La vie devant moi - Vol.2 - numéro 7
"Il faut toujours semer derrière soi un prétexte pour revenir, quand on part." (Alessandro Baricco)
"Se demander si les choses sont vraies avant de se demander ce que nous en pensons est un exercice qui finit par paraître ingénu, tant il est passé de mode." (Alessandro Baricco)
"Aucune oeuvre d'art n'est assez forte pour survivre à la surdité de ceux qui l'écoutent." (Alessandro Baricco)
Saviez-vous que...?
Par Isabelle Ricard
(Source: La revue Les diplômés de l'Université de Montréal)
- 46% des foyers québécois possèdent un animal domestique.
- Les Occidentaux ont un tel attachement pour leurs animaux de compagnie, que leurs gestes frôlent parfois la folie: 27% des propriétaires de chiens et de chats, aux États-Unis, ont fait photographier leur animal avec le père Noël; 39% d'entre eux ont inséré la photo de leur animal dans l'album de famille (quoi, ce n'est pas normal, ça?).
- Au Canada, 75% des maîtres donnent un cadeau à leur animal à Noël ou à leur anniversaire... (J'espère! Ils ont doit à une fête eux aussi!)
- Lorsque leur animal meurt, certaines personnes sombrent dans la dépression et/ou subissent un deuil comparable à celui d'un parent ou d'un ami cher.
- En matière de justice, la Suisse et l'Allemagne ont introduit une disposition dans leurs lois qui spécifie que les animaux ne sont pas des choses. Donc, dans le cas d'un divorce ou d'une séparation, si les conjoints se disputent la garde de l'animal, le juge peut trancher en faveur de ce qui est le mieux pour le bien de Fido ou de Minet.
Chronique du dromadaire
Syndicalisme et médiocrité
Par Caroline St-Jean
En 1987, je terminais un baccalauréat en relations industrielles à l’Université de Montréal. J’avais 23 ans et je n’aimais pas beaucoup la mentalité de l’école des relations industrielles, parce que j’étais jeune, idéaliste et passionnée. Du coup, j’avais l’impression que les professeurs, plutôt grands défenseurs des patrons et de l’establishement, ne nous formaient pas adéquatement. À cette époque, il y avait deux clans dans les universités francophones: les pro-patrons, à l’Université de Montréal; et les pro-syndicats, à l’Université Laval. Je n’ai pas fait carrière en relations industrielles, parce qu’à 23 ans, j’en paraissais douze, je ne me voyais donc pas faire de la gestion de personnel et devoir congédier un monsieur de cinquante ans, père de trois enfants. Je n’avais vraiment pas la tête de l’emploi ni les couilles sans doute. J’ai plutôt choisi de poursuivre mes études. J’ai suivi mon cœur, je suis allée en littérature, puis en pédagogie.
De mes années passées en relations industrielles, j’ai gardé plein de choses. J’ai suivi deux cours sur le développement des mouvements ouvriers au Québec avec Marcel Pepin, ex-président de la CSN. Ce leader syndical était reconnu pour sa grande rigueur, mais aussi pour ses prises de position socialistes très rigides. En classe, j’ai découvert une toute autre personnalité, un homme hyper cultivé, plutôt modéré lorsqu’il analysait les grandes batailles syndicales (entre autres le front commun de 1972, lorsque Robert Bourassa l’avait envoyé en prison) mais surtout un homme très drôle, qui adorait raconter des anecdotes et se payer la tête de Jean Cournoyer, et plutôt grand papa compréhensif, lorsqu’on allait le voir à son bureau, parce qu’on avait de la difficulté à choisir un sujet pour un travail de fin de session. J’ai aussi suivi des cours sur l’émergence du syndicalisme en Angleterre durant la révolution industrielle. Je sais pertinemment que la syndicalisation était nécessaire, parce que les conditions de travail, à cette époque, étaient lamentables : semaine de travail de six jours, journées de dix heures, parfois beaucoup plus, salaires de crève faim, lieux insalubres et peu sécuritaires, aucune loi interdisant le travail des enfants, etc.
