs, journaux et médias avaient tout intérêt à faire des révélations bien croustillantes. Je ne pense pas que dans toutes les écoles secondaires, la vie sexuelle des filles se résume en deux mots : fellation et sodomie. Plusieurs des élèves auxquels j’enseigne sont en couple «stable» depuis quelques mois, parfois même quelques années. Ils sont tendres, du moins c’est ce que je vois en classe ou dans les corridors entre les cours, ils se disent fidèles, semblent épanouis, parlent ouvertement de sexualité, se fâchent quand on évoque les révélations faites dans les journaux et à TVA. Ils disent tous la même chose :«voyons donc»!
Les jeunes ne nient pas que certaines filles arrondissent leurs fins de mois en accordant certaines faveurs sexuelles à certains garçons ; certaines autres sont prêtes à tout pour paraître «dans le coup» ; dans certains partys, il y a des dérapages qui ressemblent à des orgies (chez les adultes, il est question d’échangisme je crois!) ou à des viols collectifs, mais ces débordements demeurent marginaux. Encore là, une supervision parentale éclairée permettrait d’éviter les excès : on ne laisse pas son enfant aller dans n’importe quel party, n’importe où, avec n’importe qui.
Les journaux et les bulletins de nouvelles peuvent bien être alarmistes, compte tenu de ce que je vois, de ce que j’entends tous les jours à l’école où je travaille ; compte tenu de ce que les élèves m’ont dit quand je leur ai révélé les résultats des plus récentes enquêtes, je crois que la majorité des jeunes ont une sexualité tout ce qu’il y a de plus normale. Le problème, c’est qu’en matière sexuelle, il est bien difficile de définir ce qui est normal. Ce qui est banal pour certains est carrément pervers pour d’autres. Chose certaine, le cul n’a pas été inventé en 2005. Sade a existé bien avant vous et moi. Les villes de Sodome et Gomorrhe aussi… De toute façon, la découverte de la sexualité se fait rarement dans un contexte idyllique. Sans faire de mauvais jeux de mots, en général, la sexualité s’explore à tâtons, car c’est le seul moyen de savoir ce qu’on aime faire, ce qu’on n’aime pas faire, ce qu’on aime se faire faire et ce qu’on n’aime pas se faire faire. Au cours d’une vie, tout cela évolue, les choses se placent, on gagne en maturité. J’ai essayé plein de choses entre 12 et 15 ans, avant d’être vraiment sexuellement active, même si mes souvenirs sont assez flous, à cette époque, je jouais, j’explorais, je découvrais des choses avec mes copains. Même si avec le recul, dans certain cas, il s’agissait carrément de pratiques sexuelles, à ce moment là, j’avais plutôt l’impression de jouer au docteur. Je ne regrette rien, je n’ai vraiment pas l’impression d’avoir été exploitée ni forcée de faire quoi que ce soit ; et surtout, rien de ce que j’ai fait ne m’a traumatisée, n’a eu un impact négatif sur ma vie sexuelle. S’il est vrai que les parents doivent éduquer leurs enfants et être vigilants, il est aussi vrai que lorsque les enfants seront sexuellement actifs, leurs parents ne seront sans doute pas les premiers informés. Cela me paraît plutôt sain. Les enfants n’ont pas envie d’entendre parler de la vie sexuelle de leurs parents, s’ils sont assez matures pour s’envoyer en l’air, ils devraient être assez matures pour épargner les oreilles chastes de leurs parents. Pour un parent, un enfant est toujours trop jeune pour être rendu là… Pour une maman, imaginer sa fille en train de tailler une pipe à son petit ami si distingué qui ressemble à s’y méprendre à Harry Potter, c’est de la fiction… Et pourtant, madame chose, si vous l’avez fait une première fois, votre fille le fera aussi, c’est normal, c’est même parfois bien plaisant, même si vous ne l’avoueriez que sous la torture. Vous n’êtes pas perverse vous, madame chose, n’est-ce pas? Et vous, le savez-vous que les jeunes d’aujourd’hui ne pensent qu’à ça? Bien sûr madame chose, bien sûr.
