La vie devant moi

dimanche, mai 15, 2005

La vie devant moi - Vol.2 - numéro 8

Pensées de la semaine




"De nos jours, on vit de plus en plus vite et on meurt de plus en plus lentement... "
(Michel Sellier)

"Surmenons-nous, surmenons-nous pour vivre vite et mourir plus tôt. "
(Jules Renard)

"Le temps que l'on aime perdre n'est pas du temps perdu." (Anonyme)

"Ô temps, suspends ton vol! Et vous, heures propices, Suspendez votre cours! Laissez-nous savourer les rapides délices Des plus beaux de nos jours!" (Lamartine)

"On peut vivre jusqu'à 100 ans... si on se prive de tout ce qui fait qu'on a envie de vivre jusqu'à cet âge." (Woody Allen)

Saviez-vous que…?
Par Isabelle Ricard

(source: Marine Stewardship Council)

  • La consommation de poissons et de fruits de mer dans le monde a augmenté de 240 % depuis les années 60.

  • 47% des stocks mondiaux de poissons de mer commercialisés sont exploités à leur maximum, 15 % sont surexploités et 10 % sont épuisés ou en repeuplement lent.

  • Il y a plus de 200 millions de personnes au monde qui dépendent de la pêche pour se nourrir ou pour gagner leur vie. La moitié de ces personnes vivent dans les pays en voie de développement.

  • La production mondiale de pêche est de 131 milliards de dollars par année.

  • Le poisson le plus gros est le requin baleine (il pèse plusieurs tonnes et mesure une quinzaine de mètres).

  • Les experts estiment qu'il y existe 27 000 espèces de poissons.

Chronique du dromadaire

Ralentissez!
Par Caroline St-Jean

Fast food, fast forward, fast delivry, «envoye, dépêche, tu vas manquer ton autobus», 0 à 100 km en 4,5 secondes, «tasse-toi mon oncle!», Internet haute vitesse, trains à grande vitesse…Nous vivons dans une société où tout n’est que performance, où tout ce qui importe, c’est de tout réussir, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. En bout de ligne, tout le monde est à bout de souffle, stressé, au bord de la crise de nerfs. Plus les pays s’industrialisent, plus les humains qui y vivent courent après leur queue. Il serait grand temps que les gens respirent par le nez et ralentissent.

Dans la vie, tout ne se fait pas vite, je vous entends déjà évoquer les «quicky dans la Tercel», je vous le concède, de temps en temps, ce peut être revigorant, mais il y a aussi les grasses matinées, les câlins sous la couette, les longues siestes bienfaitrices, les baises infinies et les déjeuners au lit. Ce qui nous tient en vie, c’est la diversité. De nos jours pourtant, il ne semble plus y avoir qu’une seule vitesse, la cinquième, c’est bien dommage. Vous avez sans doute remarqué que la moitié des pubs vantent la puissance des bagnoles de plus en plus grosses, de plus en plus rapides. Pourtant, la plus rapide vitesse permise sur les autoroutes, c’est 100 km/heure. Je possède une vieille Ford Escorte 96 qui développe environ 88 chevaux. Eh bien, cette casserole roule facilement 130-140 km/heure, quand les conditions météorologiques le permettent. Si le ministère des Transports considère que 100 km/heure c’est assez rapide et plus sécuritaire, les constructeurs de voitures ne devraient pas mettre en marché des bombes qui circulent à plus de 200 à l’heure. Avez-vous déjà été surpris de voir apparaître dans votre rétroviseur une moto ou un T-Rex? Moi, cela m’est arrivé souvent. Je n’ai rien contre les bi ou tri-cycles, mais à la vitesse où ils roulent, ils entrent parfois dans notre champ de vision en un éclair. Lors d’un dépassement, sans faire exprès, j’ai déjà failli couper ce genre de véhicule, j’espère que leurs utilisateurs sont conscients qu’ils sont des dons d’organes sur deux roues!