Tout dernièrement, j’ai gueulé contre Wal-Mart et sa décision de fermer la succursale de Jonquière car les employés avaient obtenu une accréditation syndicale. Je fuis les McDonald pour les mêmes raisons. Mais à force de vouloir être droit, on finit par ne plus savoir où donner de la tête. Toutes les grandes surfaces vendent des vêtements fabriqués en Chine ou aux Indes. Quand on achète québécois, c’est qu’on s’habille pour l’hiver ou pour le plein air. Mais là, ça coûte la peau des fesses: Kanuk, Louis Garneau, Chlorophylle, c’est performant, par contre, c’est hors de prix. En plus, parfois, on se fait rouler. J’ai acheté des verres fumés Louis Garneau pour encourager les Québécois; en ouvrant la boîte, je me suis rendu compte qu’elles étaient fabriquées à Taïwan. Tout ça pour dire que j’en ai un peu marre des syndicats et des beaux principes alter-mondialistes.
Depuis que j’enseigne, il y a eu quelques enjeux syndicaux. Le premier, sous le gouvernement du parti Québécois, consistait, pour mon syndicat, à trouver un moyen équitable de baisser la masse salariale des professeurs. Le syndicat, défendant toujours la sacro-sainte ancienneté, a décidé de geler la progression dans les échelons des jeunes professeurs. J’ai donc été gelée. Il y a aussi eu le débat sur l’équité salariale. Comme tout le monde, étant pour la vertu, j’étais convaincue qu’à travail égal, hommes et femmes devaient avoir le même salaire. Le problème, c’est que dès lors que je suis entrée dans l’enseignement, hommes et femmes gagnaient le même salaire. En enseignement, le débat sur l’équité était tout autre. Partout, tant au public qu’au privé, les échelles salariales sont fixées en fonction de la scolarité et de l’ancienneté. Dans le débat sur l’équité, les syndicats enseignants ont analysé le problème autrement. Ils ont prétendu que les professeurs, quelle que soit leur scolarité, faisaient le même job. À cette époque, les jeunes professeurs tout frais sortis des universités avaient 17 ans de scolarité. Le syndicat a décidé d’ajuster les salaires. Tous les professeurs ayant moins de 18 années de scolarité ont été remontés dans l’échelle salariale, certains vieux professeurs, qui avaient à peine 14 ans de scolarité, ont reçu de grosses compensations salariales. Puisque j’ai 19 ans de scolarité, je n’ai rien reçu, on m’a expliqué que, depuis mon arrivée dans l’enseignement, je gagnais plus que les autres compte tenu de ma scolarité, on ne m’a pas convaincue. Je continue de croire que l’équité dans l’enseignement ce n’était que du nivellement par le bas.
De toute façon, si l’on avait poussé plus loin le raisonnement syndical, il aurait fallu conclure que si tous les professeurs font le même job, et que peu importe leur scolarité, ils doivent recevoir la même rémunération, le syndicat devrait admettre qu’un professeur qui entre sur le marché du travail fait le même travail que celui qui a 15 ans d’ancienneté. Ainsi, les deux individus devraient faire le même salaire… Le syndicat ne partage pas mon avis. Quoi qu’il en soit, je n’en démords pas, je ne comprends pas qu’un syndicat d’enseignants ne reconnaisse pas la scolarité comme gage de compétence. Je sais que certains diront qu’enseigner, cela ne s’apprend pas, qu’il y a des docteurs en physique incapables d’enseigner et il y a des gens comme Pierre Bourgault, professeur en communication à l’université, qui disait à la blague que ses diplômes ne lui permettraient même pas d’être admis à l’UQAM. Il n’en demeure pas moins que comme partout ailleurs, la scolarité et l’ancienneté devraient, de manière stricte, être prises en compte, lorsque le temps est venu d’engager des professeurs et de déterminer leurs salaires. J’enseigne le français; plusieurs fois par année, les connaissances acquises en relations industrielles me permettent de mieux analyser l’actualité, actualité que les élèves doivent suivre et comprendre, puisqu’ils ont à écrire des textes dans lesquels ils donnent leur opinion sur les sujets controversés qui font la une des journaux.
Nous, les professeurs, sommes en pleine négociation. Je suis solidaire avec mes collègues, j’ai fait du piquetage lorsque les professeurs ont débrayé, je m’habille en noir le mardi, j’ai remis des notes manuscrites pour embêter la commission scolaire. Je sais qu’il faut se tenir debout et réclamer de meilleures conditions de travail, notamment de plus petits groupes, de meilleurs services aux élèves (orthopédagogues, psychologues, éducateurs spécialisés, etc.). Tout de même, je me questionne. Je ne suis pas certaine que, actuellement, le syndicalisme tel que pratiqué dans les écoles québécoises satisfasse les besoins des enseignants, je ne suis pas certaine que les moyens de pression traditionnels servent la cause des professeurs.