"Quand je pense à Fernande, je bande, je bande, quand j’pense à Félicie, je bande aussi, quand je pense à Léonore, mon dieu je bande encore, quand je pense à Lulu là, je ne bande plus, la bandaison papa, ça ne se commande pas." (Georges Brassens) Lui aussi, c’était un vieux cochon. Oui, madame Tartanpion. Un vieux cochon, comme Ferland qui voulait aimer de la tête aux fesses et comme Nanette qui gueulait «voulez-vous coucher avec moi ce soir…»!
Recette de la semaine
Sangria blanche de Francine
1 bouteille de vin blanc
rhum blanc au goût
2 L.de 7 Up
Raisins verts congelés
Litchees ou kiwis en moitié
Feuilles de menthe dans les glaçons
Sport et plaisir : ça a vraiment du sens pour vous?
Par Isabelle Ricard
D’entrée de jeu, je peux affirmer que d’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais été une fille sportive. En fait, j’en suis plutôt l’antithèse. Le sport est pour moi une obligation morale, parce que ma conscience me dit que si je ne veux pas souffrir d’un tas de problèmes physiques plus tard et que si je veux continuer d’engloutir les verres de sangria et les petits plats maison à volonté, je dois subir 30 minutes par jour d’activité physique. J’emploie le mot « subir » à raison, car pour une demi-heure d’activité sportive (même non intense), j’ai besoin d’une bonne heure de motivation, de préparation psychologique, où je me promets en pensée maintes récompenses lorsque j’aurai fait mon activité sportive quotidienne. Comme je suis plutôt futée, ces stratagèmes ne fonctionnent pas très bien. Je finis toujours par me dire que je préfère encore me passer de la surprise en question et m’étendre sur le patio en lisant un bon roman. Je dois alors utiliser l’approche répressive et me « punir » en m’interdisant de faire certaines choses tant que je n’aurai pas bougé un peu. Sans farce, j’aime souvent mieux me priver de dessert ou d’une nouveauté vidéo que de faire quelques minutes de jogging, par exemple. C’est plus que de la lâcheté ou de la paresse, c’est carrément un refus global de mon cerveau d’adhérer à cette perte de temps et d’énergie qu’est l’effort physique. Pour lui (mon cerveau), le corps (par opposition à l’esprit ou l’intellect – sans aucune référence religieuse) ne sert qu’à procurer du plaisir et non à souffrir.
Vous trouvez que le sport n’est pas une souffrance? On sue, c’est dégueulasse, les vêtements deviennent humides et collants (et nos cheveux alors!), nos muscles nous font mal pendant et après l’exercice, il faut à chaque fois négocier avec notre conscience avant de s’y mettre, ouf! Est-ce que quelqu’un de normalement constitué peut réellement affirmer que si le sport n’avait aucun impact sur le poids ni sur la santé, il continuerait d’en faire autant? Moi, c’est la première chose que je rayerais sur ma liste. Je pense même que je préfère faire du ménage!
Bien sûr, je me sens bien quand je termine une séance d’exercice : je suis fière de moi, je suis plus détendue, je dors mieux. Cependant, un souper entre amis me fait le même effet : je fais rire mes amis avec mes histoires, je suis fière de moi – je bois du bon vin, je suis plus détendue et avec quelques coupes de plus, je dors très très bien. Cela dit, je ne suis pas en train de faire l’apologie de la paresse. Je serai toujours pour l’exercice physique et je me forcerai toujours à en faire, mais je ne pourrai jamais trouver cela naturel. C’est même ce qu’il y a de plus contre nature en ce qui me concerne. Le seul plaisir que j’éprouve à bouger un peu, c’est quand je le fais à deux ou en groupe. Le côté social, les petites jasettes tout en pédalant, cela j’aime bien. Mais on pourrait tout aussi bien être assis sur une plage en train de déguster un pique-nique et ce serait encore mieux. Si ce n’était que de moi, le pédalo et la marche rapide pourraient être considérés comme des sports extrêmes.