Vraiment! il y a des endroits prévus pour la course automobile ou pour les courses de motocyclettes, alors, sur les autoroutes, les gens devraient lever le pied. De toute manière, ce peut être très agréable de rouler des heures à une vitesse qui permet d’écouter sa musique préférée, de contempler le paysage ou de régler le sort du monde avec les passagers. En ville, la vitesse, c’est encore plus dangereux. Les rues et boulevards, de plus en plus cabossés, nous obligent à louvoyer. Pourtant, la circulation est de plus en plus dense et les voitures doivent partager la chaussée avec des vélos, des rollers, des trottinettes; dès lors, plus on roule vite, plus les risques d’accidents augmentent. Qu’à cela ne tienne, même aux abords des parcs et des écoles, les gens ne respectent jamais les zones de 30 km/heure. Qu’avons-nous donc? un pétard dans le cul?

En Italie, il y a un bonhomme qui en avait marre de ce nouveau mode de vie où tout doit se faire toujours plus vite. Il a lancé un mouvement : le slow food. En plus de s’opposer au fast food, ce mouvement valorise l’utilisation de produits frais, de produits locaux ou du terroir, tout au moins, de produits qui ne sont pas fabriqués par des multinationales qui s’intéressent davantage aux profits qu’à la qualité et qui, bien souvent, proposent une nourriture au goût uniformisé, sucré, salé, gras. Cuisiner est l’un de mes passe-temps favoris. Quand on aime cuisiner et bien manger, on comprend assez vite que cela ne se fait pas rapidement. Les mets cuisinés, ce «confort food» qui lentement revient à la mode, les sauces longuement mijotées, les fonds si savoureux, cuisent lentement et longuement. Lorsque l’on comprend qu’il y a quelque chose de zen dans ces actions, faire les courses, couper les légumes, parer les viandes, on prend le temps qu’il faut pour les faire...et on y prend plaisir. Je sais qu’au quotidien, plus personne ne peut consacrer cinq heures à la préparation des repas, mais il y a quand même moyen de bien manger sans utiliser le téléphone et les surgelés, Mc Donald ou la pizzéria du coin. Avant de partir le matin, vous pouvez mettre dans le fond d’un chaudron épais, un gros oignon tranché, une ou deux carottes, des aromates, un peu de consommé de bœuf, un peu de vin rouge, vous déposez sur ce lit, un rôti de palette de bœuf ou de veau, vous enfournez à 200-250 degrés. À votre retour, vous n’aurez qu’à ajouter des pommes de terre, à cuire un légume vert vapeur et vous aurez un délicieux repas préparé en quelques minutes.

Même au cinéma, il faut que ça bouge. Il y a quelques semaines, je suis allée voir Le survenant. Je ne suis pas une maniaque du terroir, mais je crois que ces relectures ont un rôle à jouer, ne serait-ce que pour faire connaître une partie de notre littérature aux jeunes qui malheureusement, ne sont pas toujours de grands amateurs de lecture ; ne serait-ce que pour leur de permettre de savoir d’où ils viennent. Ce film dure environ 2 h 30. Il ne s’y passe pas grand chose, tout se déroule lentement, au rythme de l’époque. Plusieurs personne m’ont dit ne pas l’avoir apprécié justement en raison de sa lenteur. C’est dommage, la photographie est magnifique, la musique envoûtante, les dessins de Frédéric Bach poétiques. Le cinéma américain nous a sans doute habitué à de l’action, un découpage serré, des poursuites à la tonne et des meurtres en série, c’est dommage, ce style dont nous sommes imprégnés et qui conditionne notre regard critique, nous empêche d’apprécier d’autres sortes de film. Là encore, nous sommes en train de nous «uniformiser». Partout sur la planète, tout le monde écoute Céline, boit du Coke, mange du Mc do., joue au playstation, ne s’amuse que s’il s’agit d’un film en tête de liste du box-office mettant en vedette Nicole Kidman, Julia Roberts, Bruce Willis ou Jim –la grimace– Carey.

Vous préférez la littérature. Il existe de bons petits polars, pas compliqués, que l’on peut lire en quelques heures. Toutefois, si nous ne prenons pas le rythme des romans dans lesquels nous nous plongeons, nous passerons inévitablement à côté de grandes œuvres. Hugo, Flaubert ou Balzac ne se lisent pas vite ; et que dire de Proust? Même les sagas populaires tel Le goût du bonheur de Marie Laberge, il faut leur consacrer du temps, permettre aux personnages de prendre forme, laisser les images nous hanter.