Les grèves dans le secteur privé mettent de la pression sur l’employeur, parce qu’elles stoppent la production, ce qui engendre des coûts énormes pour l’employeur. Quand les professeurs font la grève, les élèves et leurs parents sont touchés, mais le gouvernement économise 16 000 000$ par jour. Nous allons faire deux jours de grève, le gouvernement va nous concéder 32 000 000$ d’augmentation sur quatre ans… Je caricature, mais ça ressemble à cela. Comme l’ont fait les étudiants, je crois qu’il faudrait être plus imaginatifs, revoir les moyens de pression. Par exemple, nous pourrions entrer au travail, mais ne pas donner de vrais cours: préparer des jeux, présenter des films, faire lire et analyser des textes qui expliquent les enjeux de nos moyens de pression, etc. En paralysant le système de l’intérieur, nous ne permettrions pas au gouvernement de remplir ses coffres avec notre argent.
Les syndicats d’enseignants sont de trop grosses machines. Dans les écoles, les délégués syndicaux qui veulent faire appliquer les décisions prises par la machine perdent de vue les besoins des enseignants. Un climat de confrontation (direction-professeurs) s’est installé, cette division –les bons d’un côté– (les professeurs), –les méchants de l’autre– (les directeurs) ne mène nulle part. Sans doute certains directeurs sont-ils incompétents, menteurs, manipulateurs, voire despotes, mais comme partout, il y a aussi des professeurs incompétents, peu motivés, autoritaires et injustes. Certains diront que les syndicats sont démocratiques et que ce sont les membres qui prennent les décisions. Pour avoir assister à de nombreuses assemblées, je peux dire que les dirigeants, qui connaissent très bien les conventions collectives et le code Morin, en plus d'être de fins orateurs, peuvent facilement faire pencher le vote… sans compter que les assemblées sont tellement longues et ennuyeuses que très souvent, lorsque vote il y a, bon nombre de professeurs sont rentrés à la maison.
Je sais que les syndicats sont nécessaires, ils ont grandement contribué à l’obtention de conditions de travail décentes, ils ont permis aux travailleurs de ne plus être les victimes d’employeurs injustes, ils ont permis aux femmes de ne plus être congédiées, lorsqu’elles décidaient d’avoir des enfants, ils ont obligé le gouvernement à interdire le travail des jeunes de moins de seize ans pendant les heures de classe, etc. Cela ne nous empêche pas d’être vigilants et critiques.
Si les syndicats existent, c’est que des employeurs véreux exploitaient de façon éhontée leur main d’œuvre. Au fil du temps, les syndicats ont mené d’importantes batailles. Ils ont défendu les intérêts de la majorité, tout en défendant un principe sacro-saint, l’ancienneté. Parfois, du moins quand on est jeune (je sais, je le suis de moins en moins), la rigidité syndicale est pesante; parfois, j’ai l’impression que le syndicat est devenu une grosse machine qui empêche les professeurs de bien faire leur job.
Personnellement, ce que je préfère dans l’enseignement, c’est préparer mes cours, me retrouver en classe avec des élèves, faire des activités avec les élèves et partager tout cela avec mes collègues. La paperasse, les réunions, toutes les lourdeurs administratives (parfois utiles, parfois totalement inutiles) cela m’écoeure. Et, au risque de me répéter, j’ai parfois l’impression que certaines personnes se servent de la convention collective pour empêcher professeurs et directeurs de trouver un terrain d’entente. Pourquoi font-elles cela? Certaines parce qu’elles ont perdu de vue le rôle qu’elles doivent jouer au sein du syndicat; d'autres, parce qu’elles ont perdu bien des illusions en cours de carrière et qu’elles sont conscientes que la convention collective est une espèce de bouclier, une arme redoutable, un texte dont la moindre virgule interprétée n’importe comment permet de se soustraire à bien des tâches. Si vous préférez, pour certaines personnes, la virgule de la convention collective est au service de la paresse!