Il y a deux ans, j’ai eu un entraîneur privé pendant deux mois. Je voulais être certaine de prendre de bonnes habitudes et d’avoir quelqu’un pour me motiver à le faire. Je vous jure que j’ai eu l’impression d’être une athlète qu’on veut envoyer aux Olympiques : j’ai forcé, j’ai couru, j’ai escaladé, j’ai ramé et j’ai poussé comme une folle. En plus, je mangeais mieux, je buvais plus d’eau et je dormais à des heures plus régulières (c’est sûr, j’étais tellement crevée!) En plus du sport, ce sont toutes mes habitudes de vie qui changeaient. Je me sentais vraiment plus en santé, j’avais l’impression d’être sur « le droit chemin ». J’ai ensuite continué pendant un an mon rythme d’entraînement (bon, j’étais un peu plus conciliante que mon entraîneur pour les poids à soulever et pour la durée des séances, mais je dépensais régulièrement l’énergie physique qu’il fallait).
Après quelques mois, mon « ancien moi » a repris le dessus sur l’espèce de sporty girl que je me plaisais à exhiber au gym d’en face. Un jour, je me suis demandée : qu’as-tu réellement envie de faire? La réponse ne s’est pas fait attendre : prendre un long bain moussant aux poires, écrire à la chandelle en dégustant un porto, écouter quatre films d’affilée emmitouflée dans une grosse douillette, lire un ou deux ou trois romans sur une terrasse, bavarder au téléphone avec une copine, faire un souper fondue interminable avec des amis, courir les expositions et les premières de films, magasiner des souliers (!), dormir jusqu’à midi avec mon chat qui ronronne sur l’oreiller, aller aux fraises avec mon chum et en manger le plus que je peux pendant que lui remplit le panier, me prélasser sur un pneumatique en plein milieu de la piscine… Non, mais pourquoi aurais-je envie d’ajouter du sport à tous ces plaisirs? Dire que certains aiment tant le sport, qu’ils ne peuvent plus s’arrêter! Je trouve cela tellement inimaginable, que je ne suis même pas certaine que je les envie.
L’amour, le bon vin, le cinéma, la bonne bouffe et la littérature (et dans cet ordre) : c’est amplement suffisant pour apprécier la vie! Hélas! Il y a aussi la réalité : les muscles qui s’affaissent, les hanches qui épaississent, le combat perpétuel de l’homme (et surtout de la femme) pour rallier plaisir et nécessité, plaisir et santé, plaisir et beauté. Je recommence donc à m’entraîner, une demi-heure par jour, un jour à la fois, en souhaitant que le téléphone sonne et qu’un ami ait la bonne idée de m’inviter à faire du sport et que je ne puisse pas me trouver d’excuse pour refuser.
Les films
Par Isabelle Ricard
À voir :
- Idole instantanée d'Yves Desgagnés, avec Claudine Mercier, Maxime Denommée, Martine Francke, Pierre Curzi, Serge Postigo, Louise Turcot et Diane Lavallée. Délicieuse satire du monde fabuleux de la télé-réalité, cette comédie n'épargne aucun acteur de ce type d'émission: les téléspectateurs, les gens qui font semblant qu'ils n'écoutent pas cela parce que c'est stupide, les concurrents, les médias, les animateurs, la compagnie de production... Claudine Mercier arrive à jouer cinq personnages de façon à ce qu'on y croit et qu'on parvienne même à oublier, lors des scènes où ces personnages se côtoient, qu'il s'agit de la même actrice. Cette comédie fera particulièrement rire les adeptes de Star Académie capables d'autodérision. Finalement, Idole instantanée est une comédie comme je les aime: intelligente, ironique, au réalisme caricaturé et aux propos suscitant une certaine réflexion. Très divertissant!