Allez, ralentissez, de mon côté je vais aller flâner au marché, je vais réfléchir à la bouffe que je vais concocter ce week-end et en entrant à la maison, étant donné que pour la première fois en deux semaines, il fait soleil, je vais me servir une grande bière, dans un beau grand verre, je vais sortir une chaise longue sur le balcon, je vais m’étendre au soleil avec un bon livre et je vais laisser le temps couler. Et si je m’endors et que quelqu’un me surprend dans une fâcheuse position, un léger filet de salive à la commissure des lèvres par exemple, eh bien cet intrus saura que je sais prendre le temps de vivre.

Nous prendrons, le temps de vivre, d’être libre, mon amour…
(Georges Moustaki)

Crise d’identité

Par Isabelle Ricard

Le 20 mai 1980, j’avais à peine 4 ans. Il ne me reste donc aucun souvenir, de près ou de loin, du premier référendum sur la souveraineté du Québec. Pourtant, au cours des dernières semaines, alors que la télévision et la radio ont fait revivre l’époque référendaire de 1980, il m’est venu à la bouche un goût amer, âcre, comme si j’avais avalé quelque chose de travers il y a bien longtemps, et que ça me remontait soudain à la gorge. Je sentais cette espèce de hargne viscérale, de colère incompréhensible prête à se déverser sur quiconque aurait osé me dire à ce moment que le Québec ne sera jamais un pays. Je ne suis pas particulièrement impulsive ni déraisonnable, mais quand il est question de souveraineté, je n’ai pas envie d’argumenter avec ses opposants, j’ai envie de leur sauter dessus et de leur arracher la langue; comme ça, sans raison, sans logique, sans contrôle. Bien évidemment, je me retiens, je passe mon chemin ou je fais un effort surhumain pour contre argumenter. Mais je manque de moyens, je manque de mots, je ne connais pas bien mon histoire. Pas parce qu’elle ne m’intéresse pas ni parce que je n’ai jamais eu l’occasion de l’apprendre. Parce que j’en ai toujours eu peur. J’ai toujours eu ces espèces de haut-le-cœur en entendant le récit des Patriotes, par exemple.

En 1995, j’avais 19 ans et j’affichais avec arrogance toutes mes convictions. Je dessinais des fleurs de lys sur les murs du cégep, je me portais volontaire au kiosque du NON pour ensuite détruire tout leur matériel, je ne parlais que d’amour et de politique… et je me souviens très bien de ce deuxième référendum. Je me souviens de la sentence prématurée prononcée par Bernard Derome, je me souviens d’avoir sangloté toute la nuit comme si je vivais ma première peine d’amour. Se remet-on tout à fait d’un espoir déçu?

À cette époque, j’avais un professeur de français, un certain Louis Cornellier (maintenant chroniqueur au Devoir), qui lisait absolument tous les livres concernant les opposants à la souveraineté. Il disait qu’en politique, la meilleure façon de vaincre était de bien connaître son ennemi. Seulement voilà, je n’ai pas d’ennemi. Je n’ai que ce manque qui me bouleverse si j’y prête attention, que ce sentiment non identifiable qui m’empêche de me définir avec certitude, avec confiance. Ce je ne sais quoi de quasiment inné qui me fait redouter l’histoire future de mon pays plus encore que celle de son passé. Je suis complètement paralysée par la peur de ne plus pouvoir m’identifier à lui. J’ai beau dire que mon pays est le Québec, cela a autant d’effets que si je décidais de faire semblant d’être riche : cela ne berne personne, cela ne donne aucune satisfaction. Je ne peux pas non plus me résoudre à usurper l’identité d’une autre; je ne serai jamais canadienne : je suis athée, je suis pour le libre choix à l’avortement, je suis pour le mariage gai, je crois que les prêtres devraient pouvoir se marier et avoir des enfants, je suis contre la guerre, contre le bouclier antimissile, contre l’ALENA, contre une soumission aveugle aux quatre volontés de Monsieur Bush. De plus, je ne me sens aucun sentiment d’appartenance aux Rocheuses ni aux chutes du Niagara. Bref, je ne veux rien avoir en commun avec les contribuables canadiens. J’approche la trentaine, je sais d’où je viens et où je vais, je connais la langue que je parle et les valeurs qui m’habitent, mais je ne sais pas encore qui je suis, et cela ne dépend pas de moi.