Tous les problèmes des écoles ne sont pas attribuables aux syndicat, celui-ci a même permis d’en régler de nombreux, notamment en ne permettant plus aux patrons de faire preuve de favoritisme ou d’abuser de leur pouvoir, en ce moment toutefois, certaines choses devraient être remises en question. Depuis que j’enseigne (bientôt quinze ans) je n’ai jamais, à l’école où je travaille (ailleurs c’est peut-être différent), dû remettre mes plans de cours ou ma planification et jamais un membre de la direction n’est venu me voir enseigner. Quand j’étais en probation, mon directeur de niveau s’est fié à l’opinion de mon maître associé, par la suite, il m’a jugé compétente parce que les élèves ne se plaignaient pas, parce que leurs résultats étaient satisfaisants, parce que je ne faisais pas trop de rapports disciplinaires, parce que je ne le dérangeais pas trop avec des cas d’élèves.
C’est vrai que j’ai été chanceuse, qu’en obtenant un poste de rêve, quatre groupes réguliers de cinquième secondaire en début de carrière, je n’ai pas eu beaucoup besoin d’un directeur à la poigne d’enfer. Mais le fait que je ne mette pas beaucoup d’élèves à la porte ne rend pas compte de ma compétence. Dans toutes les compagnies et même dans le secteur public, le personnel est évalué périodiquement. Les directeurs d’école sont trop laxistes à cet égard, ils prétendent ne pas avoir le temps d’accomplir cette tâche, mais aussi, le syndicat n’est pas très chaud à l’idée de voir les professeurs évalués. C’est dommage, parce que ceux qui font bien leur job n’auraient aucun problème à fournir plans de cours et évaluations, ni à permettre au directeur de passer du temps en classe. Par contre, peut-être que moins d’incompétents obtiendraient leur permanence. Peut-être qu’il y aurait moins de roulement de personnel (particulièrement au premier cycle où la tâche est de plus en plus lourde et où il faut vraiment avoir de la poigne); peut-être qu’il y aurait moins de cas d’épuisement professionnel. Il faut vraiment une personnalité particulière pour enseigner et, même si les professeurs sont supposés pouvoir enseigner à tous les niveaux, il y a des gens plus doués pour le premier cycle et d’autres plus doués pour le deuxième. Le principe de l’ancienneté permet aux professeurs plus expérimentés de choisir leur niveau, d’avoir une tâche assez homogène. Elle condamne les nouveaux à enseigner plusieurs matières, parfois plusieurs niveaux différents. Même s’il faut faire ses classes et commencer au bas de l’échelle, en enseignement, donner les groupes les plus difficiles aux moins expérimentés, c’est un peu les envoyer au centre de l’arène et libérer les tigres! Certains s’en sortent, d’autres décrochent, mais dans un tel cirque, il est évident que les élèves sont mal servis. Cette situation est en partie attribuable aux syndicats. À la lumière d’une telle réflexion, je crois qu’il est grand temps de revoir la pratique syndicale en milieu scolaire.
Recette de la semaine
PÂTÉ DE CAMPAGNE À L’ÉCHALOTE de Robert
300 g de foie de porc
200 g de gras de porc (bajoue, gorge ou épaule)
500 g de porc haché mi-maigre
3-4 gousses d’ail selon la grosseur
1 oignon
5-6 branches de persil frais
5 échalottes grises (échalottes françaises)
15 g de sel
7 g de poivre moulu
2 g de muscade
2 g de sucre
2 oeufs
50 ml de vin blanc sec
12-15 tranches de bacon canadien pour barder votre moule et couvrir le pâté
- Parer les foies et hacher au robot. Mettre de côté.
- Hacher ensemble ail, oignon, persil et échalottes.Mêler au foie.
- Passer la viande et le gras ensemble au robot et y ajouter tous les assaisonnements.(conseil : couper votre gras en petits cubes. Plus facile à passer au robot).
- Mélanger avec le foie et le persil.
- Ajouter les oeufs, le vin et bien mélanger. C’est le temps de plonger les mains dans le mélange et de s’amuser !
- Foncer un moule en laissant le bacon dépasser sur les bords,
Verser le mélange. Bien tasser. - Recouvrir avec les bords du bacon et recouvrir d’une ou deux tranches si nécessaire.