- Batman: le commencement par Christopher Nolan, avec Christian Bales, Michael Caine, Liam Neeson, Gary Oldman, Morgan Freeman et Katie Holmes. Heureusement pour lui, Christopher Nolan n'a pas essayé d'imiter Tim Burton (inimitable), il a plutôt campé son superhéros dans un univers hyperréaliste et a donné toute la place à Bruce Wayne, reléguant Batman au dernier tiers du film. Contrairement à ce que l'on aurait pu croire, il restait des choses à dire sur la naissance de l'homme chauve-souris et sur les dédales de sa psychologie. Je dois aussi avouer que malgré le fait que Michael Keaton était pour moi LE Batman, Christian Bale est extrêmement convaincant voire plus crédible encore que Keaton. Plus qu'un divertissant film d'action, ce Batman fait la preuve qu'un Blockbuster peut aussi avoir une intrigue bien ficelée, un scénario intelligent et des personnages approfondis. Bon, pour les commentaires un peu plus superficiels, je trouve tout de même la nouvelle Batmobile un peu moins glamour que l'ancienne, mais elle est certainement plus opérationnelle. J'ai déjà hâte au deuxième Batman de Nolan, mais de grâce sans Katie Holmes! Qui peut croire ne serait-ce qu'une seconde qu'elle a le même âge que Christian Bale (on le dirait de 15 ans son aîné), en plus d'avoir l'âge et le caractère qu'il faut pour avoir le poste important qu'elle occupe dans le film? Selon moi, elle est le seul point faible du film; heureusement, on ne la voit pas trop.
- (En vidéo) Maman last call de François Bouvier, avec Sophie Lorain et Patrick Huard. J'avoue presque avec déception que j'ai bien aimé cette histoire, même si je n'ai pas été capable de dissocier Alice (Sophie Lorain) de Nathalie Petrowski, même pour une minute. Comme je dédeste la journaliste que je trouve parfois incohérente, sans classe, de mauvaise foi et quelquefois mal informée (comme lorsqu'elle a parlé de la Saint-Jean "privée" des Cowboys Fringants et de Loco Locass), c'est avec une grande joie que j'aurais volontier démoli son oeuvre. Pourtant, je me suis parfois reconnue dans le personnage principal (quand, dans un bar, elle porte un toast à la "Moronie" qui est un pays surpeuplé!), les situations et les dialogues m'ont amusée, m'ont fait sourire, m'ont fait penser à des femmes que je connais... Finalement, j'ai trouvé ce film divertissant, amusant. Bien entendu, il ne marquera pas l'histoire du cinéma, ni par son propos ni par le traitement cinématographique, mais il m'a fait passé un très bon moment.
À voir ou pas:
- Les 4 fantastiques de Tim Story, avec Jessica Alba, Michael Chiklis, Ioan Gruffudd et Chris Evans. Puisque les super héros ont la cote ces dernières années, voici, une fois de plus, une version cinématographique d'un comic book et d'un dessin animé, celle des 4 fantastiques. D'emblée, je dois vous avertir que ce film est pour les grands amateurs de ces personnages de Marvel. Loin d'être du même niveau que les films X-men, Spiderman ou Batman, l'oeuvre de Tim Story risque de décourager les cinéphiles en quête de scénario intelligent ou de personnages consistants. En effet, les dialogues sont complètement dépourvus d'intérêt et de réalisme psychologique, les situations "dramatiques" sont extrêmement inefficaces et la majorité des personnages sont insipides (M. Fantastic, très peu crédible en amoureux, l'est encore moins en sauveur et en génie scientifique. Il n'est qu'un visage sans intérêt qu'on espère ne pas revoir de sitôt au cinéma. La femme invisible, quant à elle, bien qu'elle soit personnifiée par la superbe Jessica Alba, une fois les gros plans de son corps sculptural et de son joli minois passés, il semble que le réalisateur n'ait pas trop su quoi faire d'elle.) Heureusement, il reste quelques bons effets spéciaux qui ont le très grand avantage d'être de courte durée, un film qui a su éviter les longueurs et une pointe d'humour qu'apportent les personnages réussis de La chose et de La torche humaine. Ce sont les seuls personnages qui, sans être approndis ni particulièrement originaux, ont assez de caractère pour attirer un soupçon de sympathie de la part du spectateur et d'ajouter du piquant à ce film sans saveur qui aura sans aucun doute une suite, d'ici un été ou deux.