Très bientôt, du moins c’est à espérer, il y aura une course à la direction d’un parti souverainiste (peut-être même deux). J’ai beau entendre les discours des membres du Parti québécois et ceux du Bloc, l’idée d’un référendum prochain et gagnant sonne faux et je ne vois pas vraiment quelle personnalité charismatique pourrait subitement soulever les passions patriotiques du peuple. Je ne sais plus si c’est moi qui suis désillusionnée ou si vraiment le rêve est condamné à l’oubli, mais je songe encore avec perplexité à ces paroles de Pierre Bourgault : de toute l’histoire de l’humanité, les Québécois sont le seul peuple à avoir librement dit non à son indépendance et à son identité.

Recette de la semaine

Pouding au pain d'Astrid

Ingrédients:

8 tasses de pain croûté sec
1 tasse de cassonade
4 tasses de lait
170 g de raisins secs
4 œufs
Cannelle
Sucre d’érable (ou sirop d’érable)

Étapes :

  • Faire chauffer le lait.
  • Mélanger les œufs, le sucre et la cassonade dans le lait chaud.
  • Ensuite, mettre les raisins secs dans le pain et badigeonner de cannelle et de sucre d’érable.
  • Cuire 1 h 30 à 335°F.


Les perles du MEQ

Par Isabelle Ricard

Encore une fois, cette année, j'ai le plaisir de corriger de fabuleuses copies de l'épreuve unique de français de 5e secondaire. Comme à mon habitude, je compte partager avec vous les meilleures citations que j'y ai puisées. Cette année, le MEQ (ministère de l'Éducation du Québec) demandait aux élèves de prendre position quant à la vente de l'eau du Québec à l'étranger. Je dois l'avouer avec un peu de déception, ce sujet n'amène pas une abondance de réflexions hilarantes (comme ce fut le cas lorsque la question concernait les standards de beauté). Toutefois, certaines phrases m'ont fait sourire (il paraît qu'il vaut mieux en rire!). Bonne lecture!

Futurs politiciens

  • Cela est certain et très probable... (on jurerait entendre Charest)
  • Le Québec, ainsi que d'autres pays sous-développés... (politicien fédéral)
  • Si on vendait notre eau, un vent d'argent soufflerait (politicien impliqué dans le scandale des commandites)
  • Nous pourrons sans doute faire du Québec une ville riche! (Coup dur pour ceux qui rêvent d'un pays)
  • Comme l'a dit le ministre Mulcair en état de crise et de manque d'eau... (Les ministres de Charest sont en train de perdre la tête)
  • Je tenterai de vous faire nager dans mes opinions. (Et aussi de noyer le poisson)
  • Tout le monde devrait avoir droit au même pied d'égalité.
  • Les États-Unis, experts en consommation, n'attendent que ça pour venir vider nos ressources (un paranoïaque).

Ils en fument du bon

  • Imaginez que vous n'avez plus d'argent et que vous avez soif. Vous rencontrez quelqu'un et lui demandez de vous donner de l'eau. Il accepte mais par contre vous devez lui lécher les bottes. Cette personne profite du fait que vous ayez soif afin de nettoyer ses bottes!
  • Les égoûts se verront privés d'eau, ce qui pourrait entraîner une hausse du taux de natalité des bactéries.
  • Les risques de démêlés entre la santé et l'environnement augmentent.
  • Pensez au nombre de fois où vous allez aux toilettes: c'est terrifiant!
  • Un article de Jean Fiawoumo, paru dans notre cahier de préparation... (Le cahier de préparation des élèves est en vente dans toutes les bonnes librairies)
  • Se brosser les dents, se laver ou vendre notre eau sont trois façons de gaspiller l'eau.
  • Quelques pays ne s'adressent même plus la parole.
  • Personne ne sait vraiment comment l'environnement va réagir à cette exportation.
  • En ce XXXIe siècle
  • Les Canadiens deviendront les Arabes du futur et les Québécois, les Saoudiens de l'avenir.
  • Les gouvernements tueront goutte par goutte les pauvres de ce monde.
  • Nous avons trois excellentes raisons de refuser: la progression alarmante de l'environnement, l'augmentation importante du socialisme et la hausse significative de la politique. (Ça donne le goût de lire le texte complet!)
  • Les petites rivières et la terre qui est verte décorent très bien notre planète.
  • L'eau est un bouillon essentiel.
  • La comparaison la plus évidente à faire serait une garderie de bactéries.
  • C'est comme une fête de bactéries sur notre corps.
  • L'eau est un peu comme du boeuf haché.
  • Les 34 000 personnes qui meurent chaque jour pourraient apprécier un peu plus la vie.
  • Nous payons très cher pour s'en procurer de la bonne! (Voilà, tout s'explique!)