- Cuire au four. Préalablement chauffer le four à 180 C. Déposer la terrine dans une lèchefrite contenant de l’eau chaude afin d’éviter l’assèchement.
- Après 15 minutes, régler le thermostat à 140 C pour environ 2h-2h30, selon la grosseur du récipient ou sa nature.
- Retirer du four et laisser tiédir. Placer une assiette sur le plat et renverser. Démouler délicatement et laisser refroidir totalement.
- Servir en belles tranches idéalement avec petits oignons et cornichons sûrs.
Par Isabelle Ricard
- Garbage dans les studios de Musique Plus (23 avril). La première réaction que mes amis et moi avons eue à la vue des membres de Garbage (que nous avions à moins de cinq mètres des yeux), c'est qu'ils sont beaucoup plus âgés que nous le pensions (les images léchées des vidéoclips et des premières pages de magazines cachent bien des rides). La deuxième surprise a été d'entendre l'accent très prononcé de la chanteuse (elle est d'origine écossaise, chose dont on ne se serait pas douté à l'écoute des chansons, tout accent ayant disparu quand elle chante). Malgré une attitude très posée, très consciente des caméras, très "poupée de porcelaine" (à certains égards, elle me faisait penser à Nicole Kidman et à son attitude guindée aux cérémonies officielles); malgré un teint maladif, un regard de braise et un sourire inexistant, Shirley Manson est tout à fait fascinante sur scène. D'abord, sa voix a une puissance rare et un je ne sais quoi de très particulier et d'inimitable. Ensuite, malgré une attitude sombre quasi dépressive, la demoiselle a du charisme à revendre. Heureusement, contrairement à la chanteuse, les musiciens ont démontré de l'énergie et de l'enthousiasme hors du commun. Le spectacle était vraiment électrisant et a atteint un point culminant avec la pièce "I'm only happy when it rains", alors qu'en-dehors des studios vitrés de Musique Plus, une pluie torrentielle accompagnait le groupe.
- Moby dans les studios de Musique Plus (17 avril). Je ne connais pas très bien Moby, mais ce dernier ne m'a vraiment pas donné envie d'approfondir mes connaissances! Richard Melvill Hall de son vrai nom, l'artiste se trouve à être l'arrière petit-neveu d'Herman Melvill, auteur du classique Moby Dick, d'où son nom de scène. Le spectacle de Moby a bien commencé, même si je ne connaissais aucune des chansons de son nouvel album (il s'en est tenu à ses nouvelles chansons et j'ai été très déçue d'attendre en vain son hymne électronique "Go"), elles étaient entraînantes et assez intéressantes. Toutefois, après cinq ou six chansons, la vedette internationale a lancé un très bref au revoir avant de quitter précipitamment la salle; décidément, cette célébrité n'avait pas une minute de plus à nous accorder!
- Loco Locass au Club Soda (8 avril). Je peux énoncer sans me tromper que ce spectacle fut le meilleur que j'ai vu jusqu'à présent. Il est vrai que j'étais vendue à l'avance et qu'une rencontre fortuite avec Batlam à l'entrée de la salle m'a carrément propulsée dans les nuages, mais l'exaltation sans bornes de la foule (extrêmement hétéroclite soit dit en passant) ce soir-là me donne raison. Biz, Batlam et Chafiik nous ont convié à un spectacle survolté, festif et incroyablement engagé. Il est rare, dans ce monde, de pouvoir associer "fête" - voire party- et politique. Pourtant, c'est un mélange piquant que Loco Locass livre avec brio. Au lendemain du spectacle, un article de La Presse mentionnait que le succès de ce dernier venait du fait qu'il nous avait permis, le temps d'une soirée, de nous libérer collectivement des Libéraux. D'ailleurs, lorsque les rappeurs ont entamé les premières notes du désormais hymne national "Libérez-nous des Libéraux", les murs du Club Soda ont dû trembler, tellement les cris, les sauts, les points levés, les chants de la foule et l'unanime enthousiame pour les propos étaient au rendez-vous. J'avais l'impression de me trouver à la plus belle démonstration de colère qui soit: tout en chanson et en énergie. Il y a aussi eu des moments plus calmes, plus émouvants, où chacun se dévoilait un peu avec une chanson plus intime. J'ai été fortement impressionnée par Chafiik (que j'appréciais moins que les deux autres jusqu'alors). Il y est allé d'un jam arabe qui s'est prolongé pendant pas moins de 15 minutes et qui a fait danser une foule visiblement enchantée. Bon, je m'arrête ici, vous avez compris que j'ai tellement aimé le spectacle que je n'en suis pas encore revenue! Un seul détail de plus: les membres du groupe sont tellement généreux, qu'après un spectacle de 2h30 sans interruption, ils ont pris une petite pause de 15 minutes et ont décidé, vu l'entrain des spectateurs, de continuer pendant une heure supplémentaire.