À éviter:
- La guerre des mondes de Steven Spielberg, avec Tom Cruise, Dakota Fanning et Tim Robbins. Présenté comme LE hit de l'été, cette reprise d'un classique de la science-fiction (d'après le roman éponyme de H.G. Wells) est très loin de combler les attentes des amateurs du genre. N'ayant pas vu la première version de 1952 et n'ayant pas lu le classique de Wells, je ne sais pas si c'est l'histoire qui est mauvaise ou bien si c'est la version de Spielberg qui laisse à désirer. Reste que cette guerre des mondes est plutôt un carnage de près de deux heures (1h56), avec rivières de sang et tripodes surdimentionnés, en plus des beaux grands yeux bleus terrifiés de Dakota Fanning, où les "héros" ne sont que de pauvres fuyards désorientés, terrorisés, sans aucun autre but que de risquer leur vie à tout moment en se dirigeant tout droit vers l'ennemi, sous prétexte que le personnage joué par Tom Cruise doit ramener ses enfants à son ex-femme, à Boston (qui étrangement semble avoir échappé à l'envahisseur). Bien sûr, ils frôleront la mort à plusieurs reprises (comme tous bons héros américains), ils rencontreront un improbable allié complètement timbré (joué par un Tim Robbins qui utilise à outrance les regards d'aliéné et les mouvements de sourcils), évidemment tout finira bien, car les humains seront sauvés in extremis par un fait tellement ridicule (dévoilé par une narration finale quelque peu artificielle) qu'on n'en revient pas ! Tout ça pour ça? Eh oui, j'en ai bien peur!
- M. et Mme Smith avec Brad Pitt et Angelina Jolie. L'entrée en matière est plutôt intéressante: Monsieur et Madame Smith sont au beau milieu d'une séance avec leur conseillère matrimoniale, on est donc à même de constater les difficultés somme toute banales de ce couple marié depuis cinq ou six ans. On a ensuite droit à l'observation en parallèle de la double vie de tueur à gage de chacun. (Ce bout-là est encore intéressant, surtout si vous avez déjà eu le fantasme d'être un agent 007). Le film atteint son plus haut point d'intérêt au moment où M. Smith rentre à la maison et pense (avec raison) que sa femme essaie de le tuer. Ensuite, tout cela dégénère et, personnellement, j'ai décroché au moment où Angelina Jolie visait Brad Pitt à la mitraillette en démolissant toute la maison, à moins que ce ne soit à la vue de Brad Pitt administrant de multiples coups de pied sur Angelina Jolie, couchée sur le plancher. Bref, la suite n'est que décadence, poursuite bidon, suprématie du couple de tueurs sur la panoplie d'agents envoyés pour les éliminer: tout à fait crédible!
Petites annonces
- Si vous avez déménagé, s'il vous plaît, pensez à m'envoyer au plus tôt vos nouvelles coordonnées (adresse et numéro de téléphone). Je vous remercie à l'avance! Un petit courriel fera l'affaire: isabelle_ricard@hotmail.com
Les perles du MEQ
Par Isabelle Ricard
(Suite des citations enlevantes des élèves de cinquième secondaire de toute la province. Je vous rappelle que le sujet de cette année était de prendre position au sujet de la vente de l'eau du Québec à l'étranger.)
Personnalisation
- L’eau est une ressource naturelle qui donne la permission à tout le monde d’aborder.
- [...] pour enrichir les quelques poches qui attendent que les profits ressortent.
Il me semble que ça sonne comme ça...
- Les sites internètes
- La population d’Angleterre n’a pas le choix d’arrêter les tirs de chasse d’eau.
- En tant qu’étudiante en phase terminale du secondaire, (...)
- L’eau va disparaître, car nous l’utilisons avec une mauvaise méthode.
- C’est également ce que pense un site Internet qui affirme ceci…
- Les quantités gastronomiques d’eau...
- Le volage, c’est assez!
- Il faut mettre un terme aux gens qui laissent couler l’eau.
- Je vais vous guider sur la piste de l’inacceptance d’une telle vente.
- Les Européens préfèrent dépenser leur argent en crème glacée plutôt que de fournir l’eau à leurs habitants.
- En premier lieu, je vais accentuer l’économie.
- Comme le dit le proverbe, qui sème l’économie récolte la politique.
- Comme le mentionnait l’accord de libre-échange aux journalistes
- Le Ministre Montclair (Mulcair)
- Comme le dit M. l’Unesco
- Les multinationales sont au gros bout du rouleau pour fixer les prix.