Il me semble que ça sonne comme ça...

  • Chers membres de la dégrégation québécoise
  • Il faut cesser de laisser les industrie pomper dans nos mains.
  • La société de consommation occidentale est égocentrée.
  • Plusieurs conflits existent déjà dans le monde: plus de 30! (Il les a compté je crois)
  • En tierce lieu, élançons-nous sur l'aspect économique du sujet. (honnêtement, j'y suis plutôt allée de reculons)
  • En 2006 aura lieu le 4e Forum de la plus grosse ressource naturelle du Québec à Mexico.
  • Le Québec a un don qu'il faut garder pour ne pas risquer de tomber comme la goutte qui fait déborder le vase.
  • Cette idée n'a pas du tout tort.
  • La demande augmente alors que l'offre ne fait que rapetir.
  • La population des USA est passée de 7 à 14 millions d'habitants.
  • On devrait vendre l'eau portable à prix modique et avec livraison gratuite.
  • La pénurie d'eau est une des principales maladies... (Il doit être fort en bio)
  • Ne ne sommes pas constitués à 80% d'argent, mais de H2O.
  • Je tenterai de vous convaincre en vous soumettant à un extrait de texte. (Ce fut une vraie torture, j'ai été obligée de dire que j'étais convaincue)
  • J'ai la firme conviction
  • Certains pays ont du mal à s'hydrater ou à avoir une belle hygiène.
  • Il faut prévenir les gens qui abusent de cette goutte et leur donner des contraventions.
  • On nage vers la déshydratation.
  • J'espère que mon opinion vous aura éclairci.
  • Si on commercialise l'eau du Québec, l'eau embouteillée ne restera pas en arrière!
  • Sans l'eau, l'existence humaine se déssécherait à grand feu.
  • Cela fait saliver les gens sur cette ressource.

Tranche de vie

  • Je sais que les longues douches qu'on prend parfois sont luxurieuses. (Une tranche de vie d'adolescent)
  • En 2e temps, j'inceste à vous répéter le nombre de morts.
  • C'est accaparant de succomber à de telles révélations.

Les films

Par Isabelle Ricard

À voir :

  • La marche de l'empereur de Luc Jacquet, une narration de Romane Bohringer et Charles Berling. Dans la même lignée que Peuple migrateur, ce docu-fiction présente des images de l'Antarctique à couper le souffle . Au-delà des images et des renseignements intéressants que l'on y apprend sur le manchot empereur, l'histoire est touchante, sans longueur, et le film peut aisément être vu en famille. De plus, la magnifique musique d'Emilie Simon rythme les scènes et accentue l'émotion du spectateur (son style rappelle énormément Björk).

  • (en vidéo) Bienvenue en Amérique (In America) avec Samantha Morton (Rapport minoritaire) et Paddy Considine, coproduction irlandaise et britannique. Ce film raconte l'histoire d'une famille irlandaise qui immigre illégalement aux États-Unis pour y refaire sa vie après la mort tragique d'un des enfants. Le récit partiellement autobiographique est vraiment touchant et les deux petites filles sont extrêmement convaincantes dans leur interprétation.

  • (En vidéo) La peur du loup (The Woodsman) avec Kevin Bacon, Kyra Sedgwick et Benjamin Bratt. Adaptation de la pièce de théâtre de Steven Fechter, ce premier long métrage de la réalisatrice Nicole Kassell aborde un sujet délicat : la pédophilie. Bien que ce ne soit pas le premier film sur le sujet, l’originalité de celui-ci tient du point de vue adopté, soit celui du pédophile. Ce dernier, nommé Walter (interprété avec brio par Kevin Bacon) sort tout juste de prison (où il a purgé 12 ans pour agression sexuelle sur des fillettes) et il essaie tant bien que mal de mener une vie normale. Entre les visites d’un policier qui le surveille, ses séances avec le psychothérapeute et son travail, Walter essaie de devenir un homme normal. Par contre, l’objectif s’avère extrêmement difficile à atteindre : quand il n’est pas en train de lutter contre sa maladie, ce sont les sarcasmes, la méchanceté et le mépris de son entourage qui lui font la vie dure. Il n’a que ce qu’il mérite me direz-vous, mais l’interprétation de Kevin Bacon est si touchante, si poignante, qu’on est incapable de juger cet homme malheureux qui lutte désespérément contre lui-même.