Par Isabelle Ricard
À voir :
- Une histoire de Sin City, par Robert Rodriguez (avec la participation de Quentin Tarantino), avec Bruce Willis, Mickey Rourke, Clive Owen, Jessica Alba, Brittany Murphy, Elijah Wood, Benicio Del Toro. Par son style et sa recherche esthétique, ce surprenant film de Robert Rodriguez est un vrai chef-d’œuvre. À la manière de Tarantino, on y retrouve trois histoires emmêlées d’anti-héros en mal d’une certaine justice, à l’intérieur d’un monde de vices et de crimes sanglants (les histoires sont tirées des bandes-dessinées de Frank Miller). Personnellement, j’ai été charmée dès la scène d’ouverture, où un tueur à gage, du haut de la terrasse du penthouse d’un gigantesque gratte-ciel, tue, avec beaucoup de tendresse et d’élégance, une femme à la robe rouge qui semble être à l’origine de son propre assassinat.
Il est indéniable que le monde parallèle de Sin City est extrêmement violent et sombre. Ville où le soleil ne se lève jamais, Sin City n’abrite que des bandits, des putains, des flics corrompus et des mercenaires. Trois hommes, pourtant, chacun à sa manière, décideront de déséquilibrer la loi de la jungle instaurée depuis des lustres : Clive Owen (d’un magnétisme saisissant), Mickey Rourke (méconnaissable en grosse brute défigurée voulant venger la mort de la femme aimée) et Bruce Willis (cardiaque, ébranlé par une jeune fille, vulnérable). Malgré la cruauté de certaines images, il y a cette constante narration des pensées des personnages et l’illogisme implacable de leurs actions; il y a aussi les images informatisées (un produit québécois d’une qualité inédite), en noir et blanc, très léchées; avec ici et là une touche de rouge (les robes, les lèvres – étonnamment, le sang, lui, est blanc -), de même que le blond des cheveux, le bleu ou le vert des yeux. Sans contredit, l’aspect visuel du film est totalement époustouflant.
Certes, il y a des jambes et des bras coupés, des têtes tranchées, mais cela est fait d'une manière caricaturale, un peu à la Kill Bill, ce qui rend le tout presque humoristique. L’atmosphère, extrêmement bien rendue, est un mélange de futurisme et des années 40 (les voitures). Quoiqu’il en soit, on s’en imprègne : on frissonne dans la pénombre, on se sent enduit de crasse humaine, on hume presque le parfum de Goldie. Beaucoup plus qu’un vulgaire divertissement, ce film est une expérience cinématographique d’une grande qualité. Sin City est une beauté surréaliste, un spectacle visuel festif, un joyau rouge sang.
- (en vidéo) Carnets de voyage de Walter Salles, avec Gael Garcia Bernal, Mia Maestro, Jaime Azócar, Rodrigo De la Serna. Il s'agit du récit du voyage d'Ernesto "che" Guevara (alors étudiant en médecine) et de son ami Alberto Granado (biochimiste), à travers l'Amérique latine de 1952. Le film s'est inspiré à la fois des carnets de route du Che et du livre de Granado (Con el Che por Sudamerica). À mi-chemin entre le road movie et le récit initiatique, ce film met en scène deux jeunes hommes qui profitent de leur jeunesse et de leur liberté pour partir à la découverte de leur continent. Bien plus que des villes ou des gens, ils découvriront une réalité politique, sociale et économique qui donnera un sens à leur vie.