- Si le Québec était restrictionné pour l’usage de l’eau, ça irait mieux.
- Plus tard, il y aura des percussions dans l’environnement
- Cette mixture hydratée...
Poésie et métaphore
- Ce sont les gueux de l’eau qui seraient rayés de la carte.
- Même si 34 00 personnes meurent chaque jour à cause des pénuries d’eau, les Québécois, avec leurs ressources abondantes, s’en lavent les mains.
- L’eau nous apporterait un océan de problèmes.
- Il faut éviter le plongeon d’une nation dans les eaux de la mort.
- Les pays étrangers ont l’eau à la bouche en nous écoutant parler d’exportation.
- La planète a la bouche sèche et le Québec en profite.
- Tout ce que l’Afrique boira, ce sont nos belles paroles.
Ça vraiment, je n’y aurais pas pensé
- Les mots « vente de l’eau du Québec » sont sur toutes les lèvres de l’actualité et les miennes sont écorchées à la seule idée de signifier mon accord à cette exportation.
- Méritons-nous encore le surnom de planète bleue? Ou peut-être qu’un second baptême s’impose avec « planètes aux bleus » cette fois comme sobriquet.
- Nous contribuons à ce qui peut-être une jour arrivera, le but ultime de toutes les participantes du concours Miss Univers : la paix dans le monde.
- Que lèguerions-vous à nos enfants si nous vidions les océans pour laver nos planchers?
- Si nous décidons de ne pas vendre notre eau aux Californiens, cela correspond à la définition exacte du mot méchant.
- Le ¾ du tiers-monde
Ils en fument du bon
- ALENA, qui est une compagnie de libre-échange américain, voudrait offrir un accès au marché.
- Cette eau qui coule dans nos veines.
- Certains ignorent que bientôt l’eau fera faillite comme de nombreuses entreprises.
- Cela mettrait en danger tous les habitants du Québec, qu’ils soient humains ou poissons.
- En 1996, plus de 33% de la population a été exportée.
- Je suis pour la privatisation, mais au secteur public seulement.
Anti-américanisme primaire
- Les Américains, en bon nombril du monde qu’ils sont…
- Les méchants Américains vont s’empresser de nous dérober notre eau.
- Il serait à notre avantage de ne pas ébruiter le fait que nous avons pensé à vendre notre eau pour ne pas éveiller les Américains.
- Dans le monde, les Américains contrôlent tout sauf notre eau.
- Le fait est que les États-Unis ont des idées effrayantes.
Réalisme
- Les ressources de notre province ont toujours été menacées, ce qui n’est pas surprenant, car nous habitons un pays où la majorité de la population parle anglais.
Les jeux de mots qui font vraiment des titres époustouflants
- « eau »pression
- une bonne c « eau »se
- d’un pôle à l’ « eau »tre
- S-eau-S
- Un verre d’eau c’est bien, mais deux c’est mieux!
- Eau Canada, Terre de nos aïeux!
- De la lumière eau bout du tunnel
- eau revoir?
Les capsules de Guy Bertrand
- Il faut « faire la file » pendant des heures.
Les mots file et queue peuvent tous deux désigner une suite de personnes placées l’une derrière l’autre. En revanche, l’expression consacrée pour exprimer le fait d’attendre dans une file est FAIRE LA QUEUE.
- Jean Charest était prêt à faire face à la musique.
L’expression populaire « faire face à la musique » est un calque de l’anglais. En français, pour exprimer le fait d’affronter froidement, rationnellement ou courageusement une situation difficile, on utilisera plutôt l’expression BRAVER LA TEMPÊTE. Dans certains contextes, on peut également employer l’expression PRENDRE LE TAUREAU PAR LES CORNES.
- Le président entend continuer à faire la lutte au terrorisme…
On peut faire la guerre à quelque chose, mais on peut pas « faire la lutte à quelque chose ». En français correct, on LIVRE (ou on MÈNE) UNE LUTTE (ou UN COMBAT) CONTRE (ou POUR) quelque chose. On aurait également pu dire : Le président entend continuer à FAIRE LA GUERRE AU TERRORISME.

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