  • (En vidéo) Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire (Lemony Snicket's a series of unfortunate events) avec Jim Carrey, Jude Law, Meryl Streep et Craig Ferguson. La première chose qui frappe lors du visionnement de ce film, c'est qu'il aurait très bien pu être réalisé par Tim Burton, tant l'univers présente des similitude avec Edward aux mains d'argent, Big Fish ou encore Sleepy Hollow. La deuxième chose qui surprend est que Jim Carrey y est parfaitement à sa place et, contre à toute attente, il y est très bon. Les amateurs de sombres contes de fées seront à coup sûr comblés par cette version cinématographique de l'oeuvre de Lemony Snicket. Pour finir, je dirais qu'il y a plusieurs idées originales et géniales dans le film: les dons de chacun des enfants Baudelaire, les sous-titres pour traduire les gazouillis du bébé, l'atmosphère gothique, les différents personnages joués par Carrey... À voir.

À éviter :

  • Nouvelle-France de Jean Beaudin, avec Noémie Godin-Vigneau, David La Haye, Gérard Depardieu, Vincent Perez, Sébastien Huberdeau, Monique Mercure et Isabel Richer. J’aurais bien voulu aimer cette fresque historique, d’abord parce qu’il s’agit de la première œuvre cinématographique québécoise sur le sujet (donc une réappropriation de son histoire par le Québec), ensuite parce que les événements sont inspirés de faits réels. Malheureusement, si l’on a déjà vu Séraphin, un homme et son péché (de Charles Binamé) et Cordélia (du même réalisateur que Nouvelle-France), l’intrigue de Nouvelle-France a comme un air de déjà-vu plutôt agaçant. De surcroît, malgré une mise en scène travaillée, une musique et des images savamment mises de l’avant pour susciter chez le spectateur une panoplie d’émotions, celles-ci ne sont pas au rendez-vous. Noémie Godin-Vigneault a beau écarquiller ses grands yeux bleus tristes, David La Haye se consumer d’amour ou de chagrin pour sa belle, Depardieu se confier tardivement à la veille de sa mort, toutes ces scènes nous laissent froids. Il n’y a que la jeune actrice jouant la fille de Noémie Godin-Vigneault qui nous arrache presque quelques larmes.

Les capsules du Guy Bertrand

  • Élève, écolier ou étudiant?
    Un élève est une personne qui étudie dans un lieu d'enseignement non spécifique. Le mot écolier désigne les enfants de l’école primaire et le mot étudiant désigne exclusivement les personnes qui vont à l’université. À la polyvalente et même au cégep (ou dans les établissements équivalents des autres provinces), on est ÉLÈVE et non pas étudiant. Au Québec, on a tendance à tolérer l’utilisation du mot étudiant pour désigner les élèves du cégep. Par contre, quoi qu’en disent les jeunes, on est encore élève au niveau secondaire!

  • Il faudra mettre l’emphase sur la prévention.
    Ce vieux calque de l’anglais refait surface. En français moderne, dans son acception la plus courante, le mot emphase est synonyme de grandiloquence et d’affectation. Par exemple, une personne qui parle avec emphase parle avec une prétention un peu ridicule. La locution anglaise to put the emphasis on se traduit par METTRE L’ACCENT SUR ou INSISTER SUR.

  • Les gagnants de ce prix endisquent trop rapidement…
    Le verbe endisquer est considéré comme un barbarisme. On n’endisque pas des chansons. D’ailleurs on ne dirait jamais qu’on encassette ou qu’on enrubanne des chansons! Pour désigner le fait d’enregistrer un disque, il suffit simplement de dire qu’on ENREGISTRE ou qu’on FAIT UN DISQUE. Dans l’exemple ci-dessus, compte tenu du contexte, il aurait été plus précis de dire Les gagnants de ce prix ENREGISTRENT LEUR PREMIER DISQUE trop rapidement…, Les gagnants de ce prix SONT TROP PRESSÉS D’ENREGISTRER LEUR PREMIER DISQUE ou Les gagnants de ce prix N’ATTENDENT PAS SUFFISAMMENT AVANT D’ENREGISTRER LEUR PREMIER DISQUE