À éviter :
- Sahara, avec Penélope Cruz et Matthiew McConaughey. Malgré un scénario à la fois déficient et surchargé, la plus grande faiblesse de ce film reste sans contredit Matthiew McConaughey. Ce dernier interprète de façon assez médiocre un vrai héros américain, c’est-à-dire un ancien tireur d’élite au torse bronzé, aux biceps prédominants, à l’air suffisant légèrement arrogant, aux manières de casse-coup prenant des risques inconsidérés pour le plaisir de se faire tirer dessus, au comportement macho et au langage grossier. Bref, le parfait super héros moderne! Penélope Cruz, quant à elle, a presque un rôle de figuration : il s’agit de la belle qu’il faut sauver. Si le film présente de splendides images du Mali, particulièrement celles du désert, l’abracadabrante histoire racontée réunit une tonne de clichés : le dictateur africain, le riche industriel corrompu, la belle insouciante qui n’obéit qu’à ses principes profonds – soit l’altruisme et la quête de vérité -, le bouffon de service (l’acolyte du héros), etc. Les adeptes d’Indiana Jones apprécieront peut-être.
- Miss personnalité 2 : armée et fabuleuse, avec Sandra Bullock. Très très pâle copie du premier volet. Tout d’un coup, par enchantement, le personnage principal se retrouve dans le même état psychologique et physique que lors de la situation initiale du premier film, comme s’il n’y avait eu absolument aucune évolution. Miss univers est toujours aussi idiote, Sandra Bullock aussi gaffeuse et en perpétuelle métamorphose, il y a encore un crime lié au concours de miss, l’histoire d’amour est remplacée par une histoire d’amitié, l’agent du FBI (Bullock) perd encore toute sa crédibilité et doit continuer son enquête malgré des ordres contraires… Bref, un ramassis de déjà-vu dans un scénario bâclé. Ce n’est pas un petit film très appréciable pour se détendre; c’est, au mieux, un ennuyeux moment à passer; au pire, une perte de temps et d’argent, voire une autre preuve que les compagnies de production prennent vraiment les spectateurs pour des épais.
- Si vous connaissez quelqu'un qui a besoin d'acheter une bonne laveuse Maytag. J'en ai une qui a 6 ans et qui fonctionne à merveille. Je souhaite m'en défaire, car mon copain emménage à Verdun et je trouve que deux laveuses dans un appart, c'est trop! Gwladys: (514) 240-2460
- Bon anniversaire à Éric Tétreault qui a eu 35 ans cette semaine!
Les capsules de Guy Bertrand
- Il a été « échangé aux » Bruins de Boston.
Le verbe échanger ne s’utilise jamais avec la préposition à. On échange une chose CONTRE une autre ou on échange quelque chose AVEC quelqu’un. Dans la langue des sports, lorsque l’échange met en cause deux athlètes professionnels appartenant à deux équipes sportives distinctes, il faut utiliser la préposition contre. Par exemple, on dira : on a échangé le joueur X contre le joueur Y.
Lorsqu’un seul athlète est touché par la transaction, c’est le verbe vendre qu’il faut utiliser et non échanger puisque, dans ce cas, il s’agit d’une acquisition et non d’un échange. Dans l’exemple ci-dessus, si tel était le cas, on aurait pu dire : il a été VENDU AUX Bruins… Enfin, si on précise pas le type de transaction ou si on ne veut pas insister sur l’aspect commercial de la chose, on peut utiliser la locution verbale passer à. Dans l’exemple ci-dessus, on aurait pu dire : il EST PASSÉ AUX Bruins…
- Avez-vous le goût d’élaborer un peu là-dessus ?
Élaborer signifie préparer quelque chose avec soin et réflexion. La locution élaborer sur, par ailleurs, est un calque de l’anglais. Dans beaucoup de contextes, on peut remplacer élaborer sur par préciser, commenter ou expliquer. Dans l’exemple ci-dessus, on aurait également pu dire : pouvez-vous DÉVELOPPER VOTRE PENSÉE ?
- Mais moi, je m’ennuie, je m’endors.
S’endormir, c’est commencer à dormir. Par exemple, quand on dit qu’un enfant s’endort, on veut dire que l’enfant est en train de s’assoupir. Par contre, si on veut dire qu’on est fatigué ou qu’on se meurt d’ennui et qu’on ne pense qu’à aller se coucher, on ne doit pas dire je m’endors, mais plutôt J’AI SOMMEIL, JE TOMBE DE SOMMEIL ou JE TOMBE DE FATIGUE. Dans l’exemple ci-dessus, on aurait également pu dire : mais moi, je m’ennuie, JE DORS DEBOUT…